Blanc-Mesnil : le meurtrier présumé d'un DJ jugé aux assises de Bobigny

Deux hommes soupçonnés d'avoir, lors du Nouvel An 2011 au Blanc-Mesnil, tabassé à mort Claudy Elisor, DJ amateur de 33 ans, sont jugés à partir de vendredi et jusqu'au 23 mai à Bobigny. Le principal suspect, Amadou F. est présent ce matin au tribunal.

Amadou F. Le meurtrier présumé de Dj Elisor est bien présent au procès
Amadou F. Le meurtrier présumé de Dj Elisor est bien présent au procès © L Barbry / France Paris
La nuit de la Saint Sylvestre 2011 Claude Elisor, DJ amateur, a été mortellement frappé par au moins deux hommes. Cette nuit-là, aux alentours de 04H00 du matin, Mme Elisor a vu une dizaine de jeunes d'une cité du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) débarquer dans une salle des fêtes où environ 80 personnes, beaucoup d'entre elles originaires des Antilles et de Guadeloupe, étaient réunies. Les témoignages des nombreux convives avaient permis aux enquêteurs d'avancer rapidement.

Le rappel des faits Les agresseurs, ameutés via SMS par un jeune de la cité qui s'était fait refouler de la soirée quelques minutes plus tôt, se sont précipités sur le DJ, Claudy, père de famille de 33 ans et animateur de soirées à ses heures perdues. Un premier coup à la tête et l'homme s'effondre.

Selon les témoins, un homme avec un pitbull monte la garde tandis que les autres s'acharnent sur M. Elisor, au sol, le frappant notamment avec une chaise, puis s'enfuient quelques minutes plus tard en dévastant les lieux.

Plongé dans un coma profond, Claudy Elisor succombe quelques jours plus tard d'un oedème cérébral, soulevant une forte émotion parmi les Français d'Outre-Mer, dont certains représentants accusent alors la police de ne pas être intervenue assez rapidement parce que la victime était d'origine antillaise.

"C'est une véritable catastrophe judiciaire!", se lamente son avocat, Me Bernard Benaiem. "L'affaire devait être relativement simple, avec pléthore de témoins. Mais sur dix agresseurs, on en a que deux" qui seront jugés devant la Cour d'assises.

"Médiatisé et politisé"

Malgré un dossier "très médiatisé et politisé" - l'ancien président Nicolas Sarkozy avait reçu les proches de la victime - "de nombreuses pistes n'ont pas été exploitées et les juges d'instruction se sont passé le dossier comme une patate chaude", accuse  l'avocat.

Contre Amadou F., soupçonné d'être le jeune homme éconduit de la soirée qui a battu le rappel de ses copains pour constituer un "véritable commando" et laver l'affront dans le sang, l'enquête se fonde, faute de traces ADN probantes, sur des témoignages et des analyses d'échanges téléphoniques.

Amadou s'était présenté de lui-même à la police dès le 8 janvier, se disant innocent. Selon les enquêteurs, il s'était teint en blond pour brouiller les pistes. "C'est le dossier du témoignage et de sa fragilité", dénonce son avocat, Gilles-Jean Portejoie.

Quand au deuxième accusé, Alassane D., qui aurait selon l'enquête participé au lynchage de M. Elisor, il clame également son innocence. "J'espère que ça va se dérouler de manière calme et sereine" et que tous les co-accusés seront présents, déclare son avocate, Me Amèle Bentahar.

Le procès débute ce vendredi aux assises de Bobigny, le verdict est attendu le 23 mai.
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