Opposants, présentation, objectifs... Ce qu'il faut savoir sur le projet Greendock

Une manifestation a eu lieu samedi 25 mai, entre Gennevilliers et l'Île-Saint-Denis. Elle a réuni des centaines d'opposants au projet Greendock. L'entrepot, destiné au stockage de marchandises, doit sortir de terre en 2027. Voici les trois points à connaître.

Entre Gennevilliers (Hauts-de-Seine) et l'Île-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), plusieurs centaines de personnes ont manifesté contre le projet Greendock, samedi 25 mai. 59 personnes ont été interpellées, d'après une source policière à nos confrères de l'AFP.

Trois personnes se trouvaient encore en garde à vue dimanche 26 mai au soir, sur les 59 qui avaient été arrêtées samedi lors d'une manifestation, à Gennevilliers dans les Hauts-de-Seine, contre l'implantation sur les berges de Seine d'un entrepôt logistique géant, a indiqué le parquet de Nanterre. Les gardes à vue encore en cours "concernent des personnes qui n'ont pas communiqué leur identité", a précisé le parquet, sollicité par l'AFP.  Au total, 26 personnes ont été remises en liberté "en l'absence de preuves suffisantes d'infractions", 21 font l'objet d'alternatives aux poursuites et neuf sont visées par des enquêtes préliminaires, a ajouté le ministère public.

Un groupe s'est détaché du cortège pour tenter un blocage de la zone logistique de Gennevilliers. C'est à cet endroit que doit s'implanter le bâtiment contesté par certains. Un futur entrepôt pour stocker des marchandises notamment soutenu par Patrice Leclerc, maire (Parti communiste français) de Gennevilliers. De l'autre côté, les opposants dont plusieurs associations comme "Les soulèvements de la Terre", sont vent debout contre sa construction.

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Qu'est-ce que Greendock ?

C'est un grand entrepôt logistique impulsé par le groupe immobilier australien Goodman. Il doit servir au stockage de marchandises. Le bâtiment doit s'étendre sur 92 000 mètres carrés, à en croire Haropa-Ports, établissement public qui gère notamment les ports de Paris. Soit environ 9 à 10 fois la taille d'un terrain de football (lien en anglais). L'entrepôt se composera de quatre étages, fera 600 mètres de long et 35 mètres de haut.

Il doit être ouvert en 2027, d’après ses promoteurs. L'entrepôt Greendock doit s'implanter "au sein du port de Gennevilliers, en se substituant à un entrepôt logistique aujourd'hui désaffecté", indique le site du projet. Plus précisément, entre l'autoroute A15 et les voies du RER C. 

Pourquoi le projet fait parler de lui ?

Du côté associatif, les personnes mobilisées font valoir un risque pour l'environnement. "Il va être construit en face d'un site classé Natura 2000. C'est la première zone non anthropique d'Île-de-France : la présence humaine y est interdite. Il s'agit d'un îlot de verdure, constitué uniquement de forêt. Il y a des espèces protégées, par exemple le martin-pêcheur, un oiseau rare", nous confiait une habitante anonyme de l'Île-Saint-Denis, dans un article.

Autre inquiétude des opposants : de possibles nuisances sonores et visuelles, car Greendock serait sur les bords de Seine. "Il y a deux bras sur le fleuve, dont l'un contient cette zone protégée. La crainte, c'est d'avoir beaucoup de trafic fluvial sur cette partie-là", ajoutait cette habitante anonyme. De son côté, Antoine Gaudin, porte-parole du collectif Stop Greendock et participant à la manifestation craint que le bâtiment ne bloque "la trajectoire des oiseaux" et "le soleil en hiver" sur cette zone.

Qu'espèrent les partisans du projet ?

Parmi les soutiens du projet, la ville de Gennevilliers. En octobre 2022, nous avions interrogé Anne-Laure Perez, première adjointe au maire de Gennevilliers (Parti communiste français) chargée de l'aménagement et de l'urbanisme : "Ce projet de densification en hauteur permet d'éviter l'étalement logistique, donc d'éviter que les entrepôts s'étendent à perte de vue. On sait que ce sont des bâtiments hauts, mais cela change du site actuel constitué d'une friche et de hangars squattés. Le promoteur prévoit notamment 15% de transport fluvial."

C'est sur ce dernier argument que s'appuie aussi Jean Plateau, directeur du port de Gennevilliers. "L'enjeu de ce bâtiment, en se positionnant sur le port de Gennevilliers, c'est de pouvoir avoir recours notamment au fleuve pour livrer les marchandises au cœur de l'Île-de-France, être approvisionné par le fleuve et ainsi, décarboner la livraison, reporter la livraison de la route vers le fleuve, désencombrer nos routes", plaide ce responsable de Haropa-Ports.

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Des consultations pour les habitants ont eu lieu. Elles ont notamment été menées dans la commune de Gennevilliers

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