Télétravail prolongé, attestation employeur, horaires décalés, une charte en négociation pour organiser le déconfinement

Pour préparer l'après 11 mai, une charte est en cours de négociations pour éviter la saturation dans les transports en commun en Ile-de-France. La charte doit être signée lundi et prévoit un taux de présence très progressif, le maintien de l'attestation employeur et des horaires décalés. 

Une charte devrait être signée lundi pour limiter le déconfinement dans les transports en Île-de-France (Illustration)
Une charte devrait être signée lundi pour limiter le déconfinement dans les transports en Île-de-France (Illustration) © PHOTOPQR/BERRY REPUBLICAIN/MAXPPP
Le déconfinement du 11 mai ne devrait pas changer grand-chose pour Vincent-Charles, contrôleur de gestion à Levallois et en télétravail depuis le début du confinement. "A partir du 11 mai, pour toutes les fonctions administratives, nous avons pour instructions de continuer le télétravail, il faut le moins de présentiel possible", explique ce trentenaire, qui a quitté la région parisienne pour se confiner au bord de la mer le 16 mars. "Du coup, je vais essayer de rester 15 jours de plus dans les Charentes maritimes. ", poursuit-il. 

Son entreprise fera peut-être partie des signataires d’une charte en cours de négociation en Île-de-France entre les entreprises, les partenaires sociaux, les collectivités locales et les réseaux de transport. Cette charte qui doit être signé lundi et dévoilée par France Bleu a pour but de limiter au maximum l'affluence dans les transports en commun au moment du déconfinement.

"Il apparaît crucial, afin d’éviter les congestions, qui pourraient relancer les contaminations, de ne pas recréer les tensions constatées habituellement aux heures de pointe", indique la charte. "Le principal levier pour limiter le nombre de déplacements professionnels est de prolonger cet effort, en maintenant un taux de télétravail le plus élevé possible", est-il précisé
 

Taux de présence augmenté de 10% chaque semaine

La première semaine de déconfinement, les entreprises s'engageraient donc à maintenir le télétravail pour tous les salariés. Seuls les salariés qui pourraient se déplacer sans transports en commun seraient autorisés à venir, ainsi que les salariés en souffrance psychologique.
A partir du 18 mai, et "sous réserve des constats partagés sur les conditions de saturation des transports en commun ", ce taux de présence pourrait être augmenté chaque semaine de 10%.

"80% jusqu'à l'été"

"Avec l'Etat, nous proposons que 100% des salariés qui sont aujourd'hui en télétravail ne retournent pas au bureau la semaine du 11 mai. Nous voulons tendre vers un objectif de 90% la deuxième semaine, puis 80% jusqu'à l'été", a déclaré la présidente de la région Valérie Pécresse au Journal du dimanche.
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Horaires d’arrivée décalés

Le document suggère également "dans le respect des contraintes d’activité de l’entreprise", une nouvelle organisation de travail pour répartir de manière homogène les arrivées et les départs. Les salariés arriveraient en décalé sur les tranches 5h30-6h30, 6h30-7h30,7h30-8h30, 8h30-9h30 et 9h30-10h30.

Arnaud Tronchon, président de Transway, qui tente de mobiliser les entreprises de la Défense depuis 2018, dans ce domaine se dit optimiste sur ces arrivées en décalé. "Si on lève le frein coté entreprise et qu’elles n’ont plus le choix, l’utilisateur sera très réceptif à cette démarche",  assure-t-il.

Un nouvelle réorganisation qui serait particulièrement utile à La Défense où 180 000 salariés travaillent mais où 100 000 arrivent en une heure seulement sur site .

Attestation employeur

Cette charte indique également que les salariés de retour au bureau obtiendront une attestation d'employeur indiquant leurs horaires de travail.
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