Deux ans de prison pour l'agresseur d'un livreur à Cergy

Fin mai, un livreur de repas avait été violemment agressé et victime d'insultes racistes à Cergy dans le Val d'Oise. L'homme, retrouvé grâce à une vidéo, était jugé ce jeudi. Le procureur avait requis trois ans de prison ferme à son encontre.
L'homme avait copieusement insulté la personne qui le filmait.
L'homme avait copieusement insulté la personne qui le filmait. © France 3 Paris Ile-de-France

Le 30 mai dernier, ils avaient à peine eu le temps de s'apercevoir. Lui est livreur de repas. Ce soir-là, alors qu'il attend une commande en écoutant de la musique, Dieugrot Joseph est violemment agressé. "Je pissais le sang. Cela ne suffisait pas, il s'est acharné et m'a donné des coups et je suis tombé", se remémore-t-il.

Une jeune femme, aussi présente à l'audience, interpelle alors l'agresseur depuis sa fenêtre. Une pluie d'insultes va suivre : "espèce de négresse", "sale noire", "pendant 800 ans on vous a vendu comme du bétail", s'exclame l'homme filmé par la jeune femme. "Si c'était à refaire, je le referais sans hésiter", explique-t-elle.

durée de la vidéo: 01 min 51
Agression violente d'un livreur à Cergy en mai dernier ©France 3 Paris Ile-de-France

Le patron aussi victime

L'agresseur, un homme de 24 ans, regrette ses propos mais explique lui-même avoir été insulté. "Il a été traité de sale arabe. Cette jeune femme l'a poussé dans ses retranchements, l'a ramené à ses origines constamment et il y a un moment où il a craqué", affirme Me David Curiel, son avocat.

Diffusée sur les réseaux sociaux, la vidéo devient rapidement virale. Dès le lendemain, un rassemblement s'improvise sur les lieux de l'agression, devant le restaurant le Brasco dont certains imaginent que le patron emploie l'agresseur.

Ce n'est pas le cas mais pour le propriétaire, le mal est fait, lui-même devient une cible. "Je me réveille un matin et c'est la guerre. Je reçois des menaces de mort, plus de 10 000, je vais travailler avec une boule au ventre", raconte le dirigeant.

A l'audience, le procureur avait requis trois ans de prison ferme à son encontre.

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