Des Unes de Charlie Hebdo affichées dans Paris par l'Union des Etudiants Juifs de France

Les militants de l'association ont collé les affiches dans la nuit de lundi à mardi pour défendre la liberté d'expression et les valeurs de la République.
Une quarantaine de militants ont œuvré dans la nuit.
Une quarantaine de militants ont œuvré dans la nuit. © UEJF
Ils étaient une quarantaine armés de pinceaux et de colle dans la nuit du 1er au 2 septembre. Peu avant l’ouverture du procès des attentats de janvier 2015, plusieurs militants de l’Union des Etudiants Juifs de France (UEJF) ont collé des centaines de Unes de Charlie Hebdo dans les rues de Paris. Une action symbolique pour défendre la liberté d’expression. "On veut pouvoir réaffirmer les valeurs de la République. C’est essentiel. En janvier 2015, les terroristes ont agi avec des motivations différentes. Ils voulaient terroriser la France", explique Noemie Madar, présidente de l’association. Sous les Unes de Charlie Hebdo, s’affiche alors le slogan "Liberté d’expression attaquée, République en danger". Mais les militants ont également collé d’autres phrases fortes : "Juifs attaqués République en Danger", "Journalistes attaqués, République en danger", et aussi "Flics assassinés, République en danger".
Les affiches représentent le moyen d'alerter les passants dans la rue.
Les affiches représentent le moyen d'alerter les passants dans la rue. © UEJF

C’est aussi dire qu’on n’a pas peur de remontrer ces affiches et de les coller dans les rues de Paris.

Noemie Madar, présidente de l'UEJF

En collant ces affiches, le collectif entend ainsi rappeler aux Parisiens les valeurs de la République, qui n’est rien sans la liberté d’expression et le droit à la caricature. "Lorsque les passants se baladent, ils se souviennent de cette date-là qui a marqué la France, l’histoire et des vies individuelles". Les militants ont alors choisi des lieux symboliques : les alentours de l’Hyper Cacher de la Porte de Vincennes, des anciens locaux de Charlie Hebdo, du Palais de Justice, à République ou encore dans les rues de Montrouge où la policière Clarissa Jean-Philippe a été assassinée.
Des lieux symboliques ont été choisis, comme l'Hyper Cacher de la Porte de Vincennes.
Des lieux symboliques ont été choisis, comme l'Hyper Cacher de la Porte de Vincennes. © UEJF
Ces collages se veulent être également un acte de courage. "C’est aussi dire qu’on n’a pas peur de remontrer ces affiches et de les coller dans les rues de Paris". Un geste symbolique fort, comme la Une de Charlie Hebdo du 1er septembre. Ce mardi, le journal satirique a en effet republié les caricatures du prophète Mahomet, pour lesquelles l’hebdomadaire avait été la cible des djihadistes.

Rester debout

"Nous ne nous coucherons jamais. Nous ne renoncerons jamais", justifie Riss, le directeur de la rédaction dans le numéro où s’affiche en Une le titre : "Tout ça pour ça". "La haine qui nous a frappés est toujours là et, depuis 2015, elle a pris le temps de muer, de changer d’aspect pour passer inaperçue et poursuivre sans bruit sa croisade impitoyable", poursuit le directeur du journal. Aux armes et au sang, Charlie Hebdo et l’UEJF ont donc choisi de répondre par le dessin et les crayons. Une action symbolique, pour rester debout et résister : "Notre génération s’est habituée à l’horreur, confie la présidente de l’association qui attend que le procès envoie un message fort. C’est lutter contre l’idée qu’il est possible de tuer des juifs car ils sont juifs. Il faut prouver à cette génération si traumatisée que la justice et la France protègent".

L’UEJF s’est d’ailleurs constituée partie civile pour le procès des attentats de janvier 2015.
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