REPORTAGE. Défilé du 14-Juillet : avions, hélicoptères, sur la base aérienne 107, une préparation réglée au millimètre

Pour le défilé militaire aérien du 14-Juillet, rien n'est laissé au hasard. Ce mardi, les pilotes affinent les derniers réglages à Orléans avant de survoler les Champs-Elysées. Il y a quelques semaines, nous avons rencontré une cinquantaine de membres de l'Armée de l'Air sur la base aérienne 107. Concentration et précision sont les maîtres mots. Plongée au cœur des répétitions.

Le bruit du moteur et des hélices est assourdissant. Le vent engendré par les pales des engins fait frissonner la verdure aux alentours. Les hélicoptères se suivent les uns derrière les autres et leur envol crée un nuage de poussière. Au cœur de la base aérienne 107, les pilotes de l'Armée de l'Air répètent leurs gammes.

Sur ce terrain de plus d'une centaine d'hectares situé à Vélizy-Villacoublay dans les Yvelines, ils préparent avec minutie le défilé du 14-Juillet. Au programme ce jour-là, ce que le jargon militaire nomme "la reconnaissance d'axes." "C'est une première répétition générale pour appréhender le parcours que nous emprunterons lors de la fête nationale", explique le capitaine Guillaume*, aux manettes d'un hélicoptère Fennec.

"Précision et rigueur"

Plus tôt dans la journée, lui et ses camarades d'opération ont pris connaissance du parcours. Dans une salle où ils sont tous rassemblés, le général Thierry Gouaichault, en charge du défilé démarre un briefing qui durera plus de deux heures. Il y évoque ses attentes. "Nous attendons de vous de la rigueur, de la précision et du professionnalisme", énumère-t-il devant la cinquantaine de participants restée silencieux depuis son arrivée dans la salle.

Il a déjà participé à deux défilés et sait que la pression peut être forte le jour J. "C'est un accomplissement pour beaucoup d'entre eux. Ils veulent bien faire pour eux-mêmes, mais également pour leur famille qui les regarde. C'est une question d'honneur." Un désir que l'on retrouve notamment chez les primodéfilants, ceux qui représenteront l'Armée de l'Air pour la première fois sur les Champs-Elysées.

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Arrivée d'un hélicoptère Super Puma sur la base aérienne 107 ©France 3 Paris Île-de-France

C'est le cas du Lieutenant-Colonel Jonathan pour qui "ce défilé signifie beaucoup de choses. C'est un héritage à faire perdurer mas aussi un test de nos capacités de pilotage", confie-t-il après avoir terminé son tour du parcours. Cette année le défilé verra s'envoler des pilotes venus de toute la France.

Une donnée non négligeable lors des premières répétitions. "Notre connaissance du terrain est limitée alors il faut apprendre vite car le jour du défilé, nous n'aurons pas le droit à l'erreur", insiste le Capitaine Guillaume, qui officie habituellement dans le Béarn.

"Le temps de réaction est très important"

La bonne connaissance du terrain est donc primordiale pour chacun des pilotes.

 Après le briefing matinal. Ils ont rendez-vous sur l'aire de vol de la base arienne, il est l'heure pour eux de s'envoler à bord des Fennec, Super Puma et autres H145, hélicoptères qu'ils utiliseront le jour J.

Au programme, quatre cycles de pilotages de 45 minutes au-dessus de l'ouest de Paris. "C'est une première, donc tout n'est pas fait à la même vitesse que lors du défilé", explique le lieutenant François.

Celui-ci précise que les 45 minutes correspondent à la durée entre l'allumage du moteur et son arrêt. Le temps de vol effectif est environ de 20 minutes. Le reste du temps, les hélicoptères tournent au sol dans un vacarme vrombissant.

Le bruit est tel que seules les personnes équipées d'un casque antibruit ont le droit de s'approcher de la piste durant la phase de démarrage. Lors de ses répétitions, l'équipage a pour consigne de ne pas dépasser les 150 km/h. Ils pourront aller jusqu'à 500 km/h le jour J. "Leur concentration doit être à son maximum car une fois en l'air le temps de réaction n'est que de 2 secondes. Leur prise de décision se fait donc dans un temps très réduit en comparaison à une opération terrestre", indique Thierry Gouaichault.

"Il est très important de visualiser les points de repère que nous allons survoler. On fait attention aux repères au sol et aux potentiels pièges sur le parcours. Cela peut être par exemple les ponts qu'il faudra identifier afin d'être prêts", précise de son côté Jonathan, pilote de chasse qui effectuera son premier défilé dans les airs à bord d'un Rafale. Pour lui, le 14-Juillet marque une nouvelle étape cette année après un déploiement en Lituanie. Il concède qu'il est difficile "de rapprocher les deux missions en termes d'intensité mais nous faisons toutes nos tâches avec le même sérieux et la même implication."

Pour ceux qui ne volent pas et attendent leur tour, l'heure est à la concentration au bord de la piste. "Il n'y a pas vraiment de préparation psychologique spécifique. Néanmoins il faut se concentrer le plus possible afin que notre capacité d'anticipation soit la meilleure possible, explique Guillaume qui fait les cent pas en attendant de pouvoir monter à bord.

La sécurité avant tout

Au total, ce sont 80 engins qui défileront au-dessus de la capitale le 14 juillet 2023. Un dispositif important qui demande des mesures de sécurité adéquates. À leur départ, les hélicoptères ne s'envolent donc pas tous en même temps. C'est d'abord un hélicoptère de la gendarmerie qui fendra les airs.

Viendra ensuite le tour des deux Fennec 30 secondes plus tard, puis le Super Puma s'envolera après le même intervalle de temps. "Le plus important est que l'on soit à l'heure sur nos temps de passage et bien dans l'axe qui est défini durant cette répétition. Il faut que tout le monde se suive à une distance raisonnable afin d'assurer la sécurité de tout l'équipage le jour J", explique Jonathan.

La sécurité, c'est la préoccupation quotidienne de l'unité de défense aérienne. Ses membres sont en alerte chaque jour pour prévenir des dangers qui surviennent dans l'espace aérien parisien.

À tout moment, une alarme peut retentir et les alerter d'une menace sécuritaire. "Nous sommes une trentaine de pilotes à patrouiller l'espace aérien parisien", explique le Capitaine Emilien, membre de l'escadron 3/67 Parissis qui représente l'unité de défense en Île-de-France. Le 14 juillet, ses équipes seront chargées de former "une bulle de protection" autour des avions et des hélicoptères qui défileront.

"Le but sera de prévenir la présence d'avions malveillants dans l'espace du défilé." Pour ce faire, ils auront plusieurs avions et hélicoptères au sol et en l'air afin de patrouiller le ciel de Paris. Une organisation au cordeau qui nécessitera d'autres répétitions à Orléans le 27 juin prochain. Les derniers réglages pour l'ensemble des parties prenantes du défilé seront affinés dans les derniers jours qui précéderont le défilé.

*Seuls les prénoms des pilotes sont donnés par mesure de sécurité sur demande de l'Armée de l'Air    

                         

    

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