Harcèlement scolaire. Affaire Evaëlle : procès requis contre trois personnes dont une enseignante

Le parquet a requis un procès contre une enseignante et deux adolescents. La jeune Evaëlle s'était suicidé en 2019 à Herblay-sur-Seine dans le Val-d'Oise après avoir été victime de harcèlement dans son collège. Elle avait changé d'établissement quelques mois avant son suicide.

En juin 2019, l'élève de sixième s'était pendue après avoir subi du harcèlement de la part de sa professeure de français et d'un groupe d'élèves. Le parquet de Pontoise a annoncé avoir requis un procès ce samedi contre l'enseignante et deux élèves.

En cas de procès, décidé par le juge d'instruction, l'enseignante serait renvoyée devant le tribunal correctionnel et les deux adolescents devant le tribunal pour enfants, a précisé le parquet, confirmant une information du Monde. Un troisième camarade, mis en examen, a bénéficié d'un non-lieu.

Changement de collège quelques mois avant le drame

La collégienne âgée de 11 ans au moment des faits s'était suicidée en fin d'année scolaire. Elle avait changé d'établissement du fait du harcèlement qu'elle subissait. Au-delà du comportement insultant et violent de camarades, elle avait fait face à des tensions avec sa professeur de français au sujet de la mise en place d'un protocole médical relatif à des problèmes de dos.

Dans un premier temps, la situation avait été réglée en interne et Evaëlle, décrite comme précoce, joyeuse, mais ayant des difficultés dans les relations sociales, n'appréhendait plus de se rendre en cours de français. Pourtant, quelques mois plus tard, l'enseignante avait demandé, durant une session consacrée au harcèlement scolaire, aux élèves d'exprimer leurs reproches à Evaëlle qui devait ensuite s'expliquer.

Dans son réquisitoire définitif, le parquet estime le "harcèlement moral caractérisé" et que les agissements de l'enseignante envers Evaëlle ont été "un déclencheur puis catalyseur du harcèlement perpétré par les élèves de sixième à son encontre."

Des "humiliations régulières"

Ses "humiliations régulières" ont provoqué la "dégradation majeure des conditions de vie" et une "fragilisation du psychisme de l'enfant", est-il écrit dans le document consulté par l'AFP.

Son dossier administratif fait état d'une "professeur expérimentée, sérieuse et dynamique" mais l'enquête a brossé un autre portrait. Plusieurs plaintes avaient été déposées contre le groupe d'élèves et l'enseignante. Cette dernière a été mise en examen en novembre 2019. Même chose pour trois adolescents en décembre de la même année.