Yvelines – Le désarroi des habitants après l'incendie du cirque à Chanteloup-les-Vignes

Le bâtiment, d'une valeur de 800 000 euros, avait été édifié il y a un an. / © Norbert Cohen - France 3 Paris Ile-de-France
Le bâtiment, d'une valeur de 800 000 euros, avait été édifié il y a un an. / © Norbert Cohen - France 3 Paris Ile-de-France

De la "colère", du "dégoût", mais une volonté de reconstruire "le plus vite possible" à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines). Dans la soirée de samedi, l'école de cirque, monument culturel emblématique de la ville, a entièrement brûlé. Il avait été inauguré il y a un an.

Par MT/AFP

Devant les ruines encore fumantes de la structure en bois et zinc qui abritait un centre des arts de la scène et du cirque, des habitants viennent constater les dégâts. "L'Arche", ce chapiteau où des jeunes s'initiaient aux arts du cirque, n'a pas survécu aux violences urbaines de la veille, marquées par des jets de projectiles contre des policiers.
"J'ai tout appris ici", se désole Hamza, 15 ans, devant le bâtiment entièrement détruit. "Ils respectent rien. Leurs petits frères, leurs proches font du cirque ici, mais ils préfèrent brûler", constate l'adolescent qui a commencé le cirque il y a neuf ans avec la Compagnie des contraires.

Cette association, qui gérait le chapiteau, est implantée depuis presque 30 ans à Chanteloup-les-Vignes où elle propose des ateliers aux jeunes, notamment ceux du quartier sensible de la Noé, situé à proximité.
 

800.000 euros partis en fumée

"La directrice a commencé à travailler au pied des immeubles", raconte Alzira Pages, artiste membre de la compagnie.

"Ensuite, on a eu un chapiteau traditionnel pendant plusieurs années et puis la ville, le département et la région ont investi pour construire un chapiteau en dur", explique-t-elle. C'est cette structure, d'un coût de 800.000 euros, qui est partie en fumée.
 

Soutiens pour reconstruire l'Arche

"C'est une minorité provocatrice, inconsciente des autres", dénonce Alzira Pages, pour qui Chanteloup est un endroit "merveilleux". "On va continuer, on va reconstruire", ajoute Alicia Baudry, la secrétaire de la compagnie.

Une volonté partagée par la maire (DVD), Catherine Arenou, pour qui cet "espace culturel" est essentiel pour "lutter contre l'inéquité territoriale".

"A un moment, on n'a peut-être pas assez insisté sur l'éducation des enfants. On n'a jamais essayé de trouver un moyen de les accompagner dans leur réussite", explique l'élue, pour qui ce genre de structure peut faire la différence.
 
Mme Arenou assure avoir reçu le soutien de la région, du département et du ministre de la Ville Julien Denormandie pour reconstruire au plus vite l'Arche.
 

Des actes "lâches et imbéciles"

Les policiers envoyés sur les lieux ont été pris à partie par "une trentaine d'individus, aux visages dissimulés et, pour certains, porteurs de bâtons et de barres de fer", selon le parquet. Ils ont essuyé des jets de cocktails Molotov et de "pierres issues de ballast ferroviaire, manifestement amassées pour en découdre".

"Rien ne peut justifier qu'on s'en prenne ainsi à un lieu de culture", a estimé le ministre de la Culture Franck Riester sur Twitter, tandis que son homologue de l'Intérieur, Christophe Castaner, dénonçait des actes "lâches et imbéciles".

Sur le même sujet

Les + Lus