Procès des agresseurs de Clément Méric : une nouvelle expertise médicale et la version des "antifas"

Quatrième jour de procès des trois skinheads soupçonnés d'avoir portés des coups mortels à Clément Méric. Les témoignages notamment ceux des trois militants antifacistes et une nouvelle expertise médicale ont étayé la thèse de l'usage d'un poing américain pour frapper Clément Méric.  
Hommage à Clément Méric par des militants place Saint-Michel, le 3 septembre 2018.
Hommage à Clément Méric par des militants place Saint-Michel, le 3 septembre 2018. © Thomas SAMSON / AFP
La puissance des coups, l'usage d'un poing américain. Les témoins ont livré leur version des faits cinq après la bagarre mortelle. Des souvenirs parfois contradictoires par rapport aux dépositions. L'un des témoins avait déclaré que le porteur du poing américain avait un tatouage au niveau du coude, une toile d'araignée. Désignant Samuel Dufour de fait. Une version contestée par ce dernier. Il déclare s'être battu avec Matthias Bouchenot. Un autre homme est "persuadé d'avoir vu un coup de poing américain" lors de la bagarre. Des témoignages devenus flous et confus. ​​​​Une femme de 36 ans qui était dans la rue ce jour-là peine à restituer ce qu'elle a vu :"C'était il y a 5 ans, la mémoire flanche ".

L'autre analyse d'un expert médical 

Clément Méric a-t-il été frappé avec poing américain? L'usage de cette arme est l'une des questions centrales de ce procès. Un deuxième expert médical était à la barre. Sur la base d'autres clichés, comme un scanner qui révèle d'autres lésions, il affirme que Clément Méric aurait reçu au moins trois coups de poing. Pour lui, « il n’est pas possible d’exclure l’utilisation d’un objet métallique » mais « il n’y a pas de lésion spécifique. » Les bagues portées au moment des faits par Samuel Dufour auraient-elles pu provoquer les lésions constatées sur le visage de Clément Méric?  Samuel Dufour avait des bagues mais affirme n'avoir jamais frappé Méric. Les témoins qui le désignent le confondent visiblement avec Morillo.

La version des "antifas"

Steve Domas, militant antifasciste, fut le premier pris dans la bagarre. Il a reconnu avoir déclaré lors de cette vente privée en croisant le groupe de skinheads « Alors les nazis viennent faire leur courses ». Selon lui « c’était de la moquerie. On est ressorti juste après... mais je suis embêté car c’est flou, c’est vraiment flou. » Lorsque la présidente lui demande pourquoi ils ont attendu au pied de l’église ? « On a attendu que les nazis sortent pour que Clément aille faire ses courses. On voulait remonter (à la vente privée). » Mais aucune intention d'en découdre  "Y avait une certaine naïveté par rapport à ce qui allait se passer. Y avait eu un échange de mots on pensait que ça allait en rester là. »
Aurélien Boudon et Matthias Bouchenot ont également été entendus. Pour le premier, "Clément Méric a été tué parce que c’était un militant antifasciste et antiraciste". Le second a, quant à lui, affirmé que deux skinheads étaient armés de poings américains.
Le principal accusé, Esteban Morillo, a reconnu avoir porté deux coups, à mains nues, à Clément Méric, dont le coup qui l'a fait s'écrouler
sur la chaussée.
 
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