Sartrouville : tensions après la fermeture de la salle de prière dans la cité des Indes

Salle de prières des Indes à Sartrouville / © F3
Salle de prières des Indes à Sartrouville / © F3

La cité des Indes à Sartrouville dans les Yvelines a été le théâtre d'affrontements avec la police pour la troisième nuit consécutive après la fermeture de la salle de prière. 

Par Isabelle Audin

La salle de prière des Indes à Sartrouville (Yvelines), qui pouvait rouvrir après sept mois de fermeture administrative pour propagation d'idéologie radicale, a été close lundi après la résiliation du bail de l'association cultuelle.

La petite mosquée avait d'abord été fermée pendant un mois par arrêté préfectoral dans le cadre de l'état d'urgence et, à l'expiration de ce dernier, un nouvel arrêté de 6 mois avait été pris mi-novembre.

"foyer ancien de l'islam radical"

Dans son arrêté, la préfecture évoquait un "foyer ancien de l'islam radical" où il était laissé libre cours à "des prêches radicaux, marquant leur hostilité aux principes républicains et incitant à la haine à l'encontre des autres religions".

Les autorités accusaient les gestionnaires du lieu de culte de propager une idéologie néfaste chez les jeunes qui "se sentaient autorisés à légitimer le jihad, ainsi qu'en témoignent les nombreux tags aux alentours de la mosquée, légitimant Daech et insultant l'État français".

Cet arrêté avait été contesté dès l'origine par le responsable de la mosquée, Saïd Djelleb, qui a depuis quitté cette fonction.

Le 17 mai, à l'expiration du délai de 6 mois, la mosquée était fondée à rouvrir ses portes mais entre-temps, le bailleur social, propriétaire des locaux, a décidé de dénoncer le bail conclu en 1998.

Le Logement francilien a en effet invoqué une clause stipulant que les lieux ne devaient recevoir que des locataires ou proches de la cité des Indes, et non des fidèles venant de départements voisins - comme mentionné dans les arrêtés préfectoraux.

Le 17 mai, le juge des référés du Tribunal de grande instance (TGI) de Versailles a confirmé la résiliation du bail, ouvrant la voie à une expulsion de l'association.

Entre-temps, l'association avait en partie réinvesti le bâtiment mais lundi matin, un huissier et les services de police sont intervenus pour évacuer les lieux. Les membres de l'association ont pu récupérer leurs biens et les ouvertures ont ensuite été murées, selon la préfecture.

"C'est une mascarade"

Joint par l'AFP, M. Djelleb a affirmé que l'association n'avait pas dit son dernier mot: elle conteste en justice la résiliation du bail et s'est déplacée dans un local adjacent . "C'est une mascarade", a-t-il déclaré. "Pourquoi l'association n'a-t-elle pas été dissoute si le problème venait de l'association ?", a-t-il interrogé, affirmant que le bailleur social souhaitait avant tout récupérer les lieux pour un projet immobilier.

Son avocat a indiqué avoir déposé plainte en diffamation, avec constitution de partie civile, contre l'ancien préfet des Yvelines, qui avait rédigé les arrêtés fermant la mosquée.

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