"Fidèle aux murs jusqu'à manger des rats" : mais où cette devise résonne-t-elle encore ?

La devise de Melun, en Seine-et-Marne, si elle fait référence à un événement historique, est toujours enracinée dans le quotidien de celles et ceux qui la font vivre : la numismate et philatéliste Patricia Hazard nous raconte une ville au long passé. La ville-préfecture est l'une des étapes de la série « Topo » qui vous invite à redécouvrir l'histoire derrière les noms des villes d'Île-de-France.

Déambuler dans les rues pavées de son cœur de ville permet d’apprécier le charme historique de ce "petit Paris". Pour nombre de voyageurs, sa gare est le point de départ de la découverte de Melun. Chacun est alors naturellement entraîné par la longue et rectiligne avenue Thiers.

Un passage dans le quartier Saint-Ambroise s’impose alors, avant d’atteindre la Seine et l'île Saint-Étienne, le berceau historique de la ville. Le pont du Maréchal Leclerc, construit en 1950 après la destruction des ponts historiques par les bombardements allemands en 1944, nous invite à franchir le fleuve qui scinde la ville d'est en ouest. Une ville marquée par le passé, sans cesse détruite par les troupes ennemies qui désiraient atteindre la capitale. Durant la guerre de Cent Ans, la ville a tant résisté aux attaques anglaises et bourguignonnes qu'elle en tire sa devise : "Fidèle aux murs jusqu'à manger des rats".

L’île Saint-Étienne, 1 200 mètres de long pour 170 mètres de large maximum, est régulièrement comparée depuis le Haut Moyen âge à l’île parisienne de la Cité. Similaire, elle se distingue par les successives richesses de son passé : son ancien château royal sur la pointe de l’île qui disparaîtra en 1833, et son ancien couvent, transformé en prison en 1808 et qui sera l’une des premières maisons centrales de France. La pointe sud de l’île abrite également la collégiale Notre-Dame de Melun depuis le XIème siècle.

La rive droite de la Seine n'a rien à envier au patrimoine de l’île Saint-Étienne avec son église Saint-Aspais. Reconstruite au XVIème siècle, elle est la plus grande de la ville et est classée aux monuments historiques. À quelques mètres de cette église gothique, la Bourse aux collections est tenue par Patricia Hazard, numismate et philatéliste.

"Avec mon mari, nous avions quitté nos emplois respectifs dans le Val-d’Oise où nous étions pour venir s’installer à Melun"

Patricia Hazard

numismate et philatéliste à Melun

Passionnée par la numismatique, Patricia Hazard étudie l’histoire des monnaies, des médailles et collectionne les timbres postaux.

Situé à l’angle de la rue Carnot et la rue piétonne du Miroir, son précieux commerce a ouvert ses portes en 1995. Elle le doit à son ancien patron, « mon père d’adoption », à qui elle a repris les rênes de la boutique en 2004 après un stage de vente. "Avec mon mari, nous avions quitté nos emplois respectifs dans le Val-d’Oise où nous étions pour venir s’installer à Melun" confie celle qui partage désormais son quotidien avec les Melunais depuis près de 20 ans.

"J'ai vendu un denier particulièrement beau de Charles II le Chauve à 2 500 euros. Au revers, la titulature est 'castello miled', qui signifie Château de Melun"

Patricia Hazard

numismate et philatéliste à Melun

En entrant dans son échoppe, elle raconte avec passion l'histoire monétaire de Melun, étroitement liée à son ancien château royal. "S’il y avait un château, il y avait certainement un atelier monétaire, assure-t-elle. J'ai vendu un denier particulièrement beau de Charles II le Chauve à 2 500 euros. Au revers, la titulature est 'castello miled', qui signifie Château de Melun".

Ancien lieu de résidence des rois de France, Melun est appelée Melodunum, qui signifie "ville fortifiée", dans les Commentaires sur la guerre des Gaules de Jules César. L’historien local Maurice Lecomte en déduit alors une existence "certaine" de Melun au temps de l'empereur romain et une concentration de la ville sur l’île Saint-Étienne, dans son ouvrage Histoire de Melun. "La Seine formait par ses deux bras un rempart naturel", indique-t-il.

En vingt ans, Patricia Hazard assure avoir eu un temps considérable pour approfondir ses connaissances sur la ville, qu'elle connaissait déjà avant de reprendre la boutique à son ancien propriétaire. "Avec mon travail, je connaissais déjà la ville de nom grâce à l’existence de son atelier monétaire. Cela fait 35 ans que je fais ce métier".

À Melun, Patricia Hazard a affaire à un éventail varié de clients. La numismatique passionne les investisseurs, comme les personnes férues d'histoire. La commerçante reçoit également des étudiants "avec qui il est agréable de discuter". Elle a parfois de belles surprises : "aujourd'hui, une grand-mère a offert un demi-franc de Napoléon valant une trentaine d'euros à son petit-fils de douze ans passionné d'histoire" confie-t-elle.

"Aujourd'hui, une grand-mère a offert un demi-franc de Napoléon valant une trentaine d'euros à son petit-fils de douze ans passionné d'histoire"

Patricia Hazard

numismate et philatéliste à Melun

Mais elle le concède, Melun est une ville "où le commerce ne va pas si bien", s'inquiétant d'une présence toujours accrue des principales enseignes dans les zones commerciales en périphérie. Au sein de l'Union des commerçants et artisans de Melun, elle s'investit pour que la municipalité prenne conscience "qu'elle doit travailler sur l'image de Melun". 

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Avec « Topo », Mathilde Morin revient sur la toponymie et l'histoire de plusieurs communes de notre région. Dans cet épisode, Melun en Seine-et-Marne est à découvrir avec un ton aussi ludique que pédagogique. ©France 3 Paris Île-de-France

Après Melun, Coulommiers, Bagnolet, Issy-les-Moulineaux, Sarcelles ou encore Versailles sont autant d'autres villes dont l'histoire singulière est à découvrir avec Mathilde Morin dans « Topo ». Une série aussi ludique que pédagogique, à voir dès maintenant sur france.tv/idf.

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