Municipales 2020 – Maire dans les Yvelines, elle ne se représentera pas : "je suis complètement épuisée"

Véronique Coté-Millard, maire (UDI) de Les Clayes-sous-Bois, ne se présentera pas pour un quatrième mandat. L'élue dénonce des conditions de travail plus en plus difficiles et le mille-feuille territorial.
Véronique Coté-Millard, maire (UDI) de Les Clayes-sous-Bois (Yvelines) ne se représentera pas aux Municipales 2020.
Véronique Coté-Millard, maire (UDI) de Les Clayes-sous-Bois (Yvelines) ne se représentera pas aux Municipales 2020. © Ordif
Après 19 ans à la tête de la commune de Les Clayes-sous-Bois et ses 18.000 habitants, Véronique Coté-Millard jette l'éponge et ne se représentera pas aux prochaines élections municipales de 2020.

France 3 Paris : Pourquoi ne vous représentez-vous pas ?

Véronique Coté-Millard : J'en suis à mon troisième mandat. Cela fait quand-même 19 ans que je suis maire 7 jours sur 7 presque 24h sur 24. J'ai la volonté de faire autre chose le temps qu'il me reste à vivre.

Comme beaucoup d'élus, je suis complétement épuisée. Les difficultés sont beaucoup plus importantes que les satisfactions que l'on peut avoir. Le contexte, au fil des mandats, est devenu de plus en plus complexe.
 

Quelles sont vos principales difficultés ?

La centralisation augmente. Cela a commencé il y a une dizaine d'années avec la mise en place d'un mille-feuille administratif. Nous n'avons presque plus de compétences. La loi NOTRe a donné la gestion des services de proximité à l'intercommunalité.

Par exemple, lors d'un problème de voiries ou d'éclairage, ce n'est plus moi qui peut le gérer mais l'intercommunalité. On me dit : 'on vous aime bien, mais à quoi servez-vous ?'. À force, on finit par se poser la question. J'en ai ras le bol. J'accepte de me faire engueuler pour des choses que l'on n'a pas faites, mais pas pour des choses que l'on ne peut plus faire. On n'a plus de marge de manœuvres. Les décisions sont prises par des administratifs qui n'habitent pas la commune.
 

Quels sont vos rapports avec l'État ?

Nous faisons face à de nombreuses contradictions. On nous demande de construire mais de ne pas imperméabiliser les sols pour des questions environnementales. Par ailleurs, il faut construire des logements mais personne ne se préoccupe des moyens de transport.

D'autre part, on n'a plus d'autonomie financière. Les communes, contrairement à l'État, sont obligées d'être à l'équilibre. Une fois que l'on a payé les frais fixes, il ne nous reste presque plus de marges de manœuvres.

L'État nous ponctionne de plus en plus d'argent et diminue ses aides. On a perdu la taxe professionnelle et maintenant la taxe d'habitation. L'État se défausse sur les communes. Je pense par exemple à la sécurité qui est une compétence régalienne. Il y a une défaillance de l'État et nous devons créer des polices municipales.
 

Le regard des citoyens a-t-il évolué ?

Il y a une paupérisation de la population. Avec la montée de l'individualisme, ils deviennent plus exigeants. Comme ils n'ont plus d'interlocuteurs directs, nous sommes en première ligne pour se faire engueuler. Et nous avons ce sentiment d'impuissance.

Avec la prochaine loi Engagement et proximité, l'indemnité maximale ne sera pas garantie aux élus. Je touche 1.500 euros net après impôts pour gérer une ville de 18.000 habitants. Mais je ne regrette rien. Si c'était à refaire, je le referai.
 
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