• SOCIÉTÉ
  • POLITIQUE
  • ECONOMIE
  • SPORT
  • FAITS DIVERS
  • CULTURE

Vingt-cinq ans de prison requis pour un incendie mortel à Saint-Denis en 2016

Jugé depuis le 28 novembre à Bobigny, un homme est accusé d'avoir volontairement mis le feu à un matelas dans l'appartement qu'il squattait. L'incendie
avait provoqué la mort de cinq personnes dont des enfants. / © IP3 PRESS/MAXPPP
Jugé depuis le 28 novembre à Bobigny, un homme est accusé d'avoir volontairement mis le feu à un matelas dans l'appartement qu'il squattait. L'incendie avait provoqué la mort de cinq personnes dont des enfants. / © IP3 PRESS/MAXPPP

25 ans de prison ont été requis mercredi contre un homme jugé pour avoir mis le feu à son matelas dans un mouvement d'humeur, causant la mort de cinq personnes dans un immeuble de Saint-Denis en 2016. Le verdict est attendu dans la soirée.

Par Aude Blacher

"C'est une mise à feu volontaire et déterminée" : 25 ans de prison ont été requis mercredi contre un homme jugé pour avoir mis le feu à son matelas dans un mouvement d'humeur, causant la mort de cinq personnes dans un immeuble de Saint-Denis en 2016. Jugé depuis le 28 novembre par la cour d'assises de la Seine-Saint-Denis, cet
homme de 39 ans est accusé d'avoir, le 6 juin 2016, volontairement mis le feu à un matelas dans l'appartement qu'il squattait au premier étage d'un immeuble vétuste. L'incendie s'était rapidement propagé par la cage d'escalier en bois. Les victimes avaient été découvertes au troisième étage, dans la salle de bain où elles s'étaient confinées : une femme de 46 ans, ses trois enfants de 12 à 21 ans et une amie de 20 ans. Une voisine avait également été grièvement blessée après avoir sauté du 2e étage avec son conjoint et leur nourrisson. Douze personnes avaient été transportées à l'hôpital, dont trois pompiers. 
 

"Il m'a brisé, je n'ai plus de vie"

Après avoir varié dans ses déclarations (pendant l'instruction, il avait affirmé avoir jeté une bougie allumée sur son matelas alors qu'il était "sur les nerfs") l'accusé, cheveux ras, joues creuses et impassible, a ensuite affirmé tout au
long du procès que le départ de feu était purement accidentel et qu'il pensait la bougie éteinte. "C'est une mise à feu volontaire et déterminée. Nous ne sommes pas face à une négligence mais face à un acte criminel", a au contraire estimé l'avocate générale qui a requis 25 ans d'emprisonnement assortis d'une période de sûreté des deux
tiers. "Les vidéos montrent qu'il n'est pas paniqué quand il voit l'immeuble en feu. Et puis, il a brisé sa carte de téléphone pour ne pas qu'on le retrouve, c'est le comportement d'un criminel", a-t-elle ajouté. 

"C'est totalement accidentel en raison de son manque d'attention, de sa stupidité et son imprudence folle", a plaidé l'avocat de la défense, Roger Mbeumen qui a demandé l'acquittement de son client. Très ému à l'issue des réquisitions, l'homme qui a perdu sa femme et ses trois enfants dans l'incendie a dit à l'AFP : "Il le mérite, il a tué toute ma famille. Il m'a brisé, je n'ai plus de vie. C'est une sale ordure"
Le verdict est attendu dans la soirée.
 

Sur le même sujet

Bande-annonce : Derrière la vitrine des grands magasins

Les + Lus