Un collectif de parents à la rescousse de leur crèche associative dans le 20e arrondissement de Paris

Pour défendre leur crèche associative, menacée de fermeture, un collectif de parents se mobilise dans le 20e arrondissement de Paris. L'association qui gère la crèche "les Passerelles" est en difficulté financière. Les parents interpellent la Ville de Paris et la Caisse d'allocations familiales pour obtenir des fonds supplémentaires.

"On est déjà en déficit de places en crèche dans le quartier et ce serait vraiment dommage de perdre une crèche qui est d'un aussi bon niveau", s'inquiète Laura, maman d'une petite fille de 18 mois. A l'automne dernier, Laura comme les autres parents qui ont recours à cette structure associative "les Passerelles" ont appris par des tracts syndicaux que l'établissement était "menacé de fermeture". La crèche accueille aujourd'hui 66 enfants de 10 semaines à 3 ans et emploie 22 salariés.

En cause, les difficultés financières qui s'accumulent depuis plusieurs années et qui plombent les comptes du GOSP, le Groupe d'Oeuvres sociales de Belleville, qui gère cette structure de la petite enfance. Le GOSP, gestionnaire de huit établissements dans les secteurs de la santé, de la petite enfance et du médico-social, emploie à Paris et à Villepinte près de 200 employés. 

Une perte de ressources

Pour le président du GOSP, Jacques Trief, la fermeture de la crèche "n'est pas aujourd'hui dans les tuyaux". Il n'empêche. Cette association qui gère également deux autres crèches n'arrive plus à équilibrer ses comptes, reconnaît-il. "Depuis 3 ans, on perd trois cent mille euros", précise-t-il se félicitant de la mobilisation "très efficace" des parents. 

Pointée du doigt par le responsables du GOSP et critiquée par les parents, la tarification des financements de la CAF pour les crèches : la PSU- Prestation de service unique en vigueur depuis 2019. "En gros", comme le résume Jacques Trief : "avant 2019, quand les parents avaient envie d'enlever les enfants de la crèche, on touchait quand même des sous reversés par la CAF, mais depuis 2019, quand les parents décident d'enlever leur enfant, on ne touche plus cet argent."

Les parents s'insurgent contre ce système, "une logique de tarification à l’acte" qui engendre pour la crèche un manque de ressources quasi chronique. À ces difficultés de trésorerie, s'ajoutent aussi les conséquences d'une inflation qui fait grossir les factures d'énergie.

Une répartition des aides contestée

Pour les parents comme pour la direction du GOSP, l'une des solutions pour sortir de cette crise financière se trouve, en partie du côté de la Ville de Paris. La crèche reçoit de la ville pour chaque berceau une aide d'environ de 4 100 euros, calcule Jacques Trief. "C'est une somme insuffisante ( .. ) d'autant que l'on a appris par hasard qu'il y avait des crèches qui sont financées par la Ville et qui touchent 7 000 euros par berceau, Si on avait 6 500 euros par berceau, on serait tranquille !" 

Aujourd'hui, les parents demandent une meilleure répartition des fonds publics venant de la mairie et une transparence concernant l'attribution de ces aides. Des rendez-vous ont été pris avec la Ville. D’autre part", selon le collectif des parents, une aide de la CAF pour compenser cette réglementation (de 2019, Ndlr) - permettrait de sauver la crèche."

"Un projet pédagogique unique"

La petite structure des "Passerelles" "répond au caractère familial, populaire et hétéroclite de notre quartier", argumente également le collectif qui souhaite préserver dans leur quartier "un projet éducatif unique". Comme l'explique Vincent, père d'une petite de fille admise dans cette crèche depuis un an et demi : "notre fille est entrée dans la crèche et il y avait trois puéricultrices pour s'occuper de 10 enfants, ce qui est quand même rare", souligne-t-il. "Qui plus est, ces trois puéricultrices qui suivent les enfants dès la première année, les suivent durant les trois années de crèche, ça permet de créer un vrai attachement et une très bonne connaissance des enfants", ajoute-t-il.

Pour faire entendre leurs revendications, des parents, des salariés de l'association et des élus se rassemblent ce jeudi soir, devant la mairie du 20e arrondissement.

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