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A Niort (Deux-Sèvres), l'étrange “rumeur du 9-3”

© PhotoPQR/Le Courrier de l'Ouest
© PhotoPQR/Le Courrier de l'Ouest

La député-maire PS de Niort, Geneviève Gaillard, a porté plainte pour endiguer une rumeur, colportée depuis quelques années mais qui s'est récemment emballée, selon laquelle sa ville recevrait des subventions pour accueillir des habitants de Seine-Saint-Denis.

Par Christian Meyze et AFP

C'est une bien étrange rumeur qui court les rues de Niort, et qui, ces derniers temps, redouble de vigueur, allant jusqu'à envahir les colonnes de la presse locale.« Depuis des mois, un bruit insistant, qui devient une rumeur, parcourt la ville
de Niort, et au-delà », écrit Geneviève Gaillard, la maire (PS) de la ville. Et elle poursuit, pour déplorer « la persistance et l'ampleur d'un phénomène qui porte en lui la provocation (...) la discrimination, la haine, la violence ».

Selon ce "bruit" - des articles de presse parlent d'une "rumeur du 9-3" -, la ville aurait signé une convention avec le Conseil général de Seine-Saint-Denis, l'un des départements les plus pauvres de France et à forte population immigrée, pour accueillir des "personnes de couleur noire, originaires de ce département ou d'ailleurs mais, en tout cas, non niortaises".

Ces populations seraient supposées faire courir aux Niortais un risque d'augmentation de la délinquance. Et Geneviève Gaillard dément formellement: « Une telle convention n'existe pas, c'est impossible et ridicule. »

L'élue, exaspérée par la récurrence et l'insistance de la rumeur, a fini par déposer une plainte auprès du Parquet de Niort pour "préjudice causé à l'autorité publique par des assertions mensongères".

Comme pour toute rumeur, l'origine de celle-ci est très difficile à établir. « Ça a commencé il y a trois ou quatre ans », explique Geneviève Gaillard. « Plusieurs démentis ont été publiés dans la presse locale mais, en juillet dernier, ça s'est emballé. Et ça prend de l'ampleur ».

Le Directeur des relations extérieures de la ville précise « Cela se propage par le bouche-à-oreille, par exemple chez des commerçants, mais aussi sur les réseaux sociaux, où des propos inadmissibles sont écrits ».

Faut-il voir là un lien avec la campagne pour les municipales de mars 2014 ? "Peut-être" dit-on sur place, sans en être certain, car tout cela a commencé bien avant. Reste que, comme toujours, il est extrêmement difficile d'arrêter une rumeur qui fonctionne. Ceux qui sont visés par la rumeur sont toujours les principales victimes, et plus ils démentent, plus ils deviennent suspects.

Souvent, la seule issue consiste à espérer que la rumeur s'éteigne d'elle-même. Avant Niort, d'autres villes ont aussi eu à souffrir de cette rumeur: les voisines Poitiers et Limoges ou encore Châlons-en-Champagne dont le maire, l'UMP Benoist Apparu, a lui aussi porté plainte.





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