Cet article date de plus de 9 ans

Erika, annulation des procédures, les réactions

A l'annonce de la possible annulation des procédures contre Total, les réactions sont unanimes

La possible annulation des procédures contre Total provoque des réactions très vives. Jacques Auxiette, le président du Conseil régional des Pays-de-la-Loire a réagi le premier, et se dit "inquiet et en colère", Corine Lepage présidente de Cap 21 estime "qu'on marche sur la tête".

Le communiqué de Jacques Auxiette,

le président du Conseil Régional des Pays-de-la-Loire

 

"Je suis inquiet et en colère. Plus de 12 années de combat des collectivités locales, en particulier des Régions Pays de la Loire, Bretagne et Poitou-Charente, mais aussi des associations, risquent d'être balayés. Je suis inquiet car les éléments dont on dispose montrent que l'on risque, le 24 mai, une décision rarissime : l'annulation pure et simple du procès ERIKA.

Je suis surtout en colère car cette annulation c'est l'irresponsabilité pour tous, y compris TOTAL. Quand un bateau se casse et souille 400 km de côtes françaises, la justice française n'aurait pas le droit de juger !

En colère car la Cour de cassation s'apprête à ramener la France 10 ans en arrière en matière de préjudice écologique. La justice se déconnecte de la société. Elle va perdre tout crédit auprès de nos concitoyens sur le littoral atlantique. On nous dit qu'il va falloir faire un procès à Malte parce que TOTAL a affrété un navire poubelle sous pavillon de complaisance ? C'est intolérable !

En colère car tout a été fait pour préparer cette décision. L’État a marché main dans la main avec TOTAL car l'Etat n'a pas accepté que TOTAL soit mis en cause. Au lieu d'attaquer TOTAL avec les Régions pour obtenir réparation, l'Etat défend son fleuron industriel !"

Jacques Auxiette.

Corinne Lepage, avocate et présidente de Cap 21

a réagi sur Europe 1 et BFM TV

 "C'est un signal extrêmement fort qui ruine des années et des années de jurisprudence", a estimé l'écologiste, avocate des parties civiles. "Cet arrêt, s'il était rendu et j'espère qu'il ne le sera pas, signe l'impunité des sociétés pétrolières qui peuvent faire n'importe quoi, polluer n'importe comment, prendre des décisions qui leur rapportent toujours plus d'argent et ce sans jamais être responsables de rien", a déclaré Corinne Lepage, en ajoutant : "c'est vraiment catastrophique si la Cour de cassation juge ça".


Danielle Rival, maire de Batz-sur-Mer fait part de son écoeurement

Danielle Rival, maire UMP de Batz-sur-mer (Loire-Atlantique), l'une des communes les plus touchées par la marée noire de l'Erika en 1999, a fait part de son "écoeurement" après l'annonce d'une possible annulation de la procédure judiciaire en cour de cassation.

"Je trouve cela inadmissible qu'aujourd'hui, au bout de douze ans de procédure, on puisse se cacher derrière une convention internationale: pour nous cela a toujours été le principe du pollueur-payeur" qui devait primer, a déclaré Mme Rival à l'AFP, en rappelant qu'à "Batz-sur-Mer, nous étions à l'épicentre de cette marée noire".

"Si la cour de cassation dit que cette affaire doit être jugée à Malte, il n'y aura plus de jurisprudence, ils pourront continuer à faire voguer des navires pourris sur les côtes françaises et on ne pourra plus faire reconnaître le préjudice écologique", a-t-elle ajouté.

"Ce n'est pas normal qu'il n'y ait pas de condamnation de Total, même si c'est une entreprise qui crée beaucoup d'emplois: vous vous rendez-compte, ils pourront recommencer?", a-t-elle encore ajouté.

Si la procédure était annulée, "ce serait une désolation pour nous, pour les citoyens, pour les bénévoles qui sont venus nous aider, je serais très très décue: j'espère que la cour de cassation va nous entendre", a-t-elle conclu.

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