En Seine-Saint-Denis, le problème "insoluble" de la pénurie d'instituteurs

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Écrit par AFP

Le 93 est confrontée depuis la rentrée à une pénurie d'instituteurs, un problème "insoluble" selon les parents d'élèves, malgré le recrutement d'étudiants de masters et la création de postes pour 2013

La Seine-Saint-Denis est confrontée depuis la rentrée à une pénurie d'instituteurs, un problème "insoluble" selon les parents d'élèves, malgré le recrutement en urgence d'étudiants de masters et la création de 405 postes à la rentrée 2013 dans l'académie de Créteil.

"Le problème est pour l'instant insoluble et c'est ça qui est désolant", peste Mathieu Glaymann, membre d'un collectif de parents d'élèves de Seine-Saint-Denis qui réclame "des effectifs d'enseignants suffisants" et un "plan d'urgence" sur le département.

Salim Didane, membre de ce collectif, raconte avoir "fait les comptes" pour la ville de Pantin. "Mi-octobre, il y avait 202 jours de classe non remplacés, soit l'équivalent d'une école de 9 classes fermée tous les jours", dit-il.

Selon l'inspection académique de la Seine-Saint-Denis, 159 contractuels ont été recrutés en urgence depuis le début de l'année scolaire parmi les étudiants de master 2, qui préparent ou viennent de passer le concours, pour faire face à cette pénurie.

Mais il reste selon elle "en moyenne entre 150 et 200 classes non remplacées chaque jour" dans le département, qui compte 803 écoles et quelque 10.000 instituteurs.

Malgré la grève d'une partie des enseignants début octobre, la situation ne semble pas prête de s'améliorer. "Ca va vraiment bloquer en janvier-février, car le potentiel de remplacement du département est largement dépassé", estime Rodolphe Ciulla, représentant de Sud-Education en Seine-Saint-Denis.

Quant au ministre de l'Education, Vincent Peillon, il a indiqué le 13 décembre sur France Inter être allé "au bout des recrutements possibles sur les listes complémentaires" dans le département. "Aujourd'hui, le problème, c'est que nous n'avons plus personne", a-t-il assuré.

"On demande aux parents de garder leur enfant"

Ce déficit d'enseignants s'explique en partie par la démographie très dynamique du département, dont le taux de fécondité est le plus élevé de France, et la surreprésentation d'institutrices plutôt jeunes, ce qui entraîne statistiquement plus de congés maternité.

"Les remplacements longs sont pourvus, mais les remplacements courts ne le sont pas", explique Fabienne Chabert, enseignante dans une école maternelle de Bagnolet et co-secrétaire de la CGT Educ'action 93.

Quand un professeur est absent, les élèves sont répartis dans les autres classes, qui peuvent dépasser 30 élèves, au lieu de 25 habituellement en Zone d'éducation prioritaire (Zep).

"On demande alors aux parents d'avoir la bonne volonté de bien vouloir garder leur enfant chez eux", assure Mme Chabert, car "en général, il n'y a pas assez de tables et de chaises pour accueillir autant d'élèves dans les classes".

Selon elle, même la création à la rentrée 2013 de 405 postes dans le primaire pour l'académie de Créteil, dont dépend la Seine-Saint-Denis, ne suffira pas. "Ca concerne trois département: le 93, le 77 et le 94. Et rien qu'en Seine-Saint-Denis, on a 1.200 élèves supplémentaires à scolariser à la rentrée prochaine", dit-elle.