Seine-Saint-Denis - Des milliers de manifestants rassemblés à Bobigny après le suicide d'une directrice d'école à Pantin

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblés devant les locaux de l'Éducation nationale à Bobigny (Seine-Saint-Denis) en mémoire de la directrice d'école qui s'est suicidée à Pantin. / © Thomas SAMSON / AFP
Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblés devant les locaux de l'Éducation nationale à Bobigny (Seine-Saint-Denis) en mémoire de la directrice d'école qui s'est suicidée à Pantin. / © Thomas SAMSON / AFP

Ils sont venus en nombre devant les locaux de l'Éducation nationale à Bobigny (Seine-Saint-Denis) en mémoire de la directrice d'école qui s'est suicidée dans son école à Pantin. Ils protestent également contre leurs conditions de travail jugées particulièrement difficiles dans le département.

Par MT/AFP

"Combien de Christine Renon devront donner leur vie?" Des milliers de manifestants sont venus protester jeudi devant les locaux de l'Éducation nationale à Bobigny, jour des obsèques de cette directrice qui s'est donné la mort dans son école à Pantin (Seine-Saint-Denis) le 23 septembre dernier.
Sur une pancarte en carton, Isabelle, enseignante en maternelle à Clichy-sous-Bois, a inscrit "Je suis Christine Renon". "On peut tous se reconnaître dans la lettre de Christine. Nos conditions de travail sont exécrables, c'est pour ça qu'on a du mal à recruter en Seine-Saint-Denis. Le geste qu'elle a fait, tout le monde pourrait le faire", dit-elle, tremblante. 
 

"Les demandes sans queue ni tête"

Lundi 23 septembre au petit matin, la gardienne de l'école Méhul a découvert le corps de cette femme de 58 ans dans le hall de l'établissement. Deux jours plus tôt, juste avant de se donner la mort, cette directrice décrite comme "hyper investie" avait pris le soin d'adresser à une trentaine de ses collègues une lettre de trois pages où elle détaillait "son épuisement", la solitude des directeurs, l'accumulation de tâches "chronophages", les réformes incessantes et contradictoires.
Selon un témoignage recueilli par l'AFP, la fonctionnaire avait déjà posté quinze lettres dans lesquelles elle "met en cause la surdité de la hiérarchie et l'absurdité de ses conditions de travail"
 

Le ministre se dit "prêt" à faire évoluer leur statut

Mercredi, journée marquée par des appels à la grève et à des rassemblements partout en France, le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer s'est dit "prêt" à discuter du statut des chefs d'établissements.

"On doit améliorer la situation des directeurs d'école" qui n'est "pas satisfaisante", a dit le ministre sur RTL, proposant la création d'"un comité de suivi" associant syndicats et professionnels pour "faire évoluer" leur statut.
En Seine-Saint-Denis, la moitié des écoles devaient être fermées jeudi, selon le SNUipp-FSU, le premier syndicat du primaire. Une pétition réclamant "une toute autre qualité de vie au travail" lancée par une intersyndicale avait recueilli jeudi plus de 85.000 signatures.
 

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