Les anti-chasse à courre de Rambouillet dénoncent les pratiques de veneurs dans une vidéo filmée aux étangs de Pourras

Publié le Mis à jour le
Écrit par Jonathan Trullard
Le PACCT de Rambouillet a posté une vidéo Facebook montrant l'acharnement de veneurs pour venir à bout d'un jeune cerf. Une vidéo choquante, filmée le 20 novembre dernier aux étangs de Pourras.
Le PACCT de Rambouillet a posté une vidéo Facebook montrant l'acharnement de veneurs pour venir à bout d'un jeune cerf. Une vidéo choquante, filmée le 20 novembre dernier aux étangs de Pourras. © Collectif PACCT Rambouillet

Dans une vidéo postée sur leur page Facebook, le collectif rambolitain pour l'abolition des chasses à courre et traditionnelles dénonce les pratiques "monstrueuses" de cette activité, loin de son image noble et naturelle.

La vidéo date du 20 novembre dernier, lors d'une chasse à courre en bordure de la forêt de Rambouillet, zone récemment classée réserve naturelle, et qui englobe l'étang du Pourras. C'est là que des veneurs se sont acharnés sur un jeune cerf jusqu'à l'abattre à coups de fusils. La vidéo a été filmée par une association anti-chasse à courre, qui suit sur le terrain ces chasseurs pour rendre compte de leur pratique.

Plusieurs heures de traque

Particulièrement choquante, cette vidéo de trois minutes montre un daguet (jeune cerf) réussissant d'abord à semer les chiens, l'animal trouve refuge au milieu des étangs de Pourras. Mais il se fera finalement assaillir, les chiens montant sur son dos en le mordant violemment en meute.

Le cerf finira par s’extraire des chiens mais alors qu'il tente de rejoindre l’autre rive, les veneurs du Rallye Bonnelles le coursent en barque, le blessent à distance de deux coups de fusils avant de l'achever à la dague. Un acharnement auquel ont assistés de très nombreux suiveurs, parfois rieurs, y compris des enfants. Les chasseurs sont ensuite repartis de cette zone naturelle protégée en... 4x4.

"Des manquements à l'arrêté relatif à l'exercice de la vénerie", selon le PACCT

Cette scène de torture s'est déroulée dans une réserve naturelle où certains espaces sont interdits aux promeneurs mais autorisés aux chasseurs. Selon un arrêté relative à la chasse à courre, les veneurs se déplacent soit à pied, soit à cheval. C'est pourquoi le collectif de citoyens dénonce l'utilisation de la barque par ces chasseurs ce 20 novembre. 

"Aucune faute n'a été commise" rétorque-t-on du côté de la société de vénerie. "Une barque sans moteur, sur laquelle on est obligé de ramer, est autorisée. Le cerf était à l'eau car il était forcé donc nous avons utilisé cette barque pour aller le tuer". L'arme à feu est en effet autorisée pour "servir l'animal lorsqu'il est forcé". Dans ce cas-là uniquement, stipule l'arrêté.

Un argument qui ne passe pas du côté de PACCT, "L'animal était en train de s'enfuir et n'était donc pas aux abois", estime Muriel Marasti, une des membres du collectif. "On dénonce la mauvaise foi permanente de ces chasseurs. Le cerf allait s'échapper, c'est évident. Les pratiques réelles de ces chasses à courre sont monstrueuses et bien loin de l'image noble, naturelle et bisounours qu'on leur colle volontiers. Ici, on l'a bien vu : la chasse à courre est devenue chasse au fusil"

Si des manquements aux prescriptions de l'arrêté sont avérés. L'attestation de meute peut être suspendue ou retirée par le préfet.

Les vidéos, armes de militance contre la "cruauté" de ces chasses

La PACCT dénonce à la fois la "cruauté envers les animaux sauvages, et "l'indignité" envers les chiens et les chevaux qui chassent, "réduits à des animaux outils".

L'association, qui existe depuis 2018, suit pour ce faire les chasseurs tout au long de journées de chasse. À l'aide de caméras, ils documentent et exposent aux yeux de tous leurs pratiques. Pour eux, cette activité n'est "ni naturelle, ni écologique, ni respectueuse". Evoquant des "maltraitances animales inouïes et inadmissibles au 21è siècle", ils revendiquent "l'abolition pure et simple de ces chasses ignobles"

"Ce sont des idéologues animalistes complètement cinglés", rétorquait il y a quelques jours Antoine Gallon dans les pages de l'Echo Républicain. Pour le chargé de communication de la société de vénerie, "ces gens scénarisent les moments de chasse pour faire passer leur idéologie".   

Avec un million de personnes détentrices du permis de chasse en France (dont 10 000 veneurs), la chasse revient quoi qu'il en soit au coeur du débat politique à cinq mois de l’élection présidentielle. Entre la volonté de Yannick Jadot d'interdire cette activité les week-ends et la montée au créneau de politiques de droite pour la défendre. Comme Gérard Larcher par exemple, président du Sénat et ancien maire de... Rambouillet. 

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