La gestion du marché du Val Fourré à Mantes-la-Jolie, l'un des plus grands de la région, épinglée

Un rapport de la Chambre régionale des comptes a épinglé la gestion de l'un des plus grands marchés d'Île-de-France, celui du Val Fourré à Mantes-la-Jolie dans les Yvelines. En parallèle, une enquête pour racket de commerçants est ouverte.

Le marché du Val-Fourré market à Mantes-la-Jolie situé à 57 kilomètres de Paris et photographié en 2014.
Le marché du Val-Fourré market à Mantes-la-Jolie situé à 57 kilomètres de Paris et photographié en 2014. © MIGUEL MEDINA / AFP

Le rapport porte sur la période de 2010 à 2018 alors que le marché du Val Fourré à Mantes-La-Jolie (Yvelines) était géré par la commune, elle-même dirigée par une équipe municipale Les Républicains.

La Chambre régionale des comptes souligne en particulier l'absence de réaction de la commune malgré des signaux inquiétants comme la "forte chute" des recettes tout au long de ces années. Une période a ainsi été marquée par une baisse des recettes relatives aux droits de place des commerçants, divisées par 1,5 environ. "Pourtant, la commune n'a pas réalisé des tests pour s'assurer que ses dispositifs de contrôle permettaient de prévenir ou détecter les risques de fraude", note la Chambre.

D'ailleurs, en 2014, un comité consultatif mis en place par la mairie n'avait "relevé aucune irrégularité". Mais en 2019, "des soupçons de fraude" seront mis au jour par un comité départemental, précise le rapport.

Une équipe de placiers dans le viseur

La Chambre s'est en particulier intéressée au rôle d'une équipe de placiers et d'agents communaux, la "même" de 2010 à 2018, dont la mission était notamment de placer les commerçants et d'encaisser les loyers.

Selon le rapport, la santé économique du marché a été revigorée après le remplacement de cette équipe, rattrapée par les enquêteurs: en avril 2019, trois placiers et un employé de mairie ont été mis en examen pour "extorsion en bande organisée" sur les commerçants du marché. En mars dernier, le premier adjoint au maire, Sidi El Haimer, a aussi été mis en examen pour "subornation de témoin", ce qu'il nie formellement.

"Après le retrait de l'équipe de placiers mise en place par la commune, le chiffre d'affaires (...) progresse vivement à tel point que le montant atteint sur l'ensemble de l'année 2019 (547 132 euros) dépasse largement celui de 2009 (403 000 euros)", écrit la Chambre. Le nombre de commerçants est aussi "reparti immédiatement à la hausse", le marché gagnant plus de 1 000 commerçants entre novembre 2018 et novembre 2019. Autre changement: la gestion du marché est aujourd'hui déléguée à la société Mandon.

Pour la commune, ces meilleurs chiffres s'expliquent notamment par un déménagement, financé par la mairie. Début 2018, le marché a ainsi quitté la dalle centrale du Val Fourré, pour s'installer quelques rues plus loin et devenir, selon la Ville, "un véritable cœur marchand" dans ce quartier prioritaire où vit près de la moitié de la population de Mantes-la-Jolie (45 000 habitants).

"Je reconnais toutefois humblement que la Ville a pu manquer de vigilance dans le contrôle et le suivi de la gestion des marchés forains", a déclaré à l'AFP le maire (LR) Raphaël Cognet. "Depuis, nous avons renforcé les équipes juridiques de la Ville pour que les contrats complexes soient suivis de façon plus efficace", a-t-il assuré, soulignant que la commune, qui s'est constituée partie civile dans cette affaire, "a toujours collaboré avec la justice (...) pour que la vérité éclate".

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