Seine-Saint-Denis - Un homme aux assises pour avoir poignardé à mort deux jeunes femmes à Pantin en 2016

L'accusé avait dit consommer des stupéfiants, dont de l'héroïne et de la cocaïne depuis l'âge de 13 ans, comme le jour du drame. / © Florie Castaingts - France 3 Paris Ile-de-France
L'accusé avait dit consommer des stupéfiants, dont de l'héroïne et de la cocaïne depuis l'âge de 13 ans, comme le jour du drame. / © Florie Castaingts - France 3 Paris Ile-de-France

Un homme de 54 ans, accusé d'avoir poignardé à mort en 2016 à Pantin deux jeunes mères de famille qui le soupçonnaient d'attouchements sur l'une de leurs enfants, comparaît à partir de lundi devant les assises de la Seine-Saint-Denis.

Par MT/AFP

Le drame, qui avait profondément choqué le quartier populaire des Courtillières, aux portes de Paris, s'était déroulé un soir de juillet dans la cage d'escalier de l'immeuble de l'accusé.

Les victimes, Chrystelle et Amelle, deux amies d'enfance âgées de 31 ans, avaient été retrouvées dans le hall du bâtiment. Chrystelle, mère de trois enfants, sans profession, avait été frappée six fois par arme blanche. Amelle, ancienne caissière, mère d'un petit garçon, huit fois.

Un couteau de 18 centimètres ainsi qu'un ciseau à bois ensanglanté avaient été saisis dans les parties communes et l'appartement du mis en cause.
 

L'accusé dit avoir agi en état de "légitime défense"

Interpellé quelques minutes après les faits, il avait immédiatement reconnu le double meurtre mais s'était prévalu de la "légitime défense", arguant que les victimes lui avaient porté des coups.

La veille du drame, la fille aînée de Chrystelle s'était plainte d'"attouchements" de la part de l'accusé. Selon la petite fille de 9 ans, l'homme l'aurait notamment embrassée sur la bouche.

Au cours de l'enquête, le quinquagénaire avait reconnu lui "avoir demandé un 'bisou' sur la bouche", selon une source proche de l'affaire.

Chrystelle s'était rendue au commissariat le matin du meurtre pour déposer une plainte après les déclarations de sa fille mais il lui avait été demandé de revenir avec une pièce d'identité. Peu après, suivie par Amelle, elle s'était rendue dans l'appartement de l'accusé pour avoir "des explications", selon la source proche de l'affaire.
 

Accusé dans une autre affaire de viol

L'accusé était par ailleurs sous contrôle judiciaire dans une affaire de viol d'une mineure de 15 ans dans le Val-d'Oise.

Au cours de l'enquête, il avait déclaré être en conflit avec Chrystelle, avec qui il prétend avoir entretenu une relation extraconjugale pendant plusieurs mois.

Originaire de l'Île Maurice, arrivé en 2004 en France, il travaillait comme auxiliaire de vie. Il avait dit consommer des stupéfiants, dont de l'héroïne et de la cocaïne depuis l'âge de 13 ans, comme le jour du drame.

Son avocat, Me Stéphane Maugendre, évoque un "dossier compliqué" et "dramatique", sans vouloir faire davantage de déclarations avant le procès qui doit durer une semaine.

Contactés, les avocats des parties civiles n'ont pas souhaité s'exprimer.
 

Sur le même sujet

Les + Lus