Un an après, le ras-le-bol des riverains face au campement des consommateurs de cracks à Pantin

Publié le Mis à jour le
Écrit par Marc Taubert avec M. Fourrier et AFP

Des manifestants réclament la prise en charge des consommateurs de crack. Ces derniers sont regroupés depuis un an dans un campement insalubre à Pantin en Seine-Saint-Denis.

Pris en étau entre des axes routiers ultra-fréquentés, 300 à 400 toxicomanes à l'air hagard errent dans les rues parisiennes et celles du quartier pauvre des Quatre-Chemins, qui compte environ 25 000 habitants à cheval sur Pantin et Aubervilliers.

"Dans l'ascenseur, deux crackés sont rentrés dont une dame qui a fait une crise de manque très sévère sous les yeux de notre fils qui a 6 ans et de notre fille qui a deux ans et demi", raconte une riveraine qui a tenu à manifester ce samedi pour demander l'évacuation de ce camp.

Le 24 septembre 2021, sur décision de la préfecture de police de Paris, des consommateurs de crack, un dérivé fumable de la cocaïne très addictif, ont été transférés des Jardins d'Éole (XVIIIe arrondissement) aux confins de la capitale, dans un square de la porte de la Villette.

"Mur de la honte"

"Depuis un an, nous avons multiplié les manifestations, les saisies" en justice mais "rien n'a bougé et depuis la situation s'est détériorée", a dénoncé Bertrand Kern, maire (PS) de Pantin, lors d'une conférence de presse ce jeudi devant la voie piétonne emmurée surnommée le "mur de la honte" par des riverains.

Commerces en déclin, association de solidarité harcelée, agressions, voie publique dégradée et insécurité jusque dans les halls d'immeubles: "les gens qui habitent ce quartier vivent l'enfer", a résumé M. Kern.

"On se bat au quotidien pour améliorer le cadre de vie, on vient nous rajouter de la difficulté aux difficultés, c'est inacceptable", abonde Karine Franclet, maire (UDI) d'Aubervilliers, ce samedi, lors de cette manifestation.

À l'époque, une situation présentée comme "temporaire"

Pourtant, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, avait affirmé l'année dernière devant les députés qu'il s'agissait d'une "solution qui ne peut être que temporaire, qui ne peut durer que quelques heures ou quelques jours".

Sous l'impulsion du nouveau préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, des interpellations régulières ont lieu depuis août et un plan de lutte contre le crack doit être bientôt présenté. "Une petite lueur d'espoir", pour Mme Franclet.

En attendant, les deux édiles de Seine-Saint-Denis ont appelé les citoyens à saisir la Défenseure des droits Claire Hédon, via des courriers types distribués dans les boîtes aux lettres.

L'association de riverains Villette Village a de son côté annoncé qu'elle déposerait prochainement un recours contre l'État et la ville de Paris pour inaction.

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