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Portraits profanés de Simone Veil : l'artiste C215 refuse de “les laisser faire ça”

L'artiste C215 (à gauche) a réagi à propos d'inscriptions antisémites sur des portraits qu'il avait peint sur des boîtes à lettres. / © AFP
L'artiste C215 (à gauche) a réagi à propos d'inscriptions antisémites sur des portraits qu'il avait peint sur des boîtes à lettres. / © AFP

Des inscriptions nazies ont été découvertes sur deux portraits de Simone Veil peints sur des boîtes aux lettres de la mairie du XIIIe arrondissement de Paris. L'artiste C215 annonce qu'il les restaurera mardi 12 février.

Par Marion David

Il y a un an, le street-artiste C215 avait fait cet hommage "bénévolement, et fièrement". Alors qu’il exposait au Panthéon une série de portraits des personnes qui y sont inhumées, le maire du XIIIe lui avait commandé cette révérence.
Ce lundi matin, il a été "immensément attristé" de découvrir les inscriptions antisémites sur les deux boîtes aux lettres où le portrait était peint. L'artiste ne s’est pas senti visé personnellement. En revanche, il est attristé "en pensant à la famille Veil, à la communauté juive, aux femmes aussi, dont Simone Veil a défendu les droits, à l’amitié franco-allemande dont elle a été une fervente actrice."
 

L’œuvre sera restaurée mardi

Le pochoiriste est décidé et déterminé : "comme je suis un artiste, je vais le restaurer demain [mardi 12 février, ndlr]. J’ai refusé qu’il soit effacé. Je vais le recommencer et s’il était détruit mille fois, je le recommencerai mille fois."

En tant que citoyen plus qu’en tant qu’artiste, il ne souhaite pas "les laisser faire ça" et refuse "de faire l’autruche". Cela doit participer à un consensus autour de la réprobation de ces actes.

L’artiste estime qu’il est important "que les gens voient, qu’ils comprennent encore une fois que cette abjection a existé" pendant le court temps où les croix gammées seront visibles. C’est pour cela qu’il a refusé, après discussion auprès de la mairie, qu’elles soient effacées et qu’il préfère la restaurer.
 

"Ce ne sont pas des tags !"

Toute la journée, Christian Guémy alias C215 a vu et entendu le terme "tag". Il veut rétablir cette erreur : "Ce n’est pas un tag, nous ne sommes pas dans un univers de rue. Ce sont des inscriptions antisémites. Ce sont des croix gammées sur le portrait d’une rescapée de la Shoah."

Selon lui, il s’agit d’une agression. Elle vise à créer un climat d’insécurité. La Poste et la Mairie ont porté plainte et cela le satisfait. C215 veut montrer un front uni, une "détermination collective" face à ces actes. Il ne veut surtout pas qu’ils soient banalisés. 
 
Ce n’est pas la première fois qu’une œuvre de l’artiste graffeur subit des outrages antisémites. Déjà, en janvier 2015, des moustaches d’Hitler avaient été dessinées sur trois portraits d’auteurs de Charlie Hebdo, peints en hommage après les attentats. Il s’agissait, là encore, d’une œuvre citoyenne. 
 

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