Val-d'Oise - Les proches d'Adama Traoré et des Gilets jaunes manifestent ensemble contre les violences policières

Trois ans après la mort d'Adama Traoré, la famille a manifesté dans les rues de Persan et de Beaumont-sur-Oise (Val-d'Oise), soutenue par des Gilets jaunes et des Gilets noirs. / © MaxPPP/Photopqr/Le Parisien/Arnaud Dumontier
Trois ans après la mort d'Adama Traoré, la famille a manifesté dans les rues de Persan et de Beaumont-sur-Oise (Val-d'Oise), soutenue par des Gilets jaunes et des Gilets noirs. / © MaxPPP/Photopqr/Le Parisien/Arnaud Dumontier

Entre 1.500 (gendarmerie) et 5.000 (organisateurs) personnes -dont une centaine de Gilets jaunes- ont marché entre la gendarmerie de Persan et le quartier Boyenval à Beaumont-sur-Oise (Val-d'Oise).

Par L.B. (avec W. V.Q. et AFP)

Un cortège tout en noir, parsemé d'une couleur jaune fluo. Quatre ans après la mort d'Adama Traoré lors d'une interpellation policière à Beaumont-sur-Oise (Val-d'Oise), la famille et les proches du jeune homme ont été rejoints ce samedi par une centaine de personnes se revendiquant des Gilets jaunes. Ensemble, ils ont marché pour dénoncer les violences policières. "Nous sommes Gilets jaunes depuis 40 ans", a même déclaré Assa Traoré, la soeur d'Adama, lors d'une conférence de presse avant le début de la marche.
 
© France3 IDF
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"Cette marche avec les Gilets jaunes est un grand pas dans le combat contre les violences policières", a-t-elle lancé, aux côtés de membres du Comité Adama. Au total, environ 2.000 personnes -dont une centaine de Gilets jaunes- ont marché entre la gendarmerie de Persan et le quartier Boyenval à Beaumont-sur-Oise, où Adama Traoré a vécu. "On ne veut pas qu'en 2020, il y ait encore une marche pour Adama mais qu'il y ait un procès", a poursuivi la soeur.
 

Un soutien en jaune

Les Gilets jaunes présents à la marche venaient parfois de loin -certains nous ont dit venir des Ardennes ou encore de Loire-Atlantique. Des Gilets jaunes qui ont, pour certains, découvert les violences policières lors des rassemblements sur les ronds-points ou lors des manifestations les samedis. "J'ai découvert cette violence", explique ainsi à France3 Paris Île-de-France une Gilet jaune venue de Saint-Nazaire. "J'avais entendu parler de ce qui se passait dans les banlieues, et j'ai fini par comprendre qu'en fait, tous, on ne nous écoute pas."

Pour moi, les policiers ont commencé à s'entraîner sur les banlieues en 2005 quand Zyeb Benna et Bouna Traoré ont été électrocutés. Puis, ils se sont entraînés sur les ZAD. Et maintenant, ce sont les Gilets jaunes. Et c'est une répression d'Etat qui augmente.
Une Gilet jaune originaire de Saône-et-Loire.

 

"Un pas vers la banlieue"

Une marche contre les violences policières qui coïncide aussi avec le 36e samedi de mobilisation des Gilets jaunes. "Comme nous depuis 40 ans, ils sont réprimés par la police", a lancé Youcef Brakni, du Comité Adama. Ainsi, au-delà du soutien au "combat Adama", les manifestants défileront pour "toutes les victimes" des forces de l'ordre, avec un mot d'ordre : "Ripostons à l'autoritarisme". "Les Gilets jaunes ont fait un pas vers la banlieue, c'est très fort et ça montre au système qu'on peut être unis", poursuit Assa Traoré.
 
Les proches d'Adama Traoré et des Gilets jaunes manifestent ensemble contre les violences policières

Plusieurs organisations, le PCF, la Ligue international des droits de l'homme (LDH) ou Amnesty International, ont aussi appelé à se joindre à la marche, inquiets du "nombre inédit de blessés graves" lors des récentes manifestations, selon Amnesty. L'année dernière, quelque 1.500 personnes avaient défilé à Beaumont-sur-Oise.

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