Deux personnes blessées après une attaque à l'arme blanche près des anciens locaux de Charlie Hebdo

Deux personnes ont été blessées, dont une grièvement ce vendredi 25 septembre, près des anciens locaux de Charlie Hebdo, dans le XIe arrondissement de Paris. Sept gardes à vue étaient toujours en cours samedi matin.

Quatre personnes ont été blessées dans cette attaque.
Quatre personnes ont été blessées dans cette attaque. © Alain JOCARD / AFP
Une attaque a eu lieu ce vendredi 25 septembre en fin de matinée à Paris. L'arme utilisée est une feuille de boucher. Deux personnes ont été blessées selon une source policière. Leur pronostic vital n'est pas engagé. Un bilan revu à la baisse, initialement porté à quatre personnes blessées dont deux gravement.

L'agression a eu lieu rue Nicolas Appert, où se trouvaient les locaux de Charlie Hebdo.
Une intervention de police était en cours vendredi dans le XIe arrondissement de Paris, dans le secteur du boulevard Richard-Lenoir, selon la préfecture de police, qui conseillait d'éviter le secteur. La BRI était mobilisée sur place.

Sur franceinfo, Elise Lucet, présentatrice de l'émission Cash Investigation (France 2), a affirmé que "deux de nos collaborateurs avaient été blessées par l'assaillant. Une troisième l'a vu armé dans la rue, armé d'une lame extrêmement saillante", précisant qu'il s'agissait de personnes travaillant pour la société de production Premières Lignes.

"Deux collègues fumaient une cigarette en bas de l'immeuble, dans la rue. J'ai entendu des hurlements. Je suis allée à la fenêtre et j'ai vu un de mes collègues, taché de sang, être poursuivi par un homme avec une machette dans la rue. On sait que nos deux collègues sont blessés, mais nous n'en savons pas davantage pour le moment", a expliqué une salariée de l'entreprise.
 

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Les secours rue Nicolas Appert après l'attaque perpétrée ce vendredi ©France 3 Paris Ile-de-France

Un suspect a avoué

Deux individus porteurs d'arme blanche ont été initialement interpellés et placés en garde à vue. Le principal suspect de l'attaque est un homme de 18 ans né à Islamabad, au Pakistan, qui se trouve en situation régulière sur le territoire français. Il a été arrêté peu après les faits, près de l'Opéra Bastille, le visage couvert de sang. Il est connu des services de police pour port d'arme prohibé. Interrogé l'homme a avoué les faits.

Le deuxième a été interpellé au niveau du métro Richard-Lenoir, non loin du lieu des faits. Sa garde à vue a été levée vendredi soir, dans la nuit.

Six autres personnes étaient toujours en garde à vue samedi matin. Les forces de l'ordre ont notamment interpellé un colocataire du pincipal suspect, à Cergy (Val d'Oise), dans un ancien logement du mis en cause. Cinq autres interpellations ont par ailleurs été menées à Pantin (Seine-Saint-Denis), au niveau du domicile du principal suspect.
 
Une enquête a été ouverte pour tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste criminelle a annoncé le procureur de Paris. Le parquet national antiterroriste (Pnat) a été saisi. Le Premier ministre, Jean Castex, et le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, se rendent sur place, rue Nicolas Appert. Après une analyse du laboratoire de la préfecture de police, il n'y a pas de colis suspect près des anciens locaux de Charlie Hebdo. Un périmètre de sécurité élargi a été établi.

Le maire du secteur Paris Centre, Ariel Weil a lui indiqué que "cinq écoles du XIe arrondissement et toutes les écoles des 3e et 4e arrondissements ont été confinées. Ça représente des milliers d'élèves, de la crèche au lycée. On se met en sécurité. On est en train de fermer les équipements municipaux et les gymnases aussi". Les établissements scolaires ont finalement été déconfinés entre 15h et 16h30. 

Les habitants de l'immeuble où a été perpetrée l'attaque ont été évacués dans un bus de la RATP. 
 
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Des habitants évacués à bord d'un bus de la RATP ©FRANCETV

 

Procès des attentats de Janvier 2015

Une attaque qui a lieu alors que 14 personnes (dont trois absentes et visées par un mandat d'arrêt) sont jugées par la cour d'assises spéciale de Paris depuis début septembre. 

Toutes sont soupçonnés – à des degrés divers – d'avoir apporté un soutien logistique aux frères Saïd et Chérif Kouachi et à Amedy Coulibaly.

La surveillance rapprochée de certains journalistes de Charlie a été renforcée ce jeudi. Cela a été le cas de Yannick Haenel qui couvre le procès pour Charlie Hebdo et qui n'avait pas de surveillance jusqu'à présent.
 

Nombreuses réactions politiques

De nombreuses personnalités politiques ont réagi suite à cette attaque. La présidente (Libres!) de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, s'est dite "Extrêmement choquée par l'attaque meurtrière à proximité des anciens locaux de Charlie Hebdo, dans un arrondissement de Paris qui a déjà payé un lourd tribut à la violence terroriste. J'apporte tout mon soutien aux forces de l'ordre qui traquent en ce moment l'auteur des faits !".

David Belliard, adjoint (EELV) à la mairie de Paris, parle lui d'une "agression terrible vient d'avoir lieu près des anciens locaux de Charlie Hebdo. Les suspects sont toujours en fuite, soyez prudents et évitez le secteur Bastille/Richard Lenoir. Tout mon soutien aux victimes, à leur proches et aux forces de l'ordre dans cette épreuve".

La maire (LR) du VIIe arrondissement de Paris, a regretté une "terrible attaque dans un arrondissement Paris 11 déjà meurtri à plusieurs reprises. J'adresse tout mon soutien aux victimes, à leurs familles, et aux forces de l'ordre mobilisées sur le terrain. La sécurité est la 1ère des priorités, cette nouvelle tragédie nous le rappelle".
 
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