Laval, La Roche-sur-Yon, Fontenay-le-Comte, Le Mans : en Pays de la Loire, les prisons en surpopulation chronique

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Écrit par Fabienne Even

Si la population carcérale a connu une baisse significative durant le premier confinement, au printemps 2020, le nombre de personnes emprisonnées est reparti à la hausse depuis juillet 2020. En Pays de la Loire, les prisons affichent des taux d’occupation très élevés.

Au 1er mai 2021, on comptait en France 65 384 détenus pour 60 799 places opérationnelles, selon les données statistiques du ministère de la Justice, soit une augmentation de 10,5% sur un an.

La population carcérale avait pourtant connu une baisse significative au printemps 2020 , lors du premier confinement lié à la pandémie de Covid-19, en raison notamment de mesures de libérations anticipées prises par le gouvernement pour limiter la propagation du virus dans les prisons et la réduction de la délinquance.

Dans les Pays de la Loire, 280 détenus avaient ainsi été libérés entre fin mars et mi-avril 2020, réduisant notablement les taux d'occupation. Parmi les sortants, une partie des prisonniers avait bénéficié des mesures liées à l’état d’urgence sanitaire.

Du 16 mars au 16 mai 2020, le nombre de personnes écrouées était passé de 72 575 à 59 463, et la décrue s'était poursuivie jusqu'au mois de juillet, comme le montre ce graphique publié par l'Observatoire International des Prisons, le 1er février 2021.

Mais depuis l'été 2020, la tendance est de nouveau à la hausse, comme le confirment les chiffres du ministère de la Justice, avec près de 6 700 personnes supplémentaires écrouées entre le 1er juillet 2020 et le 1er mai 2021.

Conséquence immédiate, les taux d'occupation dans les 188 établissements pénitentiaires atteint 108% et celui des maisons d'arrêt 125,2% au 1er mai 2021.

Les maisons d'arrêt surpeuplées en Pays de la Loire

En Pays de la Loire, toutes les maisons d'arrêt dépassent largement ce taux moyen d'occupation, notamment en Vendée où les taux d'occupation sont parmi les plus élevés de France. Contrairement aux personnes détenues en centres pénitentiaires, les personnes emprisonnées dans les maisons d'arrêt sont en attente de jugement ou condamnées à de courtes peines. 

A La Roche-sur-Yon, le taux de remplissage atteint 190%, avec 74 personnes détenues pour 39 places. À Fontenay-le-Comte, ce taux est proche de 180 %, avec 70 détenus pour 39 places, selon les chiffres publiés par le ministère de la Justice, en date du 1er mai 2021.

En Mayenne, le taux de d'occupation de la maison d'arrêt de Laval s'établit à 168%, soit 94 détenus pour 56 places disponibles. La maison d'arrêt d'Angers n'échappe pas à la surpopulation avec 413 détenus pour une capacité de 266 places, soit un taux de remplissage de 155,3 %, pas plus que celle du Mans avec 544 personnes écrouées pour 399 places, soit un taux d'occupation de 136,3.

Le Premier ministre Jean Castex a certes confirmé, le 20 avril dernier, le projet d'une nouvelle prison de 850 places à Trélazé, près d'Angers dans le Maine-et-Loire, mais son ouverture est prévue à l'horizon 2027. 

La surpopulation reste un problème majeur en France, condamnée par la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) le 30 janvier 2020 pour des "conditions de détention inhumaines et dégradantes"

Dans son communiqué, la CEDH recommandait à l'Etat Français "d'envisager l'adoption de mesures générales visant à supprimer le surpeuplement et à améliorer les conditions matérielles de détention".