Vaccination obligatoire : la réaction des soignants franciliens

Alors qu’Emmanuel Macron a annoncé lundi la vaccination obligatoire pour le personnel des établissements de santé dans le cadre de la lutte contre l'épidémie de Covid-19, comment réagissent les premiers concernés ?
Une dose du vaccin Pfizer-BioNtech (illustration).
Une dose du vaccin Pfizer-BioNtech (illustration). © FRED TANNEAU / AFP

Le président de la République l’a annoncé lundi : la vaccination va être imposée à l’ensemble des personnels des établissements de santé et des Ehpad. Le gouvernement donne comme limite le 15 septembre prochain, et promet des sanctions. Les professionnels non vaccinés "ne pourront plus travailler et ne seront plus payés" à partir de cette date, a ainsi prévenu le ministre de la Santé Olivier Véran.

"La vaccination est une chance, pour soi et les autres, a également tweeté Olivier Véran. Une grande majorité des soignants est déjà protégée. J'invite ceux qui ne le sont pas à se faire vacciner sans délai. Une loi prévoira qu'à compter du 15 septembre, des contrôles seront effectués, et des sanctions appliquées."

Ce matin devant l’hôpital Bichat-Claude-Bernard, situé dans le XVIIIe arrondissement de Paris, les soignants saluaient pour la plupart le choix de rendre obligatoire la vaccination. "En tant qu’ à l’hôpital Bichat, j’étais parmi les premières soignantes vaccinées, donc j’encourage tout le monde", explique ainsi une professionnelle. "Je comprends ceux qui ont des réticences, mais je pense que, là, l’enjeu est plus important que l’avis de chacun", estime un autre.

Le risque d'une vague de départs ?

Mais du côté des syndicats, la CGT redoute une vague de départs.  "Il manque 93 infirmières sur Bichat, je ne vous parle même pas au nom de tout l’AP-HP, déplore Samira Ak, infirmière à l'hôpital Bichat (CGT). Donc il va encore y avoir des départs. Il faut arrêter, ce n’est juste pas possible. C’est la liberté de chacun. Il y a d’autres choses à faire. La manière dont on nous stigmatise… C’est fatiguant."

Lundi, l’union syndicale CGT de l’AP-HP dénonçait déjà via un communiqué une "stigmatisation" des soignants, en présentant la vaccination comme une "démarche individuelle qui doit être respectée".

Le risque d’une vague de départs suscite également des inquiétudes dans les Ehpad. "On nous fait déjà remonter des retours de salariés qui disent : "J’étais proche de la retraite, je vais partir", explique Pascal Champvert, président de l’association des directeurs au service des personnes âgées. Certains disent qu’ils ne se feront pas vacciner."

"Quand dans un établissement, on manque déjà d’aide-soignantes ou d'infirmières, si on fait partir des professionnels, comment allons-nous faire ?", poursuit-il. Pascal Champvert pointe aussi un "autre élément fondamental" : "Qui va payer les indemnités de licenciement ?". Alors que des précisions doivent encore être apportées par le gouvernement, le projet de loi qui comprendra l’obligation vaccinale contre le Covid-19 pour les professionnels concernés sera bientôt présenté en conseil des ministres.

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