"Il faudrait que l’on demande que chaque enfant qui rentre à l’école présente une attestation de test négatif"

La commune de Chambourcy, dans les Yvelines, connaît depuis quelque jours une pression épidémique due à la détection de 13 cas de variant sud-africain de la Covid-19. Le maire se dit favorable à la mise en place d'un passeport sanitaire dans les écoles.

Un cartable suspendu à une table, dans une salle de classe. (Illustration) • © Fred Tanneau /AFP
Un cartable suspendu à une table, dans une salle de classe. (Illustration) • © Fred Tanneau /AFP

Il y a trois semaine, les premiers cas du variant sud-africain de la Covid-19 étaient enregistrés à Chambourcy (Yvelines). Treize cas - 6 adultes travaillant au sein d'une école maternelle et sept enfants - ont été détectés dans cette commune de moins de 6000 habitants.

Une campagne générale de tests a été effectuée ce week-end pour tous les habitants qui l’ont souhaité, ainsi que des opérations de dépistage en début de semaine dans les écoles et collèges de la ville. En tout, ce sont 1129 tests PCR qui ont été effectués. Un quart de la population de la commune s’est donc portée volontaire pour se faire tester. La rentrée des classes a par ailleurs été repoussée d’une semaine, à lundi 8 mars, dans certains établissements de la commune. 

Trois questions à Pierre Morange, médecin de formation et maire (LR) de Chambourcy depuis 25 ans.

 

Quels sont les résultats des tests que vous avez effectué le week-end et en début de semaine?

Sur les 1129 tests PCR que nous avons effectués, nous avons eu 13 cas positifs à la Covid, dont 7 du variant sud-africain. Nous sommes donc notoirement en dessous du seuil d’alerte, avec 1% de cas positifs à la Covid et 0,6% au variant sud-africain. Cela n’a fait que conforter la pertinence de la mesure que j’ai mise en place au mois de février. J’étais dans une logique de dépister, de tracer et d’isoler. Et les résultats sont rassurant. La première partie de l’opération est réussie. Il faut toutefois poursuivre la méthodologie afin de stériliser le foyer infectieux primitif du variant sud-africain. C’est-à-dire de faire en sorte que toute la population scolaire qui doit normalement reprendre le chemin de l’école lundi prochain soit négative aux tests, sinon on risque de réalimenter une chaine épidémique. 

Comment s’y prendre ? 

En multipliant davantage les tests. J’ai demandé à l’Éducation nationale, et en accord avec l’ARS, qui dépend du préfet, d’une première opération de tests salivaires ait lieu ce jeudi dans le collège, et vendredi matin pour les maternelles et l’école élémentaire. Ces tests se feront dans le gymnase municipal. Bien évidemment il faut l’accord parental. Cela reviendra à tester 1200 élèves. Nous aurons très probablement les résultats de ces tests le week-end prochain.

Concernant la rentrée, je ne peux pas me substituer aux autorités de l’État. En plus, l’Éducation nationale prend en charge le sujet de A à Z. Mais je pense qu’il faudrait que l’on demande, pour ne pas dire que l’on exige, que chaque enfant qui rentre à l’école – maternelle, élémentaire ou collège – présente un certificat, une attestation de test négatif, de virginité virale.

Avez-vous le droit de faire cela ? 

Le sujet est d’ordre juridique, notamment en ce qui concerne la gestion des données personnelles. En état d’urgence sanitaire, voté par le parlement, on pourrait imaginer que cette demande soit légitime intellectuellement et sanitairement parlant et qu’on ne se fracasse pas devant un contentieux juridique. Il faut donc la participation de tous, mais en ce qui concerne la responsabilité juridique c’est à l’État de prendre ses responsabilités.

Le sujet de cette attestation est à l’étude. Mais je pense que l’État, dans l’exercice de ses missions régaliennes, devrait pouvoir trouver les voies et moyens. Et si tel n’est point le cas, espérer que le civisme de nos concitoyens se substitue à une zone d’ombre sur le plan législatif.

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