"Vies brisées" : une exposition alerte sur les dangers du téléphone portable au volant

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Écrit par Marc Taubert

Alors qu'un accident corporel sur dix est lié à l'utilisation d'un téléphone portable, la Sécurité routière organise l'exposition "Vies brisées" place de la République à Paris pour faire prendre conscience des risques d'utiliser son téléphone en conduisant.

La Sécurité routière continue invariablement son travail de prévention. Mais elle tente d'innover pour que ses messages soient toujours reçus. Pour la première fois, elle s'est associée à un artiste contemporain : le suisse Simon Berger.  

De grands panneaux en forme de téléphone portable ont été installés place de la République. L'artiste, qui frappe le verre au marteau, y a formé des visages où apparaissent des messages.  

Car le téléphone, s'il rend de nombreux services, peut être cause d'importantes distractions. "Sur l'autoroute, les gens ont l'impression qu'il est plus facile de téléphoner, mais ce n'est pas vrai. Le temps de lire un SMS est de 5 secondes. C'est prendre des risques inconsidérés", alerte Marie Gautier-Melleray, déléguée interministérielle à la sécurité routière.  

Un phénomène qui pourrait augmenter

Selon elle, ce phénomène "pourrait même s'accroître dans les prochaines années". Les chiffres sont pourtant éloquents. En 2019, un "défaut d’attention" a coûté la vie à 391 personnes en France (il y a eu, au total, 258 morts dus à des accidents de la route la même année en Île-de-France). 

"Malheureusement, on ne sait pas bien faire plusieurs choses à la fois. Lorsque l'on est en train de téléphoner, on enregistre moins d'information. Le temps de réaction passe d'1,5 seconde en train de téléphoner, au lieu d'une seconde. Cela fait doubler la distance de freinage. Il faut l'éviter au maximum", poursuit Mme Gautier-Melleray. 

La législation interdit "l’usage d’un téléphone tenu en main en conduisant" et "le port à l’oreille de tout dispositif susceptible d’émettre du son" (dont les oreillettes). Seuls sont autorisés les dispositifs intégrés aux véhicules ainsi que ceux intégrés aux casques de moto. 

Les œuvres sont exposées jusqu'au 12 février. Elles pourraient ensuite être exposées dans d'autres lieux.