Durant les week-ends du 9 juillet au 14 août 2022, l'Été du Canal, permet de découvrir dans une ambiance artistique et sportive toutes les villes de la Seine-Saint-Denis et la boucle Nord de la Seine bordés par le canal de l'Ourcq et le canal Saint-Denis.

Changer le point de vue qu'on peut porter sur le territoire de la Seine-Saint-Denis et en montrer toutes les ressources et les richesses, c'est vraiment ce que souhaitent Zahia Ziouani et JP DJ Mano en participant régulièrement à l'Été du Canal. Les deux artistes qui naviguent tous les deux dans des registres musicaux différents, ne se sont jamais rencontrés, mais ils portent le même regard sur la nécessité de partager et faire connaître ce département du 93 sous l'angle de l'excellence.

"Faire tomber les barrières et montrer qu'il n'y a pas de grands ou petits territoires, mais des richesses et des cultures partout dans nos territoires". C'est dans cet esprit que Zahia Ziouani, cheffe d'orchestre, participe à ce rendez-vous estival avec l'orchestre symphonique Divertimento qui s'inscrit dans la programmation des concerts flottants.

"C'est ma troisième participation cette année et c'est très intéressant parce qu'avec l'orchestre Divertimento, on a une démarche depuis longtemps de créer le lien entre Paris et d'autres territoires alors évidemment en périphérie et partout en France. Ce que je veux dire par-là, c'est que c'est vraiment un symbole fort pour nous. On joue en formation réduite des répertoires que l'on joue habituellement en formation symphonique et qu'on jouera pour les JO 2024", précise la symphoniste.

Depuis 2012, l’orchestre et Zahia Ziouani ont développé un parcours artistique et culturel basé sur la rencontre de la musique et du sport.

Une avant-première des JO

"Depuis 2 ans, on a un partenariat avec les danseurs du break dance qui seront pour la première fois aux Jeux olympiques et on a voulu en présenter durant ces concerts flottants une version, un peu miniature, où il y a deux musiciens et deux danseurs", commente Zahia Ziouani.

On synchronise tout comment ? L'orchestre a pris le parti de prendre des œuvres du grand répertoire symphonique qui étaient inspirées par la danse. La cheffe d'orchestre rappelle que la danse est un des arts, qui a le plus inspiré des compositeurs du répertoire classique et symphonique.

Des adaptations ont a été amenées, car d'habitude le break dance sont des danses qui se font sur des temps courts et individuels et, là, il a fallu travailler sur des effets de groupe. "C'est innovant de jouer avec des danseurs du break dance et pour eux ça les amène aussi à voir leur danse autrement ", commente-t-elle. "On choisit les œuvres et après, on travaille ensemble pour savoir à quel moment les interventions se font pour qu'elles soient en synchronisation avec la musique et que la danse permette de mettre aussi plus en lumière la musique et vice-versa. On se nourrit ainsi des énergies des uns et des autres, c'est magnifique", ajoute-t-elle.

La belle musique classique et symphonique, elle peut et doit être partagée partout

Zahia Ziouani

Le programme est aussi comme les précédentes éditions. Carmen, Le Lac des cygnes : faisaient partie des œuvres dans les éditions précédentes. Cette année, c'est un compositeur espagnol qui est mis en avant, Joaquín Turina. Pour Zahia Ziouani, rendre accessible l'art partout est primordial : "C'est une conviction que j'ai depuis longtemps de pouvoir montrer ce département sous l'angle de l'excellence, de la beauté et de l'émotion, c'est quelque chose qui me tient à cœur et c'est pour ça que je m'y investis beaucoup pendant l'année, les saisons musicales et aussi pendant l'été en participant à ce festival. Ça nous tient à cœur d'y être présent à la fois dans des grandes salles de concerts, mais aussi dans des territoires très populaires comme celui de la Seine-Saint-Denis", indique la cheffe d'orchestre. 

Durant ces concerts flottants, beaucoup viennent pour la première fois. "Personne n'y est insensible et c'est vrai que ces barrières, il faut arriver à les franchir et les lever de tous les côtés. Que ce soient des habitants qui pensent que ce n'est pas fait pour eux comme aussi des professionnels du monde politique, institutionnel et décisionnaire, pour leur expliquer aussi qu'il ne faut pas décider à la place des gens ce qu'ils ont le droit d'écouter ou pas. C'est important de continuer à se battre pour que la culture soit accessible partout", rappelle l'artiste.

Ces concerts flottants, au nombre de six, auront lieu le samedi 23 juillet sur le canal de l'Ourcq à partir de 15h30 jusqu'à 20h45. Un avant-goût ci-dessous.

Croisières Street Art sur le canal de l'Ourcq

"Je suis complètement à l'aise dans ce festival pour la simple raison que je n'y joue pas un rôle. J'y viens comme je suis", confie DJ JP Mano, conférencier spécialiste des cultures urbaines.

Avec Nicolas Obadia, artiste pochoiriste, spécialiste de la diversité technique, stylistique et discursive de l'art urbain, DJ JP Mano racontent ensemble les origines du Hip-Hop durant ces croisières street art et hip hop sur le canal de l'Ourcq.

"On a découvert le hip-hop grâce aux personnes qui allaient au service militaire. Dans les années 80, les gens de Paris et de région parisienne allaient en Allemagne et c'est là qu'ils rencontraient des Américains dans des bases militaires qui leur montraient le street art qui faisait fureur en Amérique", raconte DJ JP Mano. De là, les jeunes appelés ramenaient cet art en France. Un art urbain gigantesque à découvrir à lors de ces croisières.

J'invite tout le monde à découvrir la Seine-Saint-Denis et à découvrir le talent et la richesse de la culture de l'autre

DJ JP Mano

Pendant 2 heures, sur un bateau, les visiteurs découvrent dans un nouveau décor des histoires spécifiques figées sur les murs de la ville.

"C'est important pour moi de participer à ce rendez-vous car c'est une manière de désenclaver des communautés et des territoires mais aussi faire rencontrer des communautés ethniques, sociales qui ne se croisent jamais alors qu'ils vivent dans la même ville explique DJ Mano. À travers ces croisières, qui sont un voyage en quelque sorte, j'ai entendu plein de fois des visiteurs dire ce n'est pas possible, que ce n'est pas la Seine-Saint-Denis, tant ils ignorent les richesses abritées dans ce département", poursuit-il.

Il y a de vrais œuvres et de vraies histoires à travers ces œuvres. Et derrière elles, un mur qui serait bien terne s'il n'était habillé. "J'invite tout le monde à découvrir la Seine-Saint-Denis et à découvrir le talent et la richesse de la culture de l'autre", dit simplement DJ JP Mano.

Déchiffrer son territoire

Les œuvres se sont enrichies au fil du temps. En Seine-Saint-Denis, les élus ont pris conscience de l'impact que ces friches industrielles pouvaient apporter comme lieu d'expression pour les artistes. C'est comme cela, au fur et à mesure, que des groupes comme NTM, qui au départ n'étaient pas connus, se sont développés. C'est par eux que l'impact du hip hop a grandi dans ces lieux. Vincent Cassel ou son frère Rockin' Squat, le rappeur du groupe Assassin : tous ces artistes ont permis de mettre certaines villes sur la carte et surtout de leur donner une identité rappelle JP DJ Mano.

Natif du 14e arrondissement, DJ Mano n'a de cesse de faire découvrir la Seine-Saint-Denis comme un territoire riche de talents à travers ces croisières conférences en partenariat avec La Manufacture 111. Les œuvres ont été réalisées sur des péniches, usines, façades d'immeubles, d'ateliers ou de lieux culturels, sous des ponts ou sur des murs pignons, transformant ainsi le canal de l'Ourcq en véritable musée à ciel ouvert.

"Faire découvrir l'histoire de son habitat est primordial pour bien y vivre, le comprendre et l'accepter avec fierté", conclut le conférencier.

Un aller-retour croisière en musique et commentée, du bassin de la Villette vers le pont de Bondy. Croisière du 9 juillet 2022 : Aux origines du Hip-Hop et croisière du 16 juillet : L'âge d'or du Hip-Hop.

200 ans du canal de l'Ourcq

L'Été du Canal 2022 fête les 200 ans du canal de l'Ourcq. "Né de la volonté de Napoléon Bonaparte, ce canal est le plus long, s’étendant sur 97 km", précise Olivier Meïer, organisateur du festival.

Toutes les villes qui sont riveraines du canal de l'Ourcq et du canal Saint-Denis et de la boucle nord de la Seine y participent. Mais côté financier, ce n'est pas toujours facile.

"On n'est pas à l'aise financièrement, on se bride sur la programmation car on voudrait avoir des budgets beaucoup plus importants et on aimerait innover sur d'autres formes, mais on a trouvé un équilibre qui tient et qui nous permet de rester en place sans trop rogner sur nos ambitions tout en continuant à chercher de nouveaux partenaires culturels", poursuit Olivier Meïer.

L'eau, qui permet de proposer un point de vue différent, apporte beaucoup au succès du festival. Les navettes permettent aussi de relier des territoires entre eux.

"On relie des territoires entre eux et ça fait de la rencontre, de la reconnaissance, du partage et de la solidarité", conclut l'organisateur.

Les temps forts à ne pas manquer

Pour Olivier Meïer, les croisières qu'il ne faut pas rater sont les croisières street art ainsi que celles historiques et patrimoines où les guides commentent les transformations qu'ont connues les berges du canal.

Plein d'autres seront proposées comme celles du cinéma en plein air ou les concerts flottants qui sont un véritable succès (avec de nombreux répertoires comme celui de la chanteuse-compositrice d'afro-jazz gabonaise, Pamela Badjogo ou encore les Musiciens du Métro avec la RATP).

La rencontre sera aussi sportive et ludique enchaîne l'organisateur : murs d'escalade à Noisy-le-Sec, bases nautiques à Aulnay-sous-Bois, de Noisy-le-Sec ou Pantin. Trois lieux où l'on a accès aux sports nautiques et terrestres avec du BMX, du break dance, du basket et du skate.

"Ce sont des sports très importants car ils vont pour la première fois figurés dans les disciplines des Jeux olympiques de Paris 2024. Ces sports urbains sont nés dans des territoires comme la Seine-Saint-Denis. C'est aussi apporter une reconnaissance à ces territoires que de les voir, enfin, reconnus comme un sport digne de ce nom", ajoute le directeur.

Les animations de L'Été du canal sont gratuites sur les pôles d'animations. Seules les navettes fluviales sont payantes (1 euro pour bateaux bus le samedi, 2 euros le dimanche et gratuit pour les enfants de moins de 12 ans). Les croisières sont payantes : 6 à 21 euros pour la plus chère. Pour les croisières, il faut réserver sur le site mais pas pour les navettes fluviales.

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