Vaccination des moins de 12 ans : "La circulation du virus se développe de plus en plus dans cette tranche d’âge"

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Écrit par Pierre De Baudouin
© MIKAEL ANISSET / MAXPPP

Un conseil de défense sanitaire était organisé ce lundi pour décider de la stratégie à adopter face à la pandémie. Le protocole sanitaire dans les établissements scolaires passe au niveau 3. La vaccination des 5/11 ans est recommandée pour les enfants à risques.

Le gouvernement a tranché ce lundi, à l’occasion du conseil de défense sanitaire : le protocole sanitaire dans les écoles va passer au niveau 3.

Port du masque en intérieur et en extérieur, limite des brassages par niveau et par classe pendant la restauration, désinfection des locaux, du matériel et des tables… Seules les activités physiques de basse intensité compatibles avec le port du masque et les règles de distanciation seront autorisées en intérieur.

Autre sujet discuté lors du conseil de défense sanitaire, alors que le gouvernement attend un nouvel avis de la Haute Autorité de santé (HAS) : la vaccination des 5-11 ans. "Sur le plan épidémiologique, ça semble tout à fait justifié d’étendre la vaccination pour freiner la circulation du virus, qui se développe de plus en plus dans cette tranche d’âge", juge Yves Buisson, épidémiologiste et membre de l'Académie nationale de médecine, basée à Paris.

"Quant à la question de la balance bénéfice-risque, à titre individuel le risque pour les enfants de développer des formes graves est évidemment faible, même si ce n’est pas à négliger, poursuit l’épidémiologiste. Mais la circulation du virus entraîne des risques indirects, avec des fermetures de classes et d'établissements. Ça pose la question des troubles psychologiques et des problèmes familiaux, avec par exemple la garde des enfants. La vaccination apporte donc des bénéfices indirects."

"Le vaccin est trois fois moins dosé"

"Pour ce qui est des risques liés au vaccin, c’est normal d’être très prudent, ajoute Yves Buisson. Mais il faut noter que le vaccin est trois fois moins dosé. C’est uniquement du Pfizer. Les plus jeunes peuvent déjà être vaccinés aux Etats-Unis, en Israël et au Canada, et il ne semble pas y avoir de problèmes." L’Agence européenne des médicaments (EMA) a en effet récemment accordé une extension d’autorisation de mise sur le marché au vaccin "Comirnaty" de Pfizer pour les enfants âgés de 5 à 11 ans.

Pour l’heure, la Haute autorité de santé (HAS) recommande de vacciner les 5-11 ans à risque de développer une forme grave de la maladie et "ceux vivant dans l’entourage de personnes immunodéprimées ou vulnérables non protégées par la vaccination".

Dans un communiqué publié mardi dernier, la HAS conseille par ailleurs "de renforcer la prévention de la transmission en milieu scolaire par le maintien des mesures barrières, l’aération régulière des locaux et l’utilisation périodique des tests de dépistage". "Du fait de la vaccination des enfants âgés de 12 à 17 ans, la classe d’âge des 6 à 11 ans est désormais celle, parmi les enfants scolarisés, qui enregistre le taux d’incidence le plus élevé", ajoute également la HAS.

"Les enfants, souvent asymptomatiques, contractent le virus et le ramènent à la maison"

"Les enfants, souvent asymptomatiques, contractent le virus et le ramènent à la maison, explique l’épidémiologiste Yves Buisson. Au mois de janvier, il sera peut-être question d’élargir la vaccination à l’ensemble de la tranche d’âge, toujours sous la forme du volontariat. Etant donné la part de familles qui risquent d’être réticentes, on peut prévoir que l’effet sur l’épidémie sera limité."

"Risque possible de survenue d’effets indésirables rares (myocardites, péricardites)", "bénéfices indirects de cette vaccination sur les plans psychologique, social et éducatif", "acceptabilité de la vaccination par les parents"... La HAS se prononcera "ultérieurement sur la pertinence d’élargir cette vaccination après avoir auditionné les parties prenantes".

Les derniers chiffres communiqués par Santé Publique France indiquent, du 26 novembre au 2 décembre, un taux d’incidence de 859,88 cas pour 100 000 habitants en Île-de-France pour les 6-10 ans. Au niveau national, ce taux d'incidence était de 917,50 cas pour 100 000 habitants.

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