Départementales 2021 en Seine-Saint-Denis: découvrez les résultats du premier tour

Les Séquano-Dionysiens étaient appelés aux urnes ce dimanche 20 juin pour renouveler le Conseil départemental. Découvrez les résultats électoraux à l’issue du premier tour.

Premier tour des élections départementales
Premier tour des élections départementales © LOIC VENANCE / AFP

Le département va-t-il rester à gauche ? Ce dimanche les électeurs de Seine-Saint-Denis ont voté pour les élections départementales. Ils devaient faire leur choix entre112 binômes, une femme et un homme et leurs suppléants, répartis sur 21 cantons. 42 conseillers départementaux seront élus à l'issue du deuxième tour.

Les résultats du premier tour

Voici les résultats des cantons porteurs d'enjeux dans le département. 

Le canton d'Aubervilliers voit la victoire du tandem de droite. La ville historiquement ancrée à gauche avait basculé lors des dernières élections municipales. La maire Karine Franclet (UDI) en binôme avec le LR Samuel Martin a pu surfer sur ses bons résultats électoraux. Le duo comptabilise 41,5 % des suffrages exprimés loin devant le binôme de l'Union des gauches Corinne Narassiguin (PS) et Anthony Daguet (PCF). Ces derniers sont crédités de 23,5 % des voix. 

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Dans le canton de Saint-Ouen (avec Ile-Saint-Denis et une partie d’Epinay) les électeurs assisteront à un duel entre maire et ex-maire. La liste de l'Union des gauches du tandem PS/ PCF du maire Karim Bouamrane et Emilie Lecroq remporte 56,4 % des voix devant le binôme LR/UDI Marina Venturina et William Delannoy, ancien maire de la ville. Ces derniers ont obtenu 28,4 % des suffrages exprimés.

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Sur le canton de Sevran (avec Villepinte), la gauche espérait reprendre la main et c'est chose faite. Le tandem Stéphane Blanchet PCF et Mélissa Youssouf EELV arrive en tête avec 42 % des suffrages. Ils devancent le binôme LR Philippe Geffroy et Martine Vallenton élu avec 27,9 % des voix à Sevran. 

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Battus de peu il y a 6 ans, l’actuelle maire de Noisy-le-Grand, Brigitte Marsigny (LR) et Eric Allemon (UDI) étaient bien décidés à prendre leur revanche sur le duo sortant Emmanuel Constant (PS) et de Frédérique Denis (EELV). Or c'est bien le tandem PS/EELV qui prend de l'avance avec 33,4 % des suffrages exprimés.

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Autre canton à enjeux, celui de Tremblay-en-France (avec Coubron, Montfermeil et Vaujours), où l'Union des Gauches n’a investi aucun candidat pour favoriser le binôme LFI/ PCF face au RN. En 2015, Jordan Bardella était arrivé au second tour. Ainsi le tandem de gauche composé de Dominique Dellac (PCF) et Pierre Laporte (LFI) avec 38,7 % des suffrages exprimés devance le duo de droite, Lynda Aît Mesghat (DVD) et Xavier Lemoine (LR) (35,2 %). 

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Dans le canton de Bobigny (une partie de Bobigny et Noisy-le-Sec), avec 51,9 % des votes exprimés, le binôme PCF Pascale Labbé et Abdel Sadi, deux conseillers départementaux sortants, arrive en tête devant le tandem UDI menée par Ourida Allali et Thomas Franceschini qui obtient 20,88 % des voix. L’UDI avait déjà perdu les deux villes en 2020. 

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Sur le canton de Bondy (avec Les Pavillons-sous-Bois et une partie de Bobigny). Le duo LR composé du chef de fil du parti, Philippe Dallier et Oldhynn Pierre est largement en tête avec 42,9 % des suffrages. La ville de Bondy a basculé à droite l’an dernier avec l'élection du Républicain Stéphen Hervé. Loin derrière l'Union de la gauche avec Lynda Chefaï de Génération.s et George De Noni EELV. Ils récoltent 29,2 % des suffrages exprimés. 

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Dans le canton de la Courneuve, l'actuel président du département, Stéphane Troussel (PS) et Zaïnaba Saïd Anzum (PS) sont largement en tête avec 43,6 % des votes. Ils affronteront le 27 juin le binôme DVG Ali Diouara et Mebrouka Hadjadj qui  a obtenu 20,1 % des suffrages exprimés.

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Dans le canton d' Epinay-sur Seine, (avec Pierrefitte-sur-Seine et Villetaneuse). Le canton est détenu par la gauche mais l’UDI a conquis Epinay dès le 1er tour l’an dernier aux dernières municipales.  Un résultat qui ne s'est pas repercuté sur le scrutin de dimanche soir. Avec 41,5 % des voix, Florence Laroche (DVE) et Michel Fourcade (PS) devancent un duo UDI, Christelle Vétil et Farid Saidani qui obtient 22,1 % des voix.

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A Drancy, le binôme UDI Hamid Chabani et Aude Lagarde arrive en tête avec 58,3 % des voix devant le duo Lofti Ben Yedder et Carine Nilès de l'Union des gauches crédités de 21,5 % des suffrages.

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Dans le canton de Livry-Gargan (avec Clichy-sous-Bois), le deuxième tour verra s'affronter le duo LR Pierre-Yves Martin et Sylvie Paul crédité de 36,6 % des voix et le binôme RN composé de Jean-François Perier et Françoise Trova. Ces derniers ont obtenu 20,3 % des suffrages exprimés. 

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Duel à gauche à Montreuil-1 (avec Rosny-sous-Bois) où le PS partait favorit et parvient à confirmer son avance. Le duo sortant Magalie Thibault (PS) et Frédéric Molossi (PS) qui obtient 38,9 % des voix affrontera au second tour le binôme LFI Claudio Calfuquir et Sayna Shahryari conforté de 16,2 % des voix. 

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A Gagny, avec 51 % des voix, l'Alliance LR-UDI, Marie-Blanche Pietri (LR) et Rolin Cranoly (LR), devance le duo PS, Yannick Trigance et Elisabeth Pochon crédité de 38,2 % des suffrages exprimés. La droite avait gagné avec 21 voix d’avance en 2015 lors des précédentes départementales. 

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Grand vainqueur de ce scrutin, l'abstention

La Seine-Saint-Denis n'échappe pas à un très fort taux d'abstention. Elle bat des records avec 75,5 %. Les électeurs du département ne se sont pas mobilisés pour ce premier tour des élections départementales. 

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Le taux de participation estimé à 17h dans le département de la Seine-Saint-Denis est de 18,33 % selon la préfecture. En 2015, lors des précédentes élections départementales, le taux de participation s’élevait  à 28,40 % à 17 heures.

Les enjeux des départementales en Seine-Saint-Denis

La majorité sortante va-t-elle conserver la direction de ce département considéré comme un bastion de la gauche depuis sa création il y a plus de 50 ans ?

Le socialiste Stéphane Troussel préside le département depuis 2012. Il a succédé à Claude Bartolone, PS, qui avait arraché la Seine-Saint-Denis aux mains des communistes en 2008. Aujourd'hui sur 21 cantons,12 sont à gauche et 9 à droite. Un écart relativement faible entre les forces politiques. 

La majorité sortante a fait fi de ses conflits historiques et s’est réunie sous l’étiquette "Agir nous protège". Cette "Union des gauches" regroupe les socialistes, les écologistes d'EELV, les Radicaux de gauche, Générations.s et la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS). Les partis socialistes et communistes ont fait des alliances au "cas par cas" selon les cantons et leur possible basculement à droite.

Cette dernière qui n’a jamais été majoritaire dans le département, entend bien faire fructifier ses bons résultats des dernières élections municipales en 2020. En effet, elles ont donné lieu à des changements de majorité politique. Des villes historiquement à gauche comme Aubervilliers ont basculé à droite. Idem pour Bondy où Stephen Hervé (LR) a succédé à Sylvine Thomassin, (DVG) ou encore Neuilly-sur-Marne avec l’élection du Républicain Zartoshte Bakhtiari. Néanmoins d’autres municipalités ont été regagnées par la gauche comme Saint-Ouen qui a vu la victoire du socialiste Karim Bouamrane sur William Delannoy (ex UDI). Pour ces départementales, Les Républicains et l'UDI font liste commune dans l'Alliance LR-UDI.

Les cartes sont donc rebattues et le scrutin sera suivi à la loupe tant il est difficile de faire des pronostics.

Autre enjeu, l’abstention. La Seine-Saint-Denis vote traditionnellement peu. En 2015, l’abstention a atteint 65,5 % au deuxième tour. Pas certain qu’avec la crise de la Covid, les électeurs s’enthousiasment pour cette élection et se ruent sur le urnes.

Quant au Rassemblement National, absent de l'actuel hémicycle, il présente 15 binômes soit 30 candidats. Les cantons où il pourrait percer sont ceux de Drancy et Tremblay-en-France. Dans ce canton (constitué de quatre communes, Tremblay-en-France, Coubron, Montfermeil et Vaujours, trois sont détenues par la droite), le Front national était arrivé en tête au premier tour en 2015 avec Jordan Bardella, actuel tête de liste RN aux élections régionales.

Les temps forts du débat des candidats sur France 3 Paris Île-de-France

Le 7 juin, Stéphane Troussel (Union des Gauches) candidat à La Courneuve, Philippe Dallier (LR) candidat à Bondy, Patrice Anato (LREM) candidat à Noisy-le-Grand, Sébastien Jolivet (RN) candidat sur le canton de Montreuil-1, Bally Bagayoko (LFI) candidat sur canton de Saint-Denis-1 et Fabien Gay (PCF) candidat au Blanc-Mesnil ont défendu chacun leurs programmes lors d'un débat sur la plateau de France 3 Paris Île-de-France. 

►Première thématique abordée lors de ce débat : l'emploi et la formation

La Seine-Saint-Denis connait un fort taux de chômage notamment chez les jeunes. Philippe Dallier candidat LR-UDI, veut "donner une chance à chacun de s'en sortir. Cela passe par la formation". Il souhaite ainsi lutter contre l'échec scolaire et promouvoir l'accompagnement. Stéphane Troussel, candidat PS-Union des Gauches et actuel président du département, affirme vouloir doubler les crédits d'insertion pour les faire passer à 50 millions d'euros. Le candidat du Rassemblement National, Sébastien Jolivet, lui fait le constat d'une inadéquation entre les offres d'emplois proposées (des emplois trop qualifiés selon lui) et la population.

►Autre thématique discutée lors de ce débat : La création d’un "RSA jeune" 

L'actuel président du département, Stéphane Troussel (PS - Union des Gauches), veut expérimenter le RSA jeune en affirmant que la France est "l'un des seuls pays de l'Union européenne qui n'ait pas étendu ses minimas sociaux aux jeunes. Il est temps de faire cette proposition". Il voudrait lancer une expérimentation pour les jeunes en formation ou les étudiants pendant une période restreinte. "Je n'accepte pas que les jeunes soient les grands oubliés de la crise actuelle. La France est l'un des rares pays à ne pas avoir de revenu social pour les jeunes", a-t-il déclaré. Son adversaire de la droite et du centre-droit, Philippe Dallier (LR-UDI), rejette l'idée d'un RSA jeune mais veut "mettre le paquet sur la formation, pas de verser des allocations". Le candidat LFI, Bally Bagayoko, veut une allocation d'autonomie "pour faciliter les premières étapes de la vie". Patrice Anato, candidat LREM, veut un revenu universel d'activité pour les jeunes : "un droit qui accompagne le jeune jusqu'à ce qu'il s'insère professionnellement accompagné d'un droit à l'erreur". Sébastien Jolivet, candidat RN s'est prononcé pour un RSA jeune "dans le cadre de l'apprentissage."

Autre point débattu : l’Education

Alors que de nombreux candidats ont déploré la dégradation des collèges en Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel affirme vouloir mettre 1 milliard d'euros sur la rénovation des bâtiments et défend son bilan et la création de 26 collèges : "Nous sommes le département qui a créé le plus de collèges neufs", a-t-il déclaré. Fabien Gay, candidat du Parti communiste, soutient un plan d'un milliard d'euros pour rénover et construire des collèges. Il voudrait financer un ordinateur pour chaque collégien qui rentre en 6e, renforcer la carte Imagine R et construire un observatoire de lutte contre toutes les discriminations. Sébastien Jolivet, candidat RN, veut surtout développer l'apprentissage. "Le département doit agir pour valoriser l'apprentissage et les travaux manuels", a-t-il affirmé. Il a également abordé le thème de la sécurité dans les collèges. Il souhaiterait qu'un plan d'un milliard d'euros baptisé "sécu-collèges" voit le jour.

 

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