L'économie de la pêche à l'arrêt pour dénoncer les restrictions qui menacent la filière

Une procession sur l'île d'Yeu, des cornes de brume qui retentissent dans les ports à l'arrêt, des étals de poissonneries vides en solidarité, tout au long de ce premier week-end d'avril, les pêcheurs, soutenus par la filière, organisent des opérations "filière morte". Ils entendent dénoncer les dernières mesures envisagées par l'Europe. Etat des lieux de la mobilisation au Croisic et à Pornic.

La colère ne retombe pas. Malgré les visites que multiplie le secrétaire d'état chargé de la mer, Hervé Berville, pour tenter de rassurer les pêcheurs, ils restent ulcérés par les dernières restrictions imposées par la Comission européenne au nom de la protection de la ressource. 

Après les réductions de quotas sur la sole, c'est le chinchard qui est fermé. Une pêche qui représente pour certains professionnels du littoral Atlantique 20 à 30% du chiffres d'affaires. Les pêcheurs qui se considèrent comme les premières vigies de la mer redoutent de disparaître ainsi que l'explique Clément Sorin, marin pêcheur à Pornic et représentant de la Coperem.

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À Pornic, l'interview de Clément Sorin, marin pêcheur et représentant de la Corepem ©Ophélie Perroux et Christophe François-FTV

Pour dénoncer ces décisions et sensibiliser le grand public à ces problématiques, filière avait organisé une journée "Port Mort" jeudi 30 et vendredi 31 mars. Mais l'opération se poursuit de fait tout au long de ce premier ce week-end d'avril. Comme ce samedi 1er avril  à Pornic où les bateaux ont défilé dans le port pour manifester leur colère et afficher leurs craintes pour l'avenir de leur profession, ainsi que le montrent ces images de Christophe François.

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La colère des pêcheurs au Croisic ©Christophe François FTV

Au Croisic, une de nos équipes est allée à la rencontre des consommateurs, des poissonniers et des représentants de la filière. Tous affirment leur solidarité avec les pêcheurs. 

Le reportage de Céline Dupeyrat, Vincent Raynal avec les interviews de Dominique Hervy, pêcheur
Patron du "Cassiopée", et Christopher, pêcheurPatron du "Kiosga"

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Opération Port-mort : poissoniers et consomateurs sont solidaires des pêcheurs ©Vincent Raynal-FTV

Une procession sur l'île d'Yeu

Ce dimanche matin c'est à l'île d'Yeu que les pêcheurs et leurs familles mais aussi les élus, commerçants, artisans, citoyen(ne)s, ont défilé sur le quai Carnot. Ils ont déposé une gerbe symbolique à la mémoire de toute la filière pêche, place de la Norvège, un haut lieu de la mémoire insulaire.

Après la Turballe, Le Croisic, Pornic, Les Sables d’Olonne, Noirmoutier, Pornic, le port de pêche de l’ile d’Yeu allerte à son tour, "devant la menace de directives européennes ou nationales au sujet de réglementations envisagées concernant les zones de pêche, dont la zone côtière ou les aires marines protégées ainsi que des périodes de pêche interdite qui obligeraient les navires à rester à quai et condamneraient nombre de petites entreprises" indique un communiqué des pêcheurs.

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Une procession qui s'inscrit dans le cadre de l'opération filière morte initée par les différents ports et des comités régionaux des pêches. ©Paul Henry

La fin programmée du chalut de fond dans les aires marines protégées, les restrictions de quotas, mais aussi les  interdictions temporaires de pêcher pour limiter les captures accidentelles de dauphins validées par le Conseil d'Etat, la hausse du prix du gasoil et l'inquiétude pour les retraites, autant de sujets qui préoccupent toute une filière. Car les marins savent le rappeler : dans le secteur de la pêche maritime, un emploi embarqué génère trois voire quatre emplois à terre.

Des discussions s'ouvrent ce mardi à Bruxelles. Dans la région, une assemblée générale des pêcheurs prévue ce lundi déterminera la suite que les professionnels entendent donner au mouvement.