"Ces formations sont indispensables" : profs et élèves contre la fermeture de bacs pro dans des écoles de la Chambre de Commerce et d'Industrie

Depuis une semaine, ils se relayent jour et nuit devant les campus d’Orly, Paris-Gambetta et Jouy-en-Josas. Les enseignants et élèves souhaitent que ces formations à des métiers en lien avec la transition écologique soient maintenues pour les générations futures.

"Ce sont des métiers porteurs d'avenir, ils doivent être enseignés à ceux qui le souhaitent." Antoine Bozec est en colère. Ce paysagiste francilien est également enseignant à Jouy-en-Josas dans les Yvelines. Il intervient auprès d'élèves en bac pro à la LEA-CFI, un groupe d'école spécialisées dans les métiers de l'environnement.

Début mars, il a appris la décision de la Chambre du Commerce et de l'Industrie de fermer tous les bacs professionnels du groupe LEA-CFI sur les campus d'Orly, Jouy-en-Josas et Paris-Gambetta. La CCI d'Île-de-France est actionnaire majoritaire de cette école. "Ils ont décidé de fermer 8 filières en tout à la rentrée 2024", indique Antoine Bozec en grève depuis le début de la semaine. Les élèves qui ont démarré leur cursus dans ces bacs pro pourront les terminer, mais les filières n'accueilleront plus de nouveaux élèves en septembre prochain.

"Des métiers d'avenir"

Ces bacs pro préparent pour la plupart à des métiers en lien avec la préservation de l'environnement et de la biodiversité. "Ce sont des métiers d'avenir surtout dans le contexte actuel, où la transition écologique est au cœur du débat", relève Sabrina David, assistante pédagogique sur le campus de Jouy-en-Jossas. Depuis le 14 mars, les équipes pédagogiques des trois campus sont mobilisées et demandent des comptes. Sur le site Change.org, ils ont lancé une pétition où ils dénoncent les "objectifs purement financiers" de la direction. "On veut comprendre pourquoi une telle décision a été prise. Ces diplômes préparent à des métiers qui intéressent de plus en plus de jeunes", indique Antoine Bozec qui était mobilisé ce vendredi devant le campus des Yvelines.

"Récemment, nous avons pu nous en rendre compte lors de nos portes ouvertes. Avoir des connaissances pratiques d'entrée, c'est très avantageux pour tous ceux qui se lancent dans ce type de métier et cette formation apporte cela", appuie Hugo Gillet, élève en bac pro Gestion des Milieux Naturels et Forestiers (GMNF) qui est menacé de fermeture. L'ensemble des formations menacées accueille actuellement près de 400 élèves.

Pour les parents, ces suppressions sont également de mauvais augure. "Mettre l'accent sur la pratique a permis à mon fils de se réconcilier avec l'école et je pense que ce type de formations peut être bénéfique à bien d'autres jeunes à l'avenir", note Ludovic Dupont, père d'un élève en première au sein du bac pro GMNF. 

Une décision avant tout financière 

Dans une note transmise aux enseignants le 5 mars dernier, la direction des LEA-CFI indique que ces fermetures ont été actées pour des raisons financières. Elles auraient pour but de "réduire les foyers de perte", précise la note.  

"Retrouver le chemin de la croissance impliquerait la fermeture de formations durablement déficitaires", lit-on plus loin. La direction cite également la "concurrence accrue des lycées professionnels et le placement difficile des élèves de ces sections en entreprise" pour motiver cette décision. De son côté, la CCI s'engage à accompagner "tous les personnels affectés" par ces fermetures. 

"Nous avons du mal à recruter dans ces secteurs" 

Le mouvement des professeurs est soutenu par plusieurs élus locaux. La maire DVD de Jouy-en-Josas Marie-Hélène Aubert explique que "ces formations sont indispensables. Elles traitent de la transition écologique, de la biodiversité ou encore de l'entretien des terrains sportifs. Ce sont des secteurs où il est difficile de recruter car il s'agit de savoir-faire particuliers."

L'édile dit avoir été "surprise par cette annonce car ces diplômes sont en adéquation avec ce que prône le gouvernement et très demandés par les jeunes." Elle regrette que ces formations soient fermées "pour le seul motif qu'elles ne sont pas rentables."

Les enseignants prévoient une manifestation devant le siège de la CCI d'Île-de-France le 28 mars prochain.