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#Pasdevague : après le “braquage” de Créteil, le ras-le-bol des enseignants d'Île-de-France (et d'ailleurs)

Les réactions politiques se sont multipliées après l'attaque au couteau à Paris. / © Lino Mirgeler - MAXPPP
Les réactions politiques se sont multipliées après l'attaque au couteau à Paris. / © Lino Mirgeler - MAXPPP

Une vidéo montrant un élève braquant une professeure, dans un lycée de Créteil, a circulé sur les réseaux sociaux. Après cette polémique, largement commentée par la sphère politique, les témoignages d'enseignants pleuvent sur le Web, sous le hashtag #Pasdevague.

Par France 3 Paris IDF/ET

La vidéo a fait le tour du Web depuis sa mise en ligne vendredi. On y voit un élève mettre en joue sa professeure, et lui intimer l'ordre de le noter "présent". La séquence, d'à peine une vingtaine de secondes, a déclenché un torrent de réactions durant le week-end, de Jean-Michel Blanquer à Valérie Pécresse, en passant par Emmanuel Macron.
Alors qu'une enquête a été ouverte, et que l'un des jeunes apparaissant sur la vidéo a été mis en examen pour "violences aggravées", l'heure est aux répliques de la polémique. Depuis ce week-end, de nombreux témoignages d'enseignants fleurissent sur les réseaux sociaux, sous le hashtag #Pasdevague. C'était l'une des premières tendances sur Twitter, lundi matin. Depuis dimanche 18h, 35.173 tweets ont été publiés par 10.117 internautes, a indiqué la plateforme Visibrain, lundi après-midi.
 

"Un mot du rectorat... Et on oublie"

"Quand vous faites face à une situation de ce type, c'est difficile de savoir comment réagir. Il ne faut pas que la situation s'emballe", nous expliquait samedi Didier Sablic, du syndicat SNEP FSU 94 et enseignant au lycée Edouard-Branly de Créteil, où se sont déroulés les faits. Sur la vidéo, on voit en effet la professeure garder, semble-t-il, son calme, sans réaction manifeste. Scènes de violence ou menaces, des témoignages sont depuis partagés sur les réseaux.

Première année de stage : une bagarre éclate entre des 5èmes. Je me prends plusieurs coups avec des bleus de plus de 5 cm.

"Première année de stage : une bagarre éclate entre des 5èmes. Je me prends plusieurs coups avec des bleus de plus de 5 cm. Un conseil de discipline pour la bagarre. Une lettre d'excuse pour moi. Et un mot du rectorat pour me dire qu'il me soutient. Et on oublie", raconte ainsi Madame Sourire, internaute de Saint-Denis. 
Autre témoignage rapporté sur le réseau social, celui d'Emilie Dietsch, qui raconte avoir été contractuelle durant quatre ans. "Quand il y avait insultes ou menaces, les réponses étaient cultissimes : 'Vous avez sûrement mal entendu', 'Ce sont de gentils gamins'... J’ai remballé et quitté l’Education nationale. Respect et admiration pour ceux qui continuent", écrit-elle.

"Vous avez peut-être mal entendu"

DonaSol, professeur de lettres parisienne, raconte une étonnante scène, dans un collège. "Un élève passe dans le couloir et crie :'Madame M sale pute !' Première réaction de la principale :'Vous avez peut-être mal entendu car ce n'est pas sa version des faits'. Heureusement que j'avais une douzaine de 6èmes comme témoins."
Enfin, "je pourrais écrire un livre sur ce que j'ai vu en tant que pionne", écrit Mo, une internaute sur Twitter lundi matin. "Et ça va dans les deux sens : prof/élève et élève/prof", précise-t-elle dans son témoignage.

Suite à l'affaire de Créteil, un plan d'actions doit être élaboré par les ministères de l'Intérieur et de l'Education nationale, afin de "sanctuariser" l'espace scolaire. "La force doit toujours être du côté du droit. Tout sera mis en œuvre pour qu’il en soit ainsi en permanence dans tous nos établissements", ont indiqué Jean-Michel Blanquer et Christophe Castaner dans un communiqué commun dimanche.

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