L'ancien ministre Eric Raoult est mort à l'âge de 65 ans

L’ancien maire du Raincy est décédé ce vendredi 16 avril. Son enterrement aura lieu mercredi prochain dans la ville qu’il a dirigée de 1995 à 2014.

Éric Raoult, ancien ministre et ancien maire du Raincy est décédé, a annoncé son épousé le 16 avril 2021.
Éric Raoult, ancien ministre et ancien maire du Raincy est décédé, a annoncé son épousé le 16 avril 2021. © IP3 PRESS/MAXPPP

Éric Raoult ancien maire (UMP) du Raincy de 1994 à 2015 et ancien ministre sous Jacques Chirac est décédé ce vendredi 16 avril à hôpital de Saint-Denis. L’annonce a été faite par la famille à l’AFP en fin d'après-midi. Il avait 65 ans.

Les hommages politiques

"On savait qu'il avait eu des problèmes de santé, il avait été opéré plusieurs fois mais il avait fait un retour ou une tentative de retour ces derniers temps, donc c'est un vrai choc", a reagi Roger Karoutchi auquel Eric Raoult avait succédé à la tête des Jeunes du RPR en 1983. "C'était un militant gaulliste de trippes, de fidélité, de loyauté, se remémore le sénateur (LR) des Hauts-de-Seine à France 3 Paris Ile-de-France. C'est vraiment une perte pour la droite car il incarnant se gaullisme populaire, ce gaullisme social. Un élu de droit qui changeait un peu de la droite technocrate et énarchique".

Des souvenirs partagé par Francis Szpiner qui fut candidat à ses côtés lors des législatives en 2012. Pour la maire du XVIe arrondissement, Eric Raoult était "quelqu'un de généreux, quelqu'un qui était un guerrier, qui était dans une terre d'élection difficile, la Seine-Saint-Denis pour quelqu'un qui est RPR. Il était très attaché à son territoire, à sa ville du Raincy. C'était quelqu'un de franc, d'ouvert et qui avait le sens de l'amitié"

La fédération de Les Républicains en Seine-Saint-Denis affirme que la disparition d'Eric Raoult est une "perte immense"."Sa vie fut celle d'un homme qui avait la passion de l'engagement et la Seine-Saint-Denis chevillée au corps."

Ministre sous Jacques Chirac

Né à Paris en 1955, il s'est diplômé en 1981 à Sciences Po avant d'obtenir un master à l'Institut français de presse. En 1974 il l'adhère à l'UDR, qui devient le RPR deux ans plus tard. Après avoir effectué son service militaire, aux côtés de Nicolas Sarkozy, il est élu en 1983 premier adjoint au maire du Raincy, Raymond Mège. Trois ans plus tard il est élu une première fois député de Seine-Saint-Denis. 

Il ne cache pas une convergence d'idées avec le Front National. Au début des années 1990 il défend même un rapprochement entre le RPR et le FN, soulignant leurs « valeurs communes ». 

Quelques années plus tard, en 1995, il est nommé sous Jacques Chirac ministre chargé de l'Intégration et de la Lutte contre l'exclusion, avant de devenir ministre délégué auprès du ministre de l'Aménagement du territoire, de la Ville et de l'Intégration, à la Ville et à l'Intégration jusqu'en 1997. "Le jour où il a été nommé il m'a appelé, raconte Roger Karoutchi, et il m'a dit 'j'arrive pas à croire que quelqu'un comme moi soit nommé ministre. Il était heureux. Il vait le sentiment qu'il allait servir et encore servir davantage ses concitoyens, l'ensemble du pays. Il avait ça en lui. Il voulait être proche des gens et servir".

Au cours de ce mandat il est élu en 1995 maire du Raincy. Une fonction qu'il occupera jusqu'en 2015, ainsi que celle de député. Candidat aux élections législatives de 2012. il est battu par Pascal Popelin (PS) et perd son siège d'élu de la 12e circonscription de la Seine-Saint-Denis. Une défaite politique, qui coïncide avec une hospitalisation pour un AVC et un procès contre sa seconde épouse, Corinne, qui l'accuse de "violence sur conjoint". 

Des affaires judiciaires et une succession de défaites

Progressivement il est contesté au sein de la droite du Raincy à l'approche des municipales de 2014. Plusieurs membres du conseil municipal donnent leur démission, l'accusant d'être "un petit dictateur". Il perd au second tour face à Jean-Michel Genestier. Après sa défaite qui le prive de son dernier mandat, il fait une tentative de suicide. Durant cette même période il doit faire face à des accusions judiciaires. Il est soupçonné de harcèlement sexuel et moral, avec l'envoi notamment de 7 000 à 15 000 SMS en moins d'un an par une ancienne employée communale. 

En mars 2020, il se représente au premier tour des élections municipales au Raincy mais sa liste n'obtient que 12,2%. Malgré ses défaites, ses proches le qualifie comme un homme "militant. Un maire militant. Un député militant. Ministre militant. Vainqueur militant. Battu militant. Toujours militant et toujours fidèle", confie Roger Karoutchi.

L'enterrement d'Eric Raoult aura lieu mercredi prochain au Raincy.

 

 

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