Vaccination obligatoire des soignants : "les hôpitaux sont sous pression, on ne peut pas avoir de soignants absents"

Les Sages du Conseil constitutionnel ont validé ce jeudi après-midi leur décision de rendre la vaccination obligatoire pour les soignants. Au cœur de cette décision, se pose la problématique de l’absentéisme du personnel médical refusant ou étant dans l’incapacité de se faire vacciner.
Une dose de vaccin contre le COVID
Une dose de vaccin contre le COVID © MIGUEL MEDINA / AFP

Les Sages du Conseil Constitutionnel ont rendu leur décision concernant le Pass Sanitaire et la vaccination obligatoire des soignants ce jeudi à 17h. Ils ont validé l'obligation vaccinale pour les soignants. Alors que la tension sur les hôpitaux augmente de jour en jour à cause d’une résurgence des cas de Covid en France, des spécialistes s’alarment face au refus de certains soignants d’avoir recours à la vaccination. C’est le cas notamment de Robert Sebbag, infectiologue à la Pitié-Salpêtrière qui explique que "la situation se détériore dans les hôpitaux et le fait que des soignants prennent le risque de contaminer des patients en refusant la vaccination n’est pas acceptable"

Pour l’infectiologue, la problématique de la vaccination obligatoire pour les soignants pose une question éthique fondamentale pour le personnel médical. Ainsi, il demande "est-il acceptable que des gens qui choisissent un métier sanitaire refusent un vaccin et mettent de surcroit la vie des autres ?". Enfin, il insiste sur le fait que, selon lui, le refus de la vaccination est un choix politique de la part des soignants: "Certains sont même prêts à démissionner alors qu’on a déjà des problèmes d’effectifs".

"A la pression du Covid s’ajoutent les autres pathologies qui demandent également de l’attention"

L’infectiologue alerte également sur la pression subie par les services hospitaliers en cette période de vacances scolaires. "Le Covid monopolise des places, mais il y a également d’autres pathologies à traiter donc cela met nos services sous pression. On ne peut donc pas se permettre quelque absentéisme que ce soit". À cela s’ajoute, la tension due à la période estivale dans les hôpitaux. "Les gens souhaitent se reposer et profiter des vacances après cette année encore compliquée, cela implique pour le personnel hospitalier, un été lors duquel il faudra être présent et vigilant face à une arrivée massive de patients", précise Robert Sebbag. 

"Nous ne sommes pas contre le vaccin mais nous demandons au gouvernement de reconnaître sa responsabilité dans cette crise"

Du côté des syndicats de soignants, certains considèrent que le recours à la vaccination obligatoire ne doit exempter l’exécutif de sa responsabilité dans la gestion de la crise sanitaire. Aurélie Jochau, secrétaire CGT de l’AP-HP, dénonce le fait que "le gouvernement est prompt à mettre la faute sur les soignants, mais refuse de remettre en question sa politique durant cette crise". 

En ce qui concerne la position du syndicat à propos de la vaccination obligatoire, la responsable syndicale apporte la nuance suivante : "Nous ne sommes pas contre le vaccin, mais nous demandons au gouvernement de reconnaître sa responsabilité dans cette crise. Les dirigeants de ce pays veulent laisser entendre que les soignants sont les seuls responsables de la crise, que si l’on se vaccine, la crise sera réglée, or, cela ne fonctionne pas ainsi".   

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