• SOCIÉTÉ
  • POLITIQUE
  • ECONOMIE
  • SPORT
  • FAITS DIVERS
  • CULTURE

“Une année à Clichy” : un regard sur la banlieue dix ans après les émeutes

Un passant à Clichy-sous-Bois. / © DAMIEN MEYER / AFP
Un passant à Clichy-sous-Bois. / © DAMIEN MEYER / AFP

Le 27 octobre 2005, deux jeunes de Clichy-sous-Bois mourraient électrocutés dans un transformateur après avoir été poursuivis par des policiers. Le début de trois semaines d'émeutes. Comment la ville a-t-elle changé depuis ? Deux journalistes racontent "Une année à Clichy" dans un livre.

Par France 3 Paris IDF

"Derrière les barres d'immeubles, il y a une guinguette avec des pêcheurs, il y a Madeleine, 79 ans, pleine de joie". Derrière les clichés sur la banlieue, il y a donc la réalité complexe. Une réalité que Bahar Makooi et Joséphine Lebard ont décidé de saisir et raconter dans un livre, "Une année à Clichy".

Une année, c'est le temps qu'il a fallu aux deux journalistes, qui ont grandi en Seine-Saint-Denis, pour s'imprégner de la vie de cette ville de banlieue, traumatisée par le choc de 2005. Le 27 octobre de cette année-là, deux jeunes de 15 et 17 ans meurent électrocutés dans un transformateur après avoir été poursuivis par des policiers. Le début de trois semaines d'émeutes dans 274 communes en France, à commencer par les banlieues des grandes villes.

Retisser un lien

"Depuis 2005, les habitants de Clichy ne portent pas les médias dans leur coeur", explique Bahar Makooi. "De l'autre côté, les médias n'ont pas renvoyé l'image que nous avions de notre département. Nous avons donc voulu retisser un lien entre ces deux univers.

Pour ce faire, "il était important de se mettre dans la peau des gens, de se balader, d'observer... Bref, de prendre le temps. Dans un kebab, le McDo. Et les gens sont venus nous voir", poursuit-elle. Dans leur livre, les deux journalistes parlent de leur enfance en Seine-Saint-Denis : "Quand on a vécu dans ce département, il est plus facile de le voir autrement."
 

Des signes d'espoir

Dix ans après, l'ombre de 2005 plane toujours sur la ville qui souffre de sa réputation, d'un taux de chômage colossal, notamment chez les jeunes. "Les plus jeunes, autour de 15 ans, ont intégré une image négative d'eux-mêmes. Indiscutablement, la ville porte le poids de ce qui s'est passé en 2005."

Mais il y a des signes d'espoir, note la journaliste : des projets d'aménagement à venir, comme l'installation d'une "Villa Médicis de la banlieue", des jeunes qui créent leur entreprise... En somme, "un esprit combatif qui fait du bien."

► Bahar Makooi et Joséphine Lebard sont les invitées du 12/13 mardi.

"Une année à Clichy", de Bahar Makooi et Joséphine Lebard (Stock), 18,50 euros.

Sur le même sujet

Un groupe scolaire autour de Notre-Dame fermé à cause d'une suspicion de pollution au plomb

Les + Lus