Littoral Atlantique : les échouages de dauphins ont baissé de 30% cet hiver

Du Finistère aux Pyrénées en passant par la Vendée et la Loire-Atlantique, plus de 700 dauphins ont été retrouvés échoués sur les côtes du Golfe de Gascogne cet hiver. C’est 30% de moins que les quatre derniers hivers. 

Les correspondants du réseau échouage recensent les cas signalés de dauphins retrouvés sur les plages
Les correspondants du réseau échouage recensent les cas signalés de dauphins retrouvés sur les plages © Jean-Roch Meslin / YN Productions – La Cuisine aux Images

Chaque année, ils sont plus d'un millier à s'échouer sur les plages de la côte atlantique. La faute, souvent, aux captures accidentelles dans la Golfe de Gascogne. Dans les filets des pêcheurs, les dauphins peuvent se blesser gravement voire mourir asphyxiés. Leur capture est interdite car il s'agit d'une espèce protégée. Mais une fois relâchés, s’ils ne coulent pas, leurs carcasses viennent parfois s’échouer sur le littoral. 

702 échouages en 2021 contre 1 031 les années précédentes 

Selon le comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM), cette année, le nombre d’échouages de dauphins sur la saison hivernale a été inférieur de plus de 30% par rapport à la moyenne des quatre années précédentes. Il recense ainsi 702 échouages entre le 1er janvier et le 15 avril 2021, contre une moyenne de 1031 entre 2017 et 2020. 

6 millions d'euros investis contre la pêche accidentelle 

Une bonne nouvelle qui aurait pour origine, notamment, une "mobilisation très importante autour des captures accidentelles, avec 6 millions d’euros investis au global pour les différents programmes", assure le CNPMEM. Organismes scientifiques, chercheurs, observateurs, pêcheurs, structures professionnelles, institutions, "tous collaborent pour mieux comprendre le phénomène et y trouver des solutions pérennes, que ce soit pour les populations de mammifères marins ou pour les activités de pêche".

A titre d'exemple, une campagne de recensement des populations de mammifères marins s'est déroulée dans le golfe de Gascogne du 11 janvier au 25 mars, mobilisant 3 avions et 12 observateurs. 417 000 photos ont été prises sur 25 000 km. Ces données doivent désormais être traitées pour pouvoir être comparées à la campagne de 2013. 

Le dauphin commun est l'espèce la plus répandue dans le Golfe de Gascogne.
Le dauphin commun est l'espèce la plus répandue dans le Golfe de Gascogne. © PHOTOPQR/OUEST FRANCE/MAXPPP

Une baisse des échouages qui serait liée d'avantage à la météo  

Cette baisse pourrait également s'expliquer par les conditions météo "moins favorables qu’en 2020 pour la dérive des carcasses de mi-février à mi-mars", indique le CNPMEM. 

Si elle avère une baisse des échouages l'hiver dernier, l'association de défense des océans Sea Sheperd, réfute toute corrélation avec les mesures mises en place par le CNPMEM et le Ministère de la Mer.

La raison météorologique en serait l'unique : "Les vents d’ouest sont ceux qui amènent les cadavres vers la côte. Les vents d’Est les amènent vers le large. Nos équipes ont patrouillé sur les plages de Vendée plusieurs mois et ont passé plusieurs semaines d’affilée sans voir de cadavres pendant les longues de périodes de vents d’Est. Plusieurs dizaines de cadavres se retrouvaient sur les plages parfois sur un seul week-end dès le retour des vents d’Ouest”.

“Dans ces conditions, une baisse des échouages ne permet absolument pas de conclure qu’il y a eu une baisse des captures en mer, cela signifie juste que beaucoup de cadavres ont dérivé vers le large”, considère Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France.

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