Incendie d'un foyer de travailleurs migrants à Montreuil : "Toutes les personnes impactées doivent être relogées"

Dimanche dernier, 126 personnes se sont retrouvées à la rue suite à l'incendie de leur foyer. A Montreuil, la solidarité s'organise. Les associations qui viennent en aide aux sinistrés souhaitent que les sinistrés soient relogés le plus rapidement possible.

"On a perdu tous nos documents, toutes nos affaires". Mamadou Sacko est encore sous le choc. L'appartement qu'occupait ce trentenaire a été détruit dans l'incendie. Il logeait dans ce foyer qui accueille des travailleurs migrants à Montreuil en Seine-Saint-Denis depuis cinq ans. Ce dimanche en début de soirée, les troisième et quatrième étages ont brûlé. Une personne a été gravement blessée dans l'incendie.

Les associations au chevet des sinistrés

Ce drame a laissé 126 personnes à la rue selon les sinistrés. "Nous leur fournissons des couvertures et de la nourriture." Depuis lundi, Véronique Ilie Guis vient en aide aux sinistrés. " Il a fallu s'organiser pour les aider, leur donner à manger et leur chercher un acueil pour qu'ils puissent dormir convenablementde dormir convenablement", raconte celle qui œuvre bénévolement au sein d'un autre foyer de ADOMA à Montreuil. "Le lundi soir, elles [les personnes sinistrées, Ndlr] ont dormi au cinéma municipal grâce à son directeur adjoint et l'intervention du député LFI Alexis Corbière. Le mardi, elles sont allées dans un salle de sport mais certaines sont à la rue car sans solutions", indique Véronique Ilie Guis.

Comme les résidents, elle demande à la mairie que tous les sinistrés puissent être relogés dignement. C'est également le souhait de Sangoulé Traoré, représentant des résidents. "Cet incendie est un événement grave. Même s'ils ne sont pas officiellement locataires des chambres, ils sont en règle, titulaires d'un titre de séjour et pour certains demandeurs de logement, alors on doit pouvoir leur proposer une mise à l'abri", estime-t-il.

Dans une lettre adressée au maire de Montreuil, la Ligue des Droits de l'Homme s'inquiète d'une situation "très préoccupante pour plusieurs résidents sans solution de relogement contraints de dormir dehors." La LDH demande à la mairie d'examiner les solutions de relogement. Elle estime qu'il existe plusieurs lieux vacants qui pourraient convenir pour le moment. La LDH souligne néanmoins que depuis l'incendie, la mairie a fait appel au Samu social et à d'autres services de l'Etat pour procéder à la mise à l'abri d'une cinquantaine de personnes.

La mairie en appelle à la solidarité d'autres communes

Pour Halima Menhoudj, adjointe à la mairie en charge des populations migrantes, la situation "ne peut pas continuer comme ça". Elle appelle "à la rescousse l'Etat. Il y a des victimes. Peu importent leurs situations administratives. Ce sont des personnes qui travaillent et auxquels une solution doit être apportée".

De son côté, l'entourage du maire assure qu'aucune des personnes du foyer n'a dormi à la rue la nuit de l'incendie et qu'elle a proposé des solutions d'hébergement d'urgence. "Nous demandons aujourd'hui à l'ADEF d'accélérer les processus de relogement de ces personnes", estime la municipalité. La Ville reconnaît que la LDH "joue son rôle en demandant ces relogements", mais rappelle que cela relève de la prérogative de la préfecture de Seine-Saint-Denis, et donc de l'Etat. À ce jour, l'ADEF a relogé une vingtaine de personnes sur plusieurs communes de la Seine-Saint-Denis. "Pour tous les sinistrés, nous souhaitons que des solutions de proximité pérennes soient trouvées", explique-t-on en mairie.

Enfin, la mairie souligne la difficulté pour trouver des places d'hébergement d'urgences en cette année 2024. "Du fait des JO, beaucoup d'hôtels sont réquisitionnés et ne sont donc plus disponibles pour celles et ceux qui ont besoin d'être relogés." 

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