Où sont les plus hautes tours d’habitation à Paris ?

Tours d'habitation du quartier chinois des Olympiades, dans le 13ème arrondissement. / © PHOTOPQR/LE PARISIEN
Tours d'habitation du quartier chinois des Olympiades, dans le 13ème arrondissement. / © PHOTOPQR/LE PARISIEN

Alors qu’un incendie spectaculaire a causé plusieurs morts et de nombreux blessés à Kensington, à Londres, la hauteur de la tour ravagée par les flammes impressionne. A Paris, où se situent les plus grands immeubles d’habitation ?

Par Pierre De Baudouin

Une armée de 200 soldats du feu et 40 camions de pompiers, opposés à un mur de flammes. Déclenché en pleine nuit ce mercredi, un incendie meurtrier a ravagé la Grenfell Tower : une tour d'habitation de 27 étages du quartier de North Kensington, à Londres.
Outre des gratte-ciels de bureaux comme Montparnasse, Paris compte aussi de nombreuses tours d’habitation.

Si en Île-de-France - et même en France tout court - le bâtiment le plus haut abritant des logements culmine à Puteaux (la Tour Défense 2000), les immeubles d’habitation ont été construits en nombre à Paris intra-muros, dans les années 1970.

Quartier des Olympiades, Tour Prélude, Tour Boucry...

La tour Prélude et ses 236 logements pointent à 123 mètres de haut, rue Archereau dans le 19ème arrondissement :
  1. Tour Prélude (1979, 19ème) : 123 mètres et 39 étages
  2. Tour Super-Italie (1974, 13ème) : 112 mètres et 39 étages
  3. Tour Fugue (1972, 19ème) : 108 mètres et 33 étages
  4. Tour Giralda (1975, 20ème) : 105 mètres et 36 étages
  5. Résidence Antoine et Cléopâtre (1974, 13ème) : 104 mètres et 38 étages

Où sont les plus hautes tours d’habitation à Paris ?

Dans le 18ème arrondissement, la Tour Boucry impressionne aussi avec ses 29 étages, ses 500 logements, et 1.500 habitants.

Pour construire à Paris, les règles sont strictes. Le plan local d'urbanisme, adopté en 2006, limite le gabarit des immeubles. Dans les arrondissements centraux, la hauteur maximale va de 18 à 25 mètres, contre 31 ou 37 mètres à la périphérie.

Mais des dérogations peuvent être accordées. En 2011, le Conseil de Paris autorise le projet Home dans le 13ème, à proximité du quartier chinois des Olympiades, connu pour ses huit tours de 104 mètres et de 36 étages.

Anne Hidalgo et l'aggrandissement de Paris par le haut

Les deux tours Home, inaugurées en 2015. / © IP3 PRESS/MAXPPP
Les deux tours Home, inaugurées en 2015. / © IP3 PRESS/MAXPPP
Les deux tours Home (16 et 13 étages) sont les premiers immeubles de logement hauts de 50 mètres intra-muros, depuis les années 1970.

Premier à bénéficier du « déplafonnement » des hauteurs de construction, Home marque le retour des grandes tours de logement, avec également celles du quartier Clichy-Batignolles dans le 17ème.

Un agrandissement de Paris par le haut voulu par Anne Hidalgo. Travail sur l’esthétique, respect des normes écologiques… La maire voit dans les tours d’habitation une solution possible au problème du logement.

Mais comme chaque projet d’immeubles de grande hauteur dans la capitale, la polémique n’est jamais loin.

Côté bureaux, la fameuse tour Triangle et ses 180 mètres au-dessus du parc des Expositions dans le 15ème, est relancée malgré de nombreuses contestations.

Les immeubles d’habitation, plus vulnérables aux incendies ?

Vu les images impressionnantes de l’incendie londonien, la sécurité dans les tours de logement peut poser question. Pourtant, aucune raison de s’inquiéter selon Gabriel Plus, porte-parole des sapeurs-pompiers de Paris : « Normalement, on a moins de risque d’incendie dans ces immeubles, les dispositifs de sécurité sont très stricts. Dans chaque tour d’habitation, il y a obligatoirement un poste de sécurité au rez-de-chaussée. En cas de sinistre, l’alarme est déclenchée plus rapidement, les portes coupe-feu également. » Colonnes d’eau, étages touchés, mais aussi nombre d’habitants concernés : les équipes en intervention ont accès à plus de renseignement.

Et si les casernes à proximité connaissent parfaitement le plan des bâtiments, la population est aussi sensibilisée : interdiction de stocker sur les balcons, et surtout aucun encombrement dans les couloirs et les escaliers. Le risque de propagation est aussi réduit : « La structure des immeubles fait que chaque appartement est en quelque sorte une boîte compartimentée. Lorsque les pompiers agissent, ils n’ont pas besoin d’évacuer tous les niveaux. » Depuis 2012, les tours font l’objet d’un suivi particulier, tous les trois ans. Et pour les plus vétustes, la vérification est répétée chaque année. Enfin comme dans toutes les habitations, les détecteurs de fumée sont obligatoires dans les appartements des immeubles de grande hauteur. Pas de risque zéro donc, mais aucune raison de s’alarmer outre mesure.

 

A lire aussi

Sur le même sujet

Journée de chasse en Seine-et-Marne

Près de chez vous

Les + Lus