Pollution de l'air : Paris crée une carte en ligne pour connaître le niveau de particules fines

La capitale lors d’un pic de pollution aux particules fines, en février 2019. / © IP3 PRESS/MAXPPP
La capitale lors d’un pic de pollution aux particules fines, en février 2019. / © IP3 PRESS/MAXPPP

La Ville lance ce mardi une carte en ligne actualisée toutes les heures permettant de connaître au jour le jour le niveau de pollution dans l'air, notamment celui des particules fines.

Par France 3 Paris IDF / AFP

La météo, version pollution. Anne Hidalgo (PS), la maire de Paris, doit annoncer ce mardi la mise en ligne d'une cartographie en ligne pour connaître le niveau de pollution de l’air ; et ce chaque jour, la veille pour le lendemain ou sur les sept derniers jours.

L’outil, actualisé toutes les heures, permet de mesurer les niveaux de dioxyde d'azote (NO2), ozone (O3), particules fines (PM10 et PM2,5). Les données utilisées proviennent des relevés effectués par Airparif et du système Pollutrack : un dispositif lancé il y a près de deux ans par Airparif, PlanetWatch24, Enedis et la Fondation du Souffle, qui s'appuie sur quelque 400 véhicules – munis de capteurs – en circulation dans les rues de la capitale.
A terme, les mesures recueillies grâce aux mini-stations Bloomberg, installés dans 50 établissements scolaires parisiens, pourront de la même manière être utilisées pour confectionner la cartographie en ligne de la Ville.

« Plus il y aura de l'information, plus les gens seront informées et plus ils agiront »

L’annonce de la carte survient à la veille de la journée mondiale de la qualité de l'air, prévue mercredi. « Nous faisons le choix de la transparence, de l'innovation et de l'action concrète pour limiter les sources de pollution », avance l'adjointe à la maire de Paris chargée de la Transition écologique, Célia Blauel.
« C'est une très bonne chose de montrer ce qui se passe », se réjouit de son côté Franck-Olivier Torre. Délégué général de l'association Respire, ce dernier est convaincu que « plus il y aura de l'information, plus les gens seront informées et plus ils agiront ». Il juge ceci dit que les mesures ne vont pas encore assez loin :

Les particules ultra-fines PM1 et PM0.1 ne sont elles pas mesurées, parce qu'il n'y a pas de réglementation. Mais il semble qu'elles augmentent.

« Toutes ces pollutions sont causées par le trafic automobile notamment », explique par ailleurs Franck-Olivier Torre. Il regrette que les autorités n'aillent pas plus loin que la ZFE (Zone à faible émission) en vigueur en région parisienne ; un système qui donne des autorisations aux voitures de circuler ou non, sur certains créneaux, en fonction de leur ancienneté et leur degré de pollution.

« 1 100 morts prématurés par an »

Le responsable de l’association juge le système comme étant « un bon début » mais « imparfait ». « Il faut en réalité encourager les mobilités douces actives (trottinettes, vélos...) et les transports en commun », estime-t-il, convaincu qu’il ne faut pas encourager au remplacement de véhicules anciens par de nouveaux, qui ne sont pas nécessairement moins polluants d’après lui.
A Paris, les émissions polluantes aux oxydes d'azote (NOx) des voitures diesel, mêmes des modèles les plus récents, sont au-dessus des normes prévues par l'Union européenne, d’après une étude dévoilée la semaine dernière par l'association environnementale ICCT. « En Europe, plus de 11 000 personnes meurent prématurément chaque année à cause des émissions de dioxyde d'azote des moteurs diesel dépassant les niveaux des normes » selon l'ONG et « à Paris et sa métropole, c'est 1 100 morts prématurés par an ».
 

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