Un soir à Paris : une Opérette solidaire et un Dom Juan transformé en clown blanc, deux spectacles à retenir ce week-end

La Grande Duchesse de Gérolstein par les chanteurs des Tréteaux Lyriques au Théâtre du Gymnase et la pièce Dom Juan d’après Molière, revisitée en cabaret loufoque au théâtre de la Cité Internationale. Voici la sélection des sorties culturelles proposée par la rédaction.
 

« La Grande Duchesse de Gérolstein » d’Offenbach
« La Grande Duchesse de Gérolstein » d’Offenbach © F3IDF
Pour l’amour d’Offenbach et la solidarité, les chanteurs bénévoles des tréteaux lyriques sont à l’affiche de « La Grande Duchesse de Gérolstein ». Une opérette à découvrir au théâtre du Gymnase, dont les bénéfices sont reversés à des associations caritatives.

Depuis cinquante et un ans, l’association des Tréteaux Lyriques soutient bénévolement la promotion de l'art lyrique. Tous les deux ans, elle fait revivre le meilleur du répertoire oublié des opéra-bouffes à la française, en produisant un spectacle dont l'intégralité des bénéfices est reversé à des œuvres humanitaires. Cette année, c’est « La Grande Duchesse de Gérolstein » d’Offenbach qui tient l’affiche au théâtre du Gymnase. Pour limiter les coûts, les costumes et les décors sont fabriqués par des partenaires solidaires « que ce petit monde se réunisse autour d’un projet commun pour des œuvres caritatives, derrière, et travailler dans l’univers du spectacle, c’est féérique, beau et réjouissant » explique Antoine de Tilly, chanteur bénévole et membre des tréteaux lyriques.

J’avais peur que le spectacle soit trop amateur, en fait c’est top 


Depuis le mois d’octobre, la quarantaine de chanteurs amateurs qui constitue l’âme du chœur est en répétitions régulières. Dirigés par des professionnels du chant et de la mise en scène, les bénévoles travaillent avec des objectifs de résultats et une qualité exigeante. Pas question pour eux, de faire dans le bas de gamme. Le public d’ailleurs ne s’y trompe pas « c’est gai, c’est drôle et bien chanté » déclare une femme dans le public. Pour une autre « ils sont talentueux, je viens voir leur spectacle tous les deux ans ». Programmée pendant trois semaines au théâtre du gymnase, l’opérette proposée par les tréteaux lyriques attire un large public. Entre 400 et 500 personnes en moyenne par soir. Félicitation ! Par ces temps de grève, où les déplacements sont compliqués, cette fréquentation est à saluer.

« La Grande Duchesse de Gérolstein » d’Offenbach par les Tréteaux Lyriques, jusqu’au 2 février au théâtre du Gymnase. Paris 10ème
 
"Dom Juan ou le Festin de pierre" jusqu’au 15 février au théâtre de la cité Internationale. Paris 14 ème
"Dom Juan ou le Festin de pierre" jusqu’au 15 février au théâtre de la cité Internationale. Paris 14 ème © F3IDF


Dom Juan ou le Festin de Pierre est à l’affiche du théâtre de la Cité Internationale dans le 14ème arrondissement. Librement adaptée de Molière, la pièce à l’atmosphère cabaret présente un Dom juan loufoque aux allures de Clown.

Plus qu’un séducteur, Dom juan est un prédateur

Le décor de la pièce est grandiose, élégant et pose les choses. Esthétiquement proche de la bande dessinée, l’univers dans lequel évolue le célèbre séducteur de la littérature ressemble davantage à un cabaret burlesque qu’à une maison bourgeoise de l’époque. Dom juan apparait sous les traits d’un clown blanc aux cheveux rouges qui contrairement à Casanova, n’aime pas séduire. Pour Lorenzo Malaguerra, directeur artistique de la pièce « Dom Juan veut obtenir ! Une fois qu’il a… l’objet de sa possession ne l’intéresse plus. C’est plutôt un prédateur, en fait, qu’un séducteur ». Un prédateur qui préfigurerait le mouvement Me Too et Molière en précurseur « Molière met en relief les relations de pouvoir qui existent entre les hommes qui dominent et les femmes qui subissent » poursuit-il.

C’est une tragédie, et toutes les grandes tragédies sont comiques


« Et ce sont le même genre de relations entre les maitres et les serviteurs, entre ceux qui ont le pouvoir et ceux qui ne l’ont pas ». Pour jouer le décalage, la pièce est construite comme le film « Titanic ». L’ambiance est festive et joyeuse, emmenée par un orchestre qui distrait alors que le drame pointe. Jusqu’à ce que tout coule. L’orchestre continue à jouer. Pour Jean Lambert-Wild qui interprète Dom Juan et signe l’adaptation « C’est un grand texte qui permet au théâtre de s’exprimer. C’est une tragédie, et toutes les grandes tragédies sont comiques. Et comme les grands textes, il nous apprend du monde et de nous-même ». Présenté au théâtre de la cité Internationale, ce Dom juan un peu hors norme dans sa mise en scène surprend mais respecte l’esprit du texte original.

« Dom Juan ou le Festin de pierre » jusqu’au 15 février au théâtre de la cité Internationale. Paris 14 ème   
 
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