Logement insalubre : "Il y a du caca et du pipi dans les escaliers." Des locataires à bout de nerfs face à leur bailleur

A Neuilly-sur-Marne, les locataires de la rue Voltaire n'en peuvent plus. Toilettes bouchées, évacuation des eaux usées défectueuses, mauvaises odeurs... Ils interpellent aujourd'hui leur bailleur sur l'insalubrité de leur logement.

Toilettes bouchées, bâtiment non sécurisé, dépôt d’ordures devant l’entrée de l’immeuble. Emma, (nom d’emprunt) est locataire depuis 5 ans d'un studio de 19 m2 situé rue Voltaire à Neuilly-sur-Marne en Seine-Saint-Denis. Elle paye 330 € par mois. "À chaque fois que je rentre chez moi, il y a du caca et du pipi dans les escaliers. Ça sent mauvais", explique la jeune femme.

Depuis novembre 2023, la situation s’est dégradée dans les 34 logements de la rue Voltaire gérés par le bailleur SEMINOC, en charge de plus de 1000 logements sur la commune de Neuilly-sur-Marne.

Estimant ne pas être entendu par le bailleur, les habitants ont rédigé une pétition signée par une quinzaine de locataires, dans laquelle ils listent tous les problèmes qui depuis des mois s'accumulent dans leurs logements et pourrissent leur quotidien.

Problème récurrent

L’accès aux toilettes est devenu impossible au moins une fois par mois car les eaux ne s’évacuent pas, est-il écrit dans la pétition. "Le niveau d’eau monte mais ne redescend pas et si on tire la chasse, ça déborde". "En novembre 2023, on a passé plus de 24 heures dans une odeur épouvantable, ils sont venus pour déboucher, mais c’est revenu le mois suivant", expose Emma.

Le 5 février, le même scénario se reproduit. "L’eau continue de monter dans les toilettes et personne n'est venue déboucher", déplore la jeune femme. "Il y a certains jours ou l'on ne peut pas les utiliser. La dernière fois j’ai dû sortir et aller à 15 minutes à pied pour pouvoir aller aux toilettes. Si c’est le week-end, je vais chez des amis et en semaine j'en profite pour utiliser celles de mon lieu de travail", ajoute-t-elle.

Pour faire face aux difficultés qui s'accumulent, les voisins s'organisent. "L’autre soir quand je suis rentrée, j’ai vu mes voisins en train d’éponger, et nous avons décidé de faire une pétition pour que les choses changent. J’ai déposé la pétition jeudi dans la boîte aux lettres de la SEMINOC et de la mairie", raconte la jeune femme.

Insécurité, dépôts d'ordures

Dans leur pétition, les locataires déplorent également un accès au bâtiment qui n’est pas sécurisé avec une porte d’entrée de l’immeuble qui ne ferme pas, laissant l’accès libre à toutes personnes extérieures. À cela, s’ajoute l’impossibilité de sortir de chez eux certains jours du fait de blocages par des dépôts d’ordures. "Parfois, l’accès aux portes de l’immeuble est bloqué par les poubelles ou par des voitures qui sont stationnées devant. Ce matin par exemple, c’était le cas", explique Emma.

Jérémy Nuttin, directeur général de la SEMINOC reconnaît des problèmes de canalisations dans ce groupe de logements, mais il se veut rassurant. "On est dessus, on a des prestataires qui sont sur place", assure-t-il. Il a reçu ce matin la pétition. "Nous sommes un petit bailleur social de proximité et sur tous ces sujets, on ne laisse pas nos locataires seuls". "A chaque fois qu'ils rencontrent un problème, on est sur place tout de suite, j'ai un gardien qui s'en occupe donc il n'y a pas de difficultés", explique le responsable de la SEMINOC.

Les portes d'accès détériorées vont être remplacées. Elles sont commandées, et devraient arriver prochainement, promet Jérémy Nuttin.

Intervention dans la journée

Un bailleur présent sur le terrain. "Depuis novembre, les locataires ont effectivement connu deux ou trois problèmes d'engorgement dans leur logement", explique Jérémy Nuttin "mais à chaque fois on a fait intervenir un professionnel dans la journée."

Un audit du système de canalisation est en cours avec un premier devis validé et "j'attends le deuxième devis pour pouvoir effectuer un détartrage complet de la canalisation, les travaux devraient avoir lieu avant la fin février", explique-t-il.

Pour lui, les difficultés rencontrées par les locataires de cet immeuble sont liées en partie à un bâtiment ancien (plus de 30 ans) et "à des locataires qui ont tendance à jeter tout et n'importe quoi dans les toilettes".

Il comprend l'agacement de ses locataires mais insiste pour dire qu'il ne reste pas inactif. Il s'engage à répondre à la pétition par affichage dans les locaux de la résidence et par courrier dans les boîtes aux lettres des locataires.

C'est une situation qui n'est pas acceptable et qui doit être réglé dans l'urgence

Thomas Portes, député LFI de la circonscription

Les locataires alertent depuis plusieurs mois sur une situation dégradée. Thomas Portes, député LFI de Seine-Saint-Denis, a fait un courrier pour demander au bailleur d'intervenir car "même s’il dit 'être sur le coup', il ne découvre pas les problèmes aujourd'hui", précise le député.

"On a des gens qui sont dans des logements qui paient un loyer et qui vivent dans des situations qui mettent en danger leur santé notamment sur la qualité de l'air qu'il respire. C'est une situation qui n'est pas acceptable et qui doit être réglé dans l'urgence", explique l'élu de la circonscription. "Les gens doivent pouvoir retrouver une vie quotidienne acceptable car le logement doit rester un endroit pour se reposer", insiste-t-il.

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