Bande dessinée : les vingt coups de coeur de l'année 2020

On aurait pu en sélectionner 2020 ou plus, on s'est limité à 20. Malgré le virus, les confinements, les femetures de libairies, les festivals annulés, le monde du neuvième art est resté actif et créatif. La preuve avec ces albums, nos coups de coeur de l'année...

L'année 2020 avait pourtant bien commencé avec la promesse d'une Année de la bande dessinée décrétée par le Ministère de la Culture.

Et patatras, une méchante pandémie décida d'envahir le monde faisant passer cette célébration mais aussi la contestation des auteurs qui connaissent une précarité grandissante au second plan. 

L'année avait de même bien commencé côté albums avec de belles surprises...

1/ À commencer par Payer la Terre de Joe Sacco sorti le 8 janvier. Joe Sacco ! Ce prénom et ce nom suffisent à dire le sérieux de l’affaire. Joe Sacco est un journaliste et un auteur de bande dessinée américain largement réputé et apprécié des amateurs de BD-reportages, genre qu’il a impulsé pour ne pas dire initié dès 1993 en publiant aux États-Unis l’album Palestine. Il est de retour en 2020 avec Payer la terre, un récit qui nous emmène à la rencontre des Indiens dénés, l’une des Premières Nations du Canada… La suite ici (Payer la terre, de Joe Sacco. Futuropolis et XXI. 26€)

2/ Attention talent ! Alex W. Inker à qui l’on doit déjà trois albums aussi remarquées que remarquables aux éditions Sarbacane revient avec l’adaptation du premier roman de Virginia Reeves, Un Travail comme un autre, une histoire dans l’Amérique des années 20, à la fois belle et tragique... La suite ici (Un Travail comme un autre, d’Alex W. Inker. Sarbacane. 28€)

3/ Raconter l’immigration ne se limite pas à raconter le voyage, la fuite d’un pays pour un autre, la peur face à l’inconnu. Raconter l’immigration, c’est aussi raconter l’après-voyage, le chemin vers une intégration jamais facile, le poids des traditions, l’émancipation des nouvelles générations. C’est l’angle choisi par Lucie Quéméner pour cet album paru aux éditions Delcourt, un album en tout point remarquable… La suite ici (Baume du Tigre, de Lucie Quéméner. Delcourt. 23,95€)

4/ Monsieur Hulot était à Jacques Tati ce que Charlot était à Charlie Chaplin, un costume taillé sur mesure pour un univers aussi burlesque que poétique, dans les deux cas unique. L’auteur jeunesse David Merveille rend ici hommage au premier, une légende du cinéma français, un très beau livre d’illustrations publié par les éditions Dupuis en collaboration avec la galerie bruxelloise Champaka… La suite ici (Tati par Merveille, Champaka Brussels. 45€)

5/ Son nom est devenu une référence de l’humour absurde dans le monde du neuvième art mais pas seulement. Son fameux Zaï Zaï Zaï Zaï qui l’a rendu célèbre fait aujourd’hui l’objet de plusieurs adaptations au théâtre et au cinéma. Il revient avec la deuxième tournée de son Open Bar. Humour à volonté… La suite ici (Open Bar 2, de Fabcaro. Delcourt. 12,50€)

6/ Titanesque. C'est précisément le mot qui vient à l'esprit au regard de ce deuxième volet du Dernier Atlas. Titanesque par le robot trônant fièrement en couverture, titanesque par un scénario exigeant, ouvert sur notre monde et son passé. La suite ici (Le Dernier Atlas, tome 2, éditions Dupuis. 24,95€)

7/ Luke Healy a grandi en Irlande, vit aujourd’hui à Londres mais a toujours rêvé d’Amérique au point de tenter à plusieurs reprises de s’y installer. Sans succès. En 2016, il se lance le défi de faire le Pacific Crest Trail, un sentier de grande randonnée à l’ouest des États-Unis. Cinq mois de marche et au bout du compte une autre idée de l’Amérique… La suite ici (Americana, de Luke Healy. Casterman. 23€)

8/ Ils sont beaux, ils sont costauds, près de 3 kilos à eux deux, et ils ont fait partie des incontournables de la rentrée : L’Alcazar à ma droite, La Dernière rose de l’été à ma gauche, un regard sur la société indienne d’un côté, un thriller particulièrement stylé de l’autre, et deux auteurs qui ne devraient pas en rester là… La suite ici (L’Alcazar, de Simon Lamouret. 25€ et La Dernière rose de l’été, de Lucs Harari. Sarbacane. 29€)

9/ Il y a cent ans, les éditions Albin Michel publiaient un livre qui allait remporter un immense succès critique et public. Ce livre, Les Croix de bois, signé Roland Dorgelès, évoquait la vie dans les tranchées à partir du propre vécu de l’auteur. Aujourd’hui, toujours pour le même éditeur, Jean-David Morvan et Facundo Percio en offrent une bande dessinée, une adaptation qui vous prend par les tripes et ne vous lâche plus… La suite ici (Les Croix de bois, de Roland Dorgelès, adapté par JD Morvan et Facundo Percio. Albin Michel. 19,90€)

10/ C’est certainement l’élection présidentielle la plus suivie dans l’hexagone après celle du président de la République française bien évidemment. À quelques jours de tourner une nouvelle page de l’histoire des États-Unis avec l’élection d’un nouveau président, Hervé Bourhis remontait le temps et nous offrait un panorama exhaustif des locataires de la Maison blanche dans un petit livre aussi drôle qu’instructif! La suite ici (La Maison blanche, d’Hervé Bourhis. Casterman. 22€)

11/ Un album remarquable tant par le graphisme d’Hubert, décédé juste avant la sortie de l’album, que par le scénario de Zanzim, un récit drôle et malin qui nous parle d’amour et de haine, de liberté sexuelle et d’extrémisme religieux, mais aussi de genre et de condition féminine, des thèmes très actuels, le tout dans l’Italie de la Renaissance. (Peau d'homme, de Hubert et Zanzim. Glénat. 27€)

12/ Vous pensiez connaître l’animal sur le bout des griffes ? Avec Zidrou et Frank Pé en nouveaux maîtres, vous pourriez bien être surpris. Prévu en deux volumes, La Bête nous dévoile un Marsupilami beaucoup plus sauvage et réaliste dans le contexte des années 50 encore marquées par la deuxième guerre mondiale… La suite ici (La Bête, de Zidrou et Frank Pé. Dupuis. 24,95€)

13/ Pour certains, c’est une aberration, pour tous c’est une révolution, Les Tuniques Bleues changent de mains le temps d’un épisode et plus si affinité après que le scénariste historique de la série, Raoul Cauvin, ait décidé de se retirer avec un bilan plus qu’honorable sur la série : 52 ans de bons et loyaux services, 63 scénarios, des millions d’exemplaires vendus à travers le monde… et un sacré héritage ! La suite ici (Les Tuniques bleues, L’Envoyé spécial, de Munuera et Beka. Dupuis. 10,95€)

14/ Tenir un nouvel album de Chris Ware entre les mains, c’est un peu Noël avant l’heure, l’assurance d’un instant magique, mélange de lecture et de contemplation, de délectation et d’admiration. Car oui, les albums de l’auteur américain, Alph’Art du meilleur album en 2003 pour Jimmy Corrigan, sont des bijoux d’écriture, de graphisme, de narration et de conception. Rusty Brown n’échappe pas à la règle… La suite ici (Rusty Brown, de Chris Ware. Delcourt. 49,95€)

15/ Certains mensonges ont la vie dure. Celui de Matt Rizzo aura tenu de nombreuses années, jusqu’au jour où il décide de révéler lui-même la vérité à son fils. Non, sa cécité n’est pas due à un accident de chasse… La suite ici (L’Accident de chasse, de David L. Carlson et Landis Blair. Sonatine Éditions. 29 euros)

16/ Ils étaient étudiants dans une ville moyenne des États-Unis, ils manifestaient pacifiquement contre la guerre au Vietnam, ils ont été tués par la garde nationale. Kent State, Quatre morts dans l’Ohio, raconte avec minutie les jours qui ont précédé cette tragédie du 4 mai 1970 et pointe avec gravité les dangers de l’autoritarisme… La suite ici (Kent State, Quatre morts dans l’Ohio, de Derf Backderf. Ça et là. 24€)

17/ Ça sent bigrement le sapin de ce côté-là, comprenez qu'un diptyque pareil ne peut finir autrement qu'au pied du roi des forêts un soir de Noël, le cadeau idéal pour ceux qui aiment les contes de fées à tendance politique, féministe et révolutionnaire. Un chef-d'oeuvre... La suite ici (L'Âge d'or, de Pedrosa et Moreil. Éditions Dupuis. 32€ le volume)

18/ Pour raconter la vie de la sulfureuse écrivaine Anaïs Nin, il fallait trouver le ton juste. Plus de huit ans ont été nécessaires à l’autrice suisse Léonie Bischoff pour le trouver. Mais le résultat est là, Anaïs Nin sur la mer des mensonges est un roman graphique en tout point raffiné, à l’écriture aussi subtile que le trait est léger… La suite ici (Anaïs Nin sur la mer des mensonges, de Léonie Bischoff. Casterman. 23,50€)

19/ 365 jours pour se débarrasser de ses addictions, autant de pages de BD à réaliser au quotidien et à publier sur les réseaux sociaux avant d’en faire un livre : c’est le défi un peu fou et un peu réussi que Lisa Mandel s’est lancé un beau jour de juin 2019. Et le résultat est là : tordant. La suite ici (Une Année exemplaire, de Lisa Mandel. Autoédition. 20€)

20/ Rien de plus classique que d’enfiler un costume quand on est super-héros. Mais enfiler des vêtements de femme quand on est un homme pour devenir l’un d’entre eux est déjà moins courant. En bas, porte-jarretelles et robe, Dragman est le premier super-héros travesti de l’histoire de la bande dessinée… La suite ici (Dragman, de Steven Appleby. Denoël Graphic. 24,90€)

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