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Loi sur la justice : à Bobigny, les professions du droit manifestent pour dénoncer une justice à deux vitesses

Avocats, greffiers et magistrats manifestent contre le projet de loi de programmation justice 2018 au tribunal de Bobigny. / © Isabelle Audin - France 3 Paris - Île-de-France
Avocats, greffiers et magistrats manifestent contre le projet de loi de programmation justice 2018 au tribunal de Bobigny. / © Isabelle Audin - France 3 Paris - Île-de-France

Avocats, greffiers et magistrats manifestent contre le projet de loi de programmation justice 2018. À Bobigny, les personnels de justice ont envahi la salle du procès Tron en signe de protestation. Selon eux, la loi va entraîner une justice à deux vitesses.

Par Élise Ferret avec MT

Une juge, seule à son bureau, avec ses dossiers ou face à un ordinateur, et pas de contact avec les victimes ou les personnes mises en causes. Pour les magistrats, c'est un scenario catastrophe qui risque de se produire dans certains cas avec ce projet de loi.

"Pour les petits litiges, il n'y aura même plus d'accès aux juges, quel que soit le domaine, ce ne sera que par internet. Cela, c'est toujours pareil, c'est toujours plus facile pour les gens de venir s'expliquer et de répondre à des questions que de savoir remplir des formulaires qui sont parfois un peu difficiles d'accès", craint Sophie Combes, déléguée nationale du Syndicat de la magistrature.
 

Des procédures dématérialisées

Les avocats de Seine-Saint-Denis s'inquiètent de cette dématérialisation des procédures prévues avec cette réforme. Ils le savent, beaucoup de leurs clients vont sans doute renoncer à saisir la justice avant même d'avoir essayé.

"Cela va pénaliser un nombre important de citoyens qui ne savent utiliser internet, soit parce qu'ils ne disposent pas des outils informatiques, soit parce qu'ils ne savent pas parler français soit parce qu'ils sont angoissés à l'idée de saisir leur ordinateur", explique Virginie Marques, une avocate.
 

Une justice déshumanisée

Mise en place d'une plateforme numérique de résolutions de litiges en ligne, audiences et comparution à distance en visioconférences, la profession ne veut pas de cette justice qu'elle  trouve déshumanisée.

"Plus l'accès au juge devient difficile, plus on va avoir tendance à avoir des gens qui feront justice eux-mêmes ou alors qui seront totalement démunis et par voie de conséquence, n'auront plus foi en leurs institutions", affirme Valérie Grimaud, bâtonnier de l'ordre du barreau de Seine-Saint-Denis.
Grâce à cette manifestation nationale, avocats, magistrats et greffiers espèrent influencer les débats parlementaires et réussir à changer le texte du projet de loi.

Voir notre reportage sur les conditions de travail au tribunal de Bobigny en 2015.

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