Terrasses éphémères taxées à Paris : les restaurateurs craignent une "deuxième claque"

Mardi, Olivia Polski, l'adjointe chargée du commerce à la mairie de Paris avait évoqué l'idée de rendre payante les terrasses éphémères, à partir de fin juin. "La décision n'est pas prise", temporise ce mercredi, la maire de Paris, Anne Hidalgo.

© Christophe ARCHAMBAULT / AFP

Alors que la Ville souhaite mieux encadrer les extensions de terrasses permises depuis le printemps 2020. La question de savoir si celles-ci deviendront payantes pour les restaurateurs n'est pas tranchée. "La décision n'est pas prise", a assuré la maire de Paris Anne Hidalgo ce mercredi sur franceinfo. Mais "il faudra bien que la ville puisse retrouver des recettes", a prévenu l'édile. 

La ville de Paris a investi 200 millions d'euros pour soutenir les commerçants et les entreprises, a-t-elle rappelé. Le revers de cet investissement c'est le fait "que nous n'ayons pas perçu les recettes liées à ces terrasses. Il faudra bien que la ville puisse retrouver des recettes. Qui va payer ? Pour l'instant c'est la ville qui paye, et j'entends bien demander à l'Etat des compensations notamment sur toutes ces recettes que nous n'avons pas pu percevoir et qui sont directement liées au soutien de l'activité liée au Covid-19", a souligné la maire de Paris. "Ce qui est sûr, c'est que nous allons pérenniser les terrasses éphémères", a-t-elle indiqué. 

Les restaurateurs très affectés par la crise sanitaire attendent des réponses claires

Arnaud de Broglie, restaurateur à Paris est partagé sur la réouverture prochaine des restaurants. "À Paris, on est dubitatif quand on voit le taux d’incidence élevé sur la capitale, on se demande si une réouverture prochaine est envisageable". "Ouvrir les restaurants alors que les urgences sont pleines, tout ça n’est pas très clair", insiste le restaurateur.

 

Il faut savoir qu’au mois de mai l’an dernier on a rouvert notre terrasse, il a fait beau pendant trois jours et ensuite il a plu, les terrasses ont été désertées par les consommateurs.

Arnaud de Broglie, restaurateur à Paris

Payer l'emplacement de la terrasse, pour lui, c’est la deuxième claque. "Il faut savoir qu’au mois de mai l’an dernier on a rouvert notre terrasse, il a fait beau pendant trois jours et ensuite il a plu, les terrasses ont été désertées par les consommateurs".

Même discours pour Charles Perez, restaurateur qui souhaite avoir des perspectives plus claires sur le long terme. "On paye 2000 € de loyer", explique-t-il "et si on me dit que demain on payera 300 ou 400 cents euros de droits de terrasse en plus, Les charges fixes ne sont plus du tout les mêmes, la rentabilité non plus. Payer pour la terrasse, c'est quelque chose que l’on doit anticiper".

Paris veut mieux encadrer l'extension des terrasses

Olivia Polski, adjointe à la mairie et en charge du dossier, souhaite elle aussi établir un cadre précis. "Si on veut mieux contrôler mais aussi mieux réguler les terrasses éphémères à la fois d’un point de vue esthétique mais aussi du point de vue des nuisances sonores il faut que ce soit intégré dans le cadre d’un règlement", confirme-t-elle.

"Il faut qu’on arrive à trouver un équilibre pour que les choses se passent le mieux possible avec les riverains. C’est-à-dire que les restaurateurs puissent exploiter économiquement leur terrasse mais aussi entendre la demande des riverains à pouvoir dormir tranquille".

Des concertations sont en cours avec les syndicats patronaux de l'hôtellerie-restauration (Umih, GNI, SNEG) 

"Historiquement on a obtenu les terrasses éphémères l’an dernier à la sortie du premier confinement. Aujourd’hui il y a environ 9 000 terrasses qui ont été déclarées à la mairie", rappelle Franck Delvau, le président de l’union des métiers et des industries de l’hôtellerie d'Ile-de-France (l’Umih).

Depuis quelques semaines, les responsables des syndicats patronaux de l'hôtellerie-restauration sont en discussion avec Olivia Polski sur la pérennisation de ces terrasses. "On est tout à fait d’accord pour que les terrasses éphémères soient réglementées, à la fois sur l’esthétique, sur les horaires, mais aussi qu’à terme elles soient payantes", ajoute Franck Delvau. "Ce que nous proposons, c'est qu'elles puissent être installées du 30 mars au 15 octobre avec des fermetures à 22 heures en semaine et 23 heures les vendredis et samedis soir, on attend une réunion vendredi matin avec la mairie de Paris, on va encore discuter".

En revanche, les syndicats demandent un délai pour la mise en place de ces mesures, le temps de se refaire de la trésorerie. "Au regard de la situation sanitaire, alors que l’on n’a toujours pas de date de réouverture des salles de restaurant, ce qu’on demande c’est qu’on nous offre les terrasses éphémères jusqu’à la fin septembre", explique le responsable de l'Umih.

Les concertations entre professionnels mais aussi les associations de riverains se poursuivront dans les jours à venir. Le nouveau règlement des étalages et des terrasses devrait être voté au prochain Conseil de Paris le 6 juillet.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
économie