Simulation Sequana 2016 : Au deuxième jour de la crue virtuelle de la Seine, les "complices" jouent leur rôle

Au sous-sol de la préfecture, une quinzaine d'acteurs de personnes essaient de résoudre les dommages que commencent à causer la crue simulée de la Seine.

Mardi à 11h, la Seine continue de monter ; ses eaux atteignent désormais les six mètres : au deuxième jour de la simulation "Sequana" de grande crue en Île-de-France, les partenaires "complices" jouent leur rôle dans la salle de crise de la préfecture de police de Paris. Une salle en sous-sol de la préfecture, qui, en cas de crue réelle, sera elle-même sous les eaux, abrite depuis lundi le centre névralgique de l'exercice Sequana. Ici sont regroupés une quinzaine de "complices" : des représentants de quelques unes des 87 institutions et entreprises participantes. Les heures passent, l'eau monte virtuellement. Des "morceaux de scénario" leur sont progressivement remis. Les "complices" appellent alors au téléphone leur propre cellule de crise, dans leur entreprise ou administration, pour dicter la réaction à adopter.



Autour de la table on signale "des problèmes de distributeurs de monnaie", "des problèmes d'hydrocarbures", des évacuations nécessaires... Un représentant d'ERDF est présent, ainsi que ceux d'opérateurs téléphoniques ou de la direction régionale et interdépartementale de l'environnement et de l'énergie. Concentrés sur leurs écrans, ces "complices" voient tomber des messages de la préfecture ou des communiqués de presse qu'ils transfèrent à leurs équipes. "Nous avons donné un scénario socle", explique Stephan Portier, chef du bureau des exercices. "Ensuite, c'est à eux de tester leurs procédures internes. Le but est de pousser les cellules de crise le plus loin possible."

"On ne sera jamais vraiment prêts"

Au fur et à mesure que la Seine et la Marne débordent, "on ajoute des éléments perturbateurs", poursuit Stephan Portier. "On se prépare, mais on ne sera jamais vraiment prêts", prévient-il toutefois, soulignant que "la crue, c'est délicat". Dès ce mardi, le scénario prévoit déjà des évacuations à Gennevilliers (Hauts-de-Seine). En cas de crue majeure, Paris ne serait en effet pas la seule ville touchée : le grand quartier d'affaires de la Défense serait coupé de la capitale, tandis que Clichy, la Garenne-Colombes ou Gennevilliers auraient les pieds dans l'eau, et les autoroutes A86 et A15 seraient impraticables. Les transports, l'électricité et les communications seraient défaillants dans la majorité de l'Île-de-France.


Une simulation qui concerne 200 "joueurs" par jour

Dans la pièce jouxtant celle des "complices" se tient une réunion à huis clos avec le centre interministériel de crise (CIC). On ne sait pas ce qu'il y sera décidé pour cette deuxième journée. Lundi, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait fait savoir qu'un exercice de délocalisation du CIC en région parisienne était prévu. Dans la salle, les téléphones sonnent. "Tous les partenaires sont pris dans l'exercice", se félicite le préfet Jean-Paul Kihl, secrétaire général de la zone de défense et de sécurité de Paris. Selon lui, "comme cela va durer quinze jours, nous aurons des gens différents tous les jours. Ce sont à peu près 200 personnes par jour qui 'jouent'". Car chacun des 87 partenaires ne va pas pratiquer l'exercice tous les jours. Certains ne "joueront" qu'une fois, d'autres plusieurs.

La crue doit se stabiliser samedi et dimanche, avec des eaux à plus de huit mètres. Deux jours durant lesquels auront lieu des exercices de terrain (certaines opérations seront d'ailleurs ouvertes au public).