Policiers brûlés à Viry-Châtillon : le procès en appel s'ouvre ce mardi à huis clos

La cour d'assises de Paris juge en appel 13 jeunes, accusés d'avoir blessé en 2016 quatre policiers, en incendiant leurs voitures à Viry-Châtillon en Essonne. En première instance, huit d'entre eux avaient été condamnés à des peines de 10 à 20 ans de réclusion. Le parquet avait fait appel.

le 8 octobre 2006, des policiers sont pris pour cible à Viry-Châtillon en Essonne
le 8 octobre 2006, des policiers sont pris pour cible à Viry-Châtillon en Essonne © Thomas SAMSON / AFP

Le procès en appel s’ouvre aujourd’hui devant la cour d’assises des mineurs de Paris. Il se tiendra à huis clos comme en première instance. Au moment des faits en 2016, trois des accusés étaient mineurs.     

8 condamnations et 5 relaxes en première instance          

A l'issue du premier procès qui s'est tenu devant la cour d'assises des mineurs de l'Essonne en décembre 2019, huit accusés ont été condamnés à des peines de 10 à 20 ans de réclusion, huit des accusés reconnus coupables de "tentative de meurtre sur personnes dépositaires de l'autorité publique." Cinq autres ont été relaxés. 

Les avocats des parties civiles ont alors qualifié le verdict rendu d' "incompréhensible" et d' "inquiétant". Le parquet général de Paris a fait appel du verdict. Le ministère public n'avait pas été suivi dans son réquisitoire réclamant des peines de 20 à 30 ans de prison pour l'ensemble des 13 accusés.

Rappel des faits

Le 8 octobre 2016, en plein jour à Viry-Châtillon, une vingtaine de jeunes prennent d'assaut deux voitures de police stationnées à proximité de la Grande Borne, un quartier considéré comme l'un des plus sensibles d'Île-de-France. En quelques secondes, ils brisent les vitres et jettent des cocktails Molotov à l'intérieur des véhicules.

Dans une première voiture, les deux sièges avant s'enflamment. Un adjoint de sécurité de 28 ans et une gardienne de la paix de 39 ans sont touchés et brûlés. Le pronostic vital d'un des policiers a été, un temps, engagé, plongé dans le coma pendant plusieurs semaines. Alors qu'elle a le haut du corps en flammes, la femme policière reçoit des jets de pierres une fois sortie de la voiture transformée en torche.

J'ai des enfants, aidez-moi

Une policière blessée

"J'ai des enfants, aidez-moi", hurle la gardienne de la paix. Des paroles confiées par l'un des agresseurs avouant à une amie peu après les faits avoir eu "un pincement au cœur."

Dans l'autre véhicule, les 2 agents sont parvenus à s'extraire alors qu'un cocktail Molotov s'enflamme sur la banquette arrière. Ils ont été blessés plus légèrement.

Selon l'enquête, les jeunes, des amis, membres d'une bande de la Grande Borne, avaient planifié depuis quelques jours de "niquer des keufs". Les accusés ont nié, certains reconnaissant une présence à minima, des lancers de pierres, mais jamais de cocktails Molotov.

Le procès en appel à huis clos

Le procès en appel s'est ouvert ce matin à 9 heures 30 devant la cour d'appel des mineurs de Paris. Il va se tennir à huis clos en raison de l'âge des accusés au moment des faits.

"Le fait que ça soit jugé à Paris et non plus dans l'Essonne, avec un délai plus long, va permettre des débats moins anesthésiés par l'émotion et plus sereins et techniques", estime Me Arnaud Simonard l'avocat de la défense,  promettant une "défense plus combative". 

Le verdict est attendu le 16 avril.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
justice société