“Le bar hors des étals” : le mouvement s'amplifie mais provoque la grogne des pêcheurs pros

Du bar sauvage sur l'étal d'un poissonnier le 16 janvier 2018 / © Claude Prigent - MaxPPP
Du bar sauvage sur l'étal d'un poissonnier le 16 janvier 2018 / © Claude Prigent - MaxPPP

Le bar est actuellement en pleine période de reproduction. Un mouvement, né sur Facebook, met la pression pour que soit protégé ce poisson de mer pendant cette période sensible. 

Par FB avec ES

"Le bar hors des étals de janvier à mars"... l'appel est sans équivoque possible. Les membres de ce groupe Facebook souhaitent qu'aucune enseigne ne vende de bar sauvage pendant sa période de reproduction.
En cette période, les bars se regroupent en masse dans les frayères, il est alors plus facile de les capturer en grande quantité au chalut pélagique, "au moment où le poisson est le plus vulnérable" explique Thierry Merceron, pêcheur de loisir et membre du groupe.

Christophe François est restaurateur à Nantes. Il fait partie des près de 9 000 personnes qui ont rejoint le mouvement sur Facebook.

C'est une solution pour faire prendre conscience que les ressources maritimes ne sont pas éternelles

expliquet-il, "je ne suis pas extrémiste, je suis moi-même pécheur et restaurateur mais je ne propose pas de bar de mi-janvier à avril, question d'éthique" et "de bon sens".

"Pendant la période de reproduction, le bar est rempli d'oeufs, sa chair est molle", poursuit-il, "il y des dates d'ouverture et de fermeture de la chasse. Il y a des périodes de pêche pour des espèces de poissons comme le sandre et le brochet. Il pourrait aussi y avoir des périodes de pêche pour le bar sauvage".


Un duel pêcheurs professionnels contre plaisanciers


Cette cabale contre les enseignes proposant du bar sauvage à la vente n'est pas du goût du comité régional des pêches, qui estime que le mouvement n'est rien de plus qu'une "Fake news, un mouvement initié par des plaisanciers mécontents".

Le mouvement fait suite à une décision européenne qui interdit désormais aux plaisanciers de pêcher du bar sauvage au nord du 48ème parallèle, Manche, mer du Nord et Atlantique Nord, entre janvier et juillet. Les plaisanciers au sud du Raz de Sein ont droit, quant à eux, à un bar, par personne et par jour sur cette même période.

"Les grandes et moyennes surfaces subissent de fortes pressions de la part des membres du groupe Facebook. Les employés de certains mareyeurs auraient reçu des menaces", déplore José Jouneau, président du comité régional des pêches.
"Le bar est la 3ème espèce majeure pêchée en Vendée. Le quota imposé par l'Europe est passé de 3 500 à 3 200 tonnes par an, la taille minimale de 36 à 38 cm," constate-t-il, "le gas-oil a fortement augmenté depuis août, on le paie désormais 52 centimes du litre, si, en plus un lobby nous met la pression..."

"L'idée est d'aller voir les enseignes qui commercialisent du bar sauvage afin de les sensibiliser" explique Thierry Merceron, pêcheur de loisir et membre du groupe, " le mouvement se fait plutôt sur une base saine, sans aucune pression. Chaque point de vente fait ce qu'il veut, la réglementation les autorise à commercialiser du bar sauvage. Mais en tant que pêcheurs, on voit bien l'appauvrissement de cette espèce depuis plusieurs années."

En 2014, Ifremer a lancé une grande étude sur les bars afin de mieux identifier leurs déplacements et leurs zones de reproduction. Cette étude, qui consiste à marquer les bars, doit également permettre de distinguer les différences biologiques et physiologiques qui pourraient exister entre les bars de la zone sud et la zone nord.












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